‹ Histoire de la province de Québec (volume 3)Chapitre 29 sur 46 · Archives privées de Fernand Rinfret · texte numérisé non relu

Archives privées de Fernand Rinfret

encore le gouvernement, avaient aussi la manière de s'en servir. Rodolphe Lemieux fit terminer en hâte et inaugurer en grande pompe le chemin de fer reliant Gaspé-Bassin à New-Carlisle. Georges Parent fit subventionner un service régulier de bateaux entre Québec et Tîle d'Orléans...

Mais les nationalistes ne manquaient plus d'expérience. Ils ne manquaient plus d'argent. Le parti conservateur n'hésita point à transvaser une partie de ses fonds dans la caisse du parti autonomiste, et, à la fin de la campagne, l'impérialiste sir Hugh Graham, considérant la défaite de Laurier comme essentielle, fournit les derniers vivres aux candidats « autonomistes » à court d'argent ^. Les nationalistes avaient aussi un véritable réservoir de jeunes orateurs — à l'A.C.J.C. Ils avaient l'appui tacite, et parfois ouvert, de neuf curés sur dix. Ils avaient surtout une excellente « plate-forme ». Eugène Villeneuve, candidat contre Alphonse Verville dans Maisonneuve, soulevait des tonnerres d'applaudissements par cette simple déclaration : « Si je suis élu, je demanderai le rappel de la loi de la marine. » Ils avaient des alliés de langue anglaise ; Cahan prit la parole dans des assemblées de Louis Coderre et d'Olivar Asselin. Ils avaient Armand Lavergne. Ils avaient enfin Bourassa.

Le 9 septembre, Bourassa et Patenaude tinrent une assemblée à Laprairie. Le cultivateur Roch Lanctôt, député sortant de Laprairie, avait succédé à Dominique Monet lors de son départ de la scène

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