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CHARGE DE L'OST ONÉREUSE POUR LES ÉGLISES

est faite de Vhostilense 1. Cette contribution, en effet, n'est acquittée par eux que pour permettre au maître de satisfaire aux obligations militaires. Aussi, le bénéficier qui les remplit retiendra pour lui, sans faire aucune part à l'église, les sommes que rapporte cette redevance et qui lui serviront à s'équiper.

Encore que la charge de l'ost leur ait ouvert, ainsi qu'aux autres grands propriétaires, une nouvelle source de redevances seigneuriales, la guerre coûte très cher aux églises. Elles subviennent à tous les frais du voyage entrepris par les prélats que convoque un ordre royal. Pour former le contingent des hommes qu'ils fournissent au roi, il a fallu attribuer à ces milites des bénéfices qui absorbent une large part du patrimoine ecclésiastique. Néanmoins, à chaque expédition, l'équipement, l'approvisionnement des hommes envoyés au service du roi retombe à la charge de l'église. Les redevances payées pour cet objet par les tenanciers ne couvrent pas la dépense. A entendre Loup de Ferrières, il faut vendre les récoltes et la disette règne dans le cloître. Benoît d'Aniane représentait à Louis le Pieux que certains monastères réguliers, astreints à la fois aux présents et à la milice, en étaient réduits à une pauvreté telle que les aliments et le vêtement manquaient aux moines.

Aussi, la charge a-t-elle été quelquefois supprimée ou atténuée en faveur de quelques communautés religieuses, qui n'auraient pu la porter sans préjudice pour l'observance régulière. Louis le Pieux a décidé que chacun des établissements dont Benoît lui signalait la détresse ne le servirait plus que selon ses ressources. Une ordonnance promulguée par lui, en 819, réglait les obligations des monastères où l'abbé comme les religieux suivent la stricte observance. L'empereur a jugé qu'un certain nombre pouvaient lui fournir des dons et un contingent militaire, d'autres ne lui offriront plus que des dons et d'autres sont même dispensés de cette charge. Pour ces deux catégories, le devoir de la milice est donc supprimé 2.

Cette dispense totale du service militaire n'est accordée d'ailleurs par faveur singulière qu'à un petit nombre de monastères de la Francia 3, surtout de la portion orientale des pays francs, où les établissements monastiques récemment fondés

1. Dipl. faux de Charlemagne du 23 avril 802 et de Louis le Pieux du 31 déc. 832 pour l'église du Mans (Actus, 21, p. 286 ; Gesta Aldr., 43) ; de Pépin d'Aquitaine du 27 févr. 838 pour Saint-Maurice d'Angers (Urseau, Cart. S. Maurice, 7, p. 20).

2. Cf . fasc. 1, Les étapes .... et notre art., Les Ordomi. monast. de Louis le Pieux, dans la R. hist. Egl. de France, 1920, p. 336-7, 461.

3. La liste des établissements d'Aquitaine est, croyons-nous, une additio» faite par un chroniqueur aquitain (cf. art. cité, p. 483 et suiv.).

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