Toronto World, 26 août
la Patrie comme tirage, dépassait ces deux journaux réunis comme influence. L'adversaire le plus redouté de Laurier n'était ni Sifton, ni Borden, ni Monk, mais Bourassa.
Et le clergé s'en mêlait ! Au Collège Sainte-Marie comme au Séminaire de Saint-Hyacinthe, des professeurs commentaient le programme nationaliste « qui se rapproche le plus de la politique idéale ». Des portraits de Bourassa ornaient les salons des presbytères, où l'on sabordait, en paroles, la marine de Laurier. Influence indue ! L.-O. David, si aimé qu'on avait oublié sa mise à l'index — du moins, la mise à l'index d'une de ses brochures — se plaignit, par lettre, à Mgr Bruchési :
« On dit que le clergé est derrière Bourassa dans la lutte qu'il a entreprise contre la marine... Ce qui se fait dans les collèges, les séminaires, les écoles, les presbytères, les évêchés, est connu et crée beaucoup de mécontentement. On sait aussi que les chefs libéraux:' se sont fait un mal considérable parmi certaines gens en enlevant la direction du Canada à Godfroy Langlois, et cependant le Canada est répudié en certains endroits comme auparavant, et on ne tient pas compte à Laurier de ce qu'il a fait...
« Le clergé commettrait une erreur fatale en contribuant à faire partir Laurier... » ^
L'influence indue, obsession des politiques libéraux...
Laurier ouvrit sa campagne aux Trois-Rivières, le 17 août, pour détruire l'efi^et produit par l'assemblée « autonomiste » oii l'on avait acclamé la candi-