‹ Histoire de la province de Québec (volume 3)Chapitre 23 sur 46 · Le Croisé », Vol. I, 1910, p · texte numérisé non relu

Le Croisé », Vol. I, 1910, p

gnementt œuvres économiques. Après quelques résistances, rUnion régionale québécoise de TA.C.J.C. passera sous Tautorité de Mgr Roy. La Semaine religieuse de Québec rejoindra, un peu plus tard, UAction Sociale et le Croisé sous Tautorité de Mgr Roy. Une Ligue de la Presse catholique de langue française du Canada et des Etats-Unis fut instituée, pour fédérer des hebdomadaires régionaux — sous la prépondérance de U Action Sociale et sous l'autorité de Mgr Roy.

Laurier, Gouin et la plupart des chefs libéraux s'étaient méfiés de L'Action Sociale avant sa fondation même. Tascbereau s'en méfiait davantage encore depuis l'approbation du geste d'Asselin par Héroux, en 1909. Les appréhensions politiques renforçant la rivalité commerciale, la presse libérale et la presse « religieuse » se trouvèrent aux prises. Mgr Paul- Eugène Roy attribuait à des interventions politiques certains retards dans la livraison postale de L'Action Sociale, certaine répugnance des banques à consentir ou renouveler des crédits. Le Soleil et la Vigie critiquaient le « denier de la presse ». Mgr Bégin, protecteur de L'Action Sociale, fit lire dans les églises du diocèse, le 19 février 1911, un avertissement formel au Soleil et à la Vigie pour « leurs excès de langage et leurs écarts de conduite . »

Le cabinet Gouin redoutait d'un côté le Pays de Godfroy Langlois, et de l'autre côté L'Action Sociale et aussi les professeurs de collège, propagandistes du Devoir. Dans la distribution des nouvelles aux journalistes, Gouin se montrait parcimonieux à l'égard de L'Action Sociale, Son sourire aux reporters se changeait en grimace pour le représentant du journal

religieux — et dans ces moments-là le premier ministre n'était pas beau. Cependant Gouin et ses collègues refusaient à Godfroy Langlois l'uniformité des livres scolaires. Ils nommèrent un inspecteur général des écoles catholiques et un inspecteur général des écoles protestantes. Pour les écoles catholiques, Gouin désigna C.-J. Magnan. Professeur de carrière, gendre de Tardivel, catholique tout ce qu'il y avait de plus romain, Magnan était à la fois compétent et dévoué. Deux ans plus tôt, à l'occasion d'un voyage, le surintendant de l'Instruction publique l'avait chargé de visiter les écoles primaires et les écoles normales, en France et en Belgique ; et Magnan fournit un rapport dont plusieurs suggestions furent appliquées. Mais on sait de reste que Magnan réfutait les adversaires orangistes et radicaux de l'enseigntment donné dans la province de Québec. Godfroy Langlois, le surnommait « le grand pontife de l'ignorance ». La nomination de l'inspecteur général infligeait à Langlois une sorte de démenti officiel. Et Gouin, Taschereau, Devlin, Allard et leurs collègues n'inauguraient toujours pas un pont ou un chemin, ne visitaient pas un centre de colonisation sans associer le clergé à leur initiative et lui rendre les premiers honneurs.

Mgr Paul-Eugène Roy restait sceptique. A ses yeux, Gouin et ses collègues, multipliant les salamalecs au clergé, n'en étaient pas moins dépourvus du sens social catholique. Henri Bourassa — sans liaison, d'ailleurs, avec l'animateur de L'Action Sociale — partageait cette opinion. Bourassa restait sceptique et sarcastique. Mais à ce moment, Bourassa faisait la navette entre Québec et Ottawa. Fielding,

ministre des Finances, présentait aux Communes un projet de réciprocité limitée avec les Etats-Unis.

Nous avons déjà relaté la genèse de ce projet et son adoption par le parti libéral ^. Des théoriciens tels qu'Erastus Wiman et Goldwin Smith l'avaient caressé comme le prélude de l'annexion aux Etats-Unis. Des chefs politiques tels que Richard Cartwright et Wilfrid Laurier l'avaient inscrit à leur programme, pour rapprocher leur parti du libéralisme économique anglais et l'éloigner du libéralisme religieux français. La Réciprocité avait servi de « plate-forme » au parti libéral, surtout en 1891. Une fois au pouvoir, les libéraux avaient un peu tardé à l'appliquer — tout au moins à l'offrir aux Etats-Unis, puisque la réciprocité comme le mariage exige deux conjoints. Ils reprirent le projet sous l'influence de l'Ouest, dont la représentation parlementaire s'accroissait après chaque recensement. Les grands fermiers et marchands de grain des provinces des Prairies souhaitaient cette mesure, propre à faciliter leurs ventes aux Etats-Unis. Les « Pools », organisés depuis peu, mais actifs, entreprenants, exerçaient déjà une influence électorale. A la mi-décembre 1910, neuf cents agriculteurs de l'Ouest, enrégimentés dans les rangs des Grain Growers, envahirent le Parlement fédéral et demandèrent au gouvernement Laurier, entre autres grandes mesures, la réciprocité commerciale avec les Etats- Unis.

1. En particulier dans le Vol. VI de l'Histoire de la Province de Québec.

Ce projet plaisait à Fielding, ministre des Finances et Tune des plus grandes vedettes politiques du pays. Chez Fielding, comme chez la plupart des Néo- Ecossais, ridée remontait à l'époque où leur province, répugnant à la Confédération, eût préféré des arrangements économiques avec les Etats-Unis. On se rappelle qu'à la première conférence interprovincialc

— celle de 1887, convoquée à Québec par Mercier

— Fielding n'avait pas caché la persistance de ce sentiment, après vingt ans de confédération ^. L'idéal néo-écossais eût été de rester une colonie de la Couronne, mais à demi indépendante, et libre de conclure des accords commerciaux avec les Etats-Unis. En superposant la Réciprocité au tarif de préférence britannique, qu'il avait déjà proposé et fait adopter, Fielding pensait concilier les relations américaines avec le loyalisme britannique, et, de cette manière, réaliser un vieil idéal néo-écossais. Pour Laurier, la Réciprocité, fort bien accordée à sa foi libre-échangiste, offrait une diversion opportune. La question navale devenait trop importante et périlleuse, ainsi que le prouvait l'avertissement de Drummond-Arthabaska. Ne serait-il pas habile de détourner l'attention, en poussant au premier plan un autre projet d'envergure ? Une vingtaine d'années plus tôt, la Réciprocité avait servi à distraire les Canadiens français des questions politico-religieuses. En 1911, elle servirait à les distraire de la question navale. Justement, les syndicats agricoles de l'Ouest demandaient plus de liberté dans les échanges commerciaux avec les Etats- Unis. Fielding se rendit à Washington, pour négocier une entente avec le gouvernement Taft. Non

point encore un traité, mais un projet à soumettre aux parlements des deux pays. Laurier comptait beaucoup sur cette mesure, qu'il croyait à la fois utile au pays et de bon rendement électoral. Fielding était un petit homme replet, mais alerte, à l'éloquence limpide et vigoureuse — moins abstraite, cependant, que celle de Cartwright. Il jouissait d'un grand prestige, non seulement dans sa province, mais dans tout le pays. Il savait présenter le budget d'une manière presque attrayante. Il présenterait la Réciprocité à merveille.

L'Ouest était gagné d'avance à cette cause. Pour le reste du pays, le projet parut, dans l'ensemble, favorable à l'agriculture et défavorable à l'industrie (peu en mesure d'affronter la concurrence américaine) . Un membre ontarien du cabinet fédéral, William Paterson, avait mis la main au projet et plaidait en sa faveur. Dans la province de Québec, plusieurs industries, telles que le textile, enfant gâté du Tarif, la chaussure et le nouveau trust du ciment, s'af&rmaient irrévocablement protectionnistes. Mais l'industrie principale était celle de la pâte à papier. L'embargo sur le bois de pulpe obligeait la Saint Maurice Lumber, filiale de l'américaine International Paper, à fabriquer de la pulpe sur place, au lieu de se borner à débiter du bois. La Laurentide sollicitait son « incorporation » à Ottawa — ces lettres patentes fédérales dont l'octroi contournait la caisse et choquait les légistes du gouvernement provincial — et portait son capital autorisé à $10,000,000. Sur les trente-cinq manufactures de papier du Canada, la province de Québec en possédait vingt, employant 4,500 personnes et produisant pour dix millions de dollars par an. Quelles seraient hs conséquences de

la Réciprocité sur l'industrie de la pulpe et du papier? Spontanément, les libéraux déclarèrent excellente la mesure présentée par le cabinet Laurier ; et les conservateurs Taffirmcrent exécrable. Bourassa voulut raisonner son opinion. Il consulta des spécialistes : statisticiens, ingénieurs, industriels. Les uns lui répondirent que le nouveau tarif aiderait l'industrie canadienne ; d'autres, qu'il la ruinerait. Bourassa pesa le pour et le contre, dans son esprit et dans ses articles. Finalement, il décida qu'un traité avec les Etats-Unis, pour se consentir des avantages mutuels, dégageait le Canada de la tutelle impériale, et portait heureusement atteinte à l'impérialisme anglais, sous son aspect économique. Borden et ses amis firent la même découverte ; pour les tories, ce fut une raison de combattre la Réciprocité ; pour Bourassa, ce fut une raison de l'accepter. Deux grandes forces extérieures entravaient l'épanouissement d'un Canada indépendant : l'impérialisme anglais (surtout politique) et l'impérialisme américain (surtout économique). Bourassa eut cette intuition d'homme d'Etat qu'on pouvait équilibrer l'un par l'autre. La convention Taft- Fielding, dit-il en conclusion d'un article, « est l'obstacle le plus formidable à l'union commerciale, et, partant, à la fédération militaire et politique de l'Empire ».

Monk n'augurait pas mieux les bienfaits ou les méfaits de la Réciprocité. Il reprocha surtout au gouvernement d'imprimer une nouvelle orientation à la politique nationale, sans étude et sans préparation suffisantes, sans consultation populaire. Laurier se dit sûr de soi. Il trouva cette formule : « Pour le Canada, Réciprocité veut dire Prospérité ». L.-P. Brodeur, Henri Bcland, Ernest Lapointe et les autres députés

libéraux, en campagne pour expliquer la loi de la marine, expliquèrent du même coup la Réciprocité à leurs auditeurs. Les grands industriels s'insurgeant contre le bill, Béland déclara : « La lutte engagée pour et contre la Réciprocité est la lutte du peuple contre le capital organisé ».

Bourassa étudiait toujours les conséquences possibles de la nouvelle politique douanière sur la principale industrie de la province, celle du papier. Il tenait à montrer aux Anglais que le nationalisme ne comporte pas seulement des revendications d'ordre national et religieux, mais aussi un programme économique. Le 9 mars, à la Législative, il prononça un discours bourré de chiffres et de citations, une véritable étude sur la fabrication du papier, l'exportation de la pulpe et l'administration générale des richesses hydrauliques et forestières. Le gouvernement fédéral ne prévoit pas les répercussions de sa nouvelle politique sur les industries forestière et papetière... Le gouvernement provincial devra suivre ces répercussions de très près, pour défendre les intérêts de la province... De toute façon, Bourassa estimait plus nécessaires que jamais les grandes mesures déjà réclamées par lui : séparation réelle du domaine forestier et des régions colonisables ; restrictions et surveillance sur les concessions de forces hydrauliques. Il déposa une motion, d'ailleurs conçue en termes généraux.

Bourassa, dans ce discours, s'était montré conciliant à l'égard du gouvernement provincial, approuvant même certaines de ses mesures. En somme, il avait interpelé à Québec le gouvernement fédéral. On pensait bien qu'à la première occasion, il lâcherait Québec pour Ottawa. « Le député de Saint-Hyacin-

thc, dit Gouin, vient de nous faire son discours d'adieu, de nous laisser son testament ». Gouin dit encore que le gouvernement provincial maintiendrait le droit imposé, à l'exportation, sur le bois de pulpe coupé sur les terres de la Couronne. Il repoussa l'amendement de Bourassa, moins pour son esprit que pour sa rédaction.

Bourassa repartit pour Ottawa, revit Monk et ses quelques partisans. Mais à la surprise générale, le chef nationaliste revint dare-dare, et se montra beaucoup plus assidu pendant la fin de la session. Et c'est une question très locale qui provoquait son intérêt si subit et si intense, la question des tramways de Montréal.

La Compagnie des tramways de Montréal n'avait pas fini de faire parler d'elle. Nous avons relaté les manœuvres ourdies à la Bourse et parmi les actionnaires, dès le printemps de 1910. Un groupe conduit en apparence par Edmund Arthur Robert, en réalité par James Ross, tentait d'arracher au sénateur Forget la présidence — et le contrôle — de sa compagnie. James Ross, président de plusieurs compagnies, gouverneur de l'Université McGill et de l'hôpital Royal Victoria, membre de tous les grands cercles du pays, siégeait au conseil d'administration de la Banque de Montréal. Edmund Arthur Robert était le membre le plus en vue de la famille à laquelle appartenait la Beauharnois, Light, Heat and Power. L.-J. Forget se défendit habilement, tant qu'il en eut la force. Son neveu Rodolphe, d'ailleurs séparé de lui, centralisait ses intérêts dans le district de Québec, et défendait son « merger » contre des groupes adver-

saires, influents au conseil municipal. L.-J. Forget dut se débattre seul. Or, il s'affaiblissait au point d'entrevoir la mort, et au delà, sans doute, un monde où Féchelle des valeurs est sans rapport avec celle de la Bourse. A l'automne de 1910, il abandonna la lutte et partit pour l'Europe, en quête d'un improbable rétablissement. Les conjurés avaient le champ libre. Le 1^"" novembre, l'assemblée des actionnaires substitua Edmund Arthur Robert au sénateur Forget, à la présidence.

Le nouveau conseil d'administration comprenait, avec E.-A. Robert, des personnages qu'il faut énumércr :

Frank Howard Wilson, industriel ; Joseph-Marcellin Wilson, commerçant ; William Copeland Finley, commerçant ; George Green Foster, avocat ; John Wilson McConnell, courtier ; Douglas Lorne McGibbon, industriel ; Nathaniel Curry, industriel.

Joseph-Marcellin Wilson, importateur et épicier en gros, président de la distillerie Melcher's, de Bcrthierville, administrateur de la Banque d'Hochelaga et administrateur de la compagnie de publication du Canada, convoitait un siège au Sénat. Douglas Lorne McGibbon, ancien gérant de la Laurentide, présidait la Canadian Consolidated Rubber, véritable merger du caoutchouc. John Wilson McConnell, Ontarien venu à Montréal en 1906, entretenait déjà de gros intérêts, dans des entreprises variées, et des ambitions plus grosses encore. La nouvelle direction retint, ou plutôt conserva les services de l'avocat montréalais Perron, député de Gaspé à la Législative. Sur le con-

scil de Perron, elle s'assura sans peine le concours d'un autre député, Godfroy Langlois. C'est Langlois, appuyé par Perron, qui présenta le bill ratifiant la transformation de la compagnie, lui permettant d'absorber des lignes de tramways de banlieue, et lui conférant même un monopole dans l'île de Montréal. La compagnie pourrait construire des canaux, des écluses, des ponts, des traverses, éventrer les rues, poser des rails, enterrer des tuyaux, planter des poteaux.

On connaît les liens de la Compagnie des tramways avec la Montréal Light, Heat and Power, elle-même reliée à la Shawinigan. Le coup porté au sénateur Forget atteignait, ou tout au moins menaçait la compagnie de Holt. Il est vrai que Robert a cédé ses actions de la Beauharnois à sa mère, et que la Beauharnois elle-même n'a pas encore tiré parti de sa charte. Mais les actions de la Beauharnois restent entre les mains de la mère, des frères et des sœurs de Robert, et lui-même restera dans l'affaire comme héritier de sa mère. D'autre part, la Beauharnois tient sa charte, ses titres et ses contrats soigneusement à jour. Elle est maintenant autorisée à distribuer de l'électricité dans un rayon étendu, atteignant Montréal. Ces pouvoirs sont encore plus nets pour la Canadian Light and Power, compagnie-sœur de la Beauharnois, présidée par Robert, et qui compte, dans son conseil d'administration, Nathanicl Curry, président de la Canada Car and Foundry, administrateur de la Canada Cément, administrateur de la Compagnie des tramways. Enfin la Compagnie des tramways elle-même sollicite des pouvoirs un peu extraordinaires pour une entreprise de cette catégorie : construire des canaux, des écluses, des ponts, des traverses,

enterrer des tuyaux... Le nom de Godfroy Langlois, vieil adversaire de la Montréal Light, Heat and Power, suscite la méfiance. La compagnie de Holt tient à son monopole et surveillera l'affaire.

Ces craintes et ambitions secrètes ne regardaient naturellement pas les contribuables. Mais le projet de la Compagnie des tramways rencontra de fortes oppositions publiques : celle des adversaires des monopoles et celle du conseil municipal, jaloux de l'autonomie montréalaise et d'ailleurs élu, en 1910, sur un programme « d'épuration ». Le conseil municipal contestait à la législature le droit d'accorder ou de refuser de pareils privilèges. Ce ne sont pas les députés de Matane, de Champlain ou de Huîl qui régleront les affaires de Montréal ! Nous irons, dit le maire Guerin, jusqu'à former une province de Montréal indépendante, s'il le faut pour échapper au joug de Québec et des grandes compagnies. Le Comité des citoyens, avec le conservateur Hormisdas Laporte pour président et le libéral Raoul Dandurand pour viceprésident, appuya cette résistance. Le Stat de Hugh Graham favorisait discrètement la nouvelle compagnie des tramways. La Presse, jadis si prompte à combattre le « Trust », louvoya. Au contraire, le Devoir et le Herald entrèrent sans hésitation dans le mouvement protestataire. Bourassa, chez qui nous avons déjà discerné du « réformiste chrétien », voulait combattre les abus du capitalisme, la dictature économique. D'autre part, les noms de Godfroy Langîois et de Léonide Perron ne disaient rien qui vaille au Devoir, Ces deux députés, les plus radicaux de la Législative, semblaient étrangement d'accord avec Gouin dans cette affaire. Enfin, pour le Devoir, lu par les prêtres, les professeurs, les étudiants, la

campagne contre le monopole des tramways, abandonnée par la Presse, offrait une occasion de toucher la classe populaire, les ouvriers de Montréal peu accessibles aux dissertations sur la Réciprocité et sur les relations impériales.

Le Devoir convoqua une première assemblée de protestation au Monument National, le 25 février. Le Herald lui fit écho. Le rédacteur en chef du Herald était J. C. Walsh, initiateur de Thommage à Dollard. Les Montréalais animés d'un esprit civique entendirent deux orateurs de langue anglaise, l'avocat Andrew Ross McMaster et le journaliste J. C. Walsh, et deux orateurs de langue française, Olivar Asselin, éloigné de la politique depuis quelque temps^, et Bourassa. Tour à tour, J. C. Walsh, directeur d'un journal libéral, Andrew Ross McMaster, presbytérien scrupuleux et libéral de doctrine, et Henri Bourassa, invoquèrent les traditions libérales, qui ne permettent pas d'aliéner les droits du peuple sans le consulter.

Cependant Marcellin Wilson, administrateur du Canada et bailleur de fonds de la caisse libérale, jouissait d'une certaine influence. Godfroy Langlois et surtout Léonide Perron, appuyés par Gouin, représentaient une force à la Législature. La Compagnie retint encore les services d'un avocat de langue anglaise, C. H. Caban, intelligent, cultivé, et plaidant à fond ses dossiers. Le bill, plus ou moins amendé en comité, suivit son chemin. Mais le maire Guerin et le Devoir crièrent plus fort. Le Comité des ci-

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