‹ Histoire de la province de Québec (volume 4)Chapitre 15 sur 31 · Life and letters of Sir John Willison, p. ^7-tt · texte numérisé non relu

Life and letters of Sir John Willison, p. ^7-tt

le Mail and Empire exprima ouvertement le point de vue orangiste. Quant aux libéraux, aux *'grits", ils eussent tous adopté la même attitude sans l'influence personnelle de Mowat, subie par Ross. Fils d'immigrants écossais, le presbytérien Ross possédait cette largeur d'esprit, souvent conciliée par les gens de sa race avec le sens pratique, et qui les porte à s'entendre, mieux que des Anglais, voire des Irlandais, avec les Canadiens français. A vrai dire, au cours de sa carrière d'instituteur, puis d'inspecteur d'écoles, George-W. Ross n'avait presque jamais rencontré de Canadiens français, ni même de catholiques. Devenu député, puis ministre, et resté modeste, il accomplit un effort sincère pour comprendre ces étrangers qui étaient ses compatriotes. L'influence de Mowat fit le reste. Il est important, et très heureux, que le gouvernement ontarien se soit trouvé, à cette heure, entre les mains des Mowat et des Ross. Ils freinèrent le mouvement qu'ils auraient pu stimuler. Le Globe s'opposait toujours à l'intervention fédérale, malgré Laurier qui demandait à Willison de ne pas s'engager si vite ni si nettement. Le 22 février, tandis que Laurier revenait des Trois-Rivières en confiant à ses intimes : "Mgr Lafiècbe est un saint prêtre, mais c'est un fanatique", les citoyens de Toronto tinrent une assemblée au Massey Hall, pour discuter la question des écoles manitobaines. Un grand chef libéral, William Mulock - — ministrable dans un éventuel cabinet Laurier — s'y rendit. Il donna son avis — avec l'approbation de Laurier, précisa-t-il. Il représenta le cabinet fédéral comme arrogant et brutal à l'égard du gouvernement manitobain. persévérant porteur de la branche d'olivier. Nos méthodes sont bien difi^érentes, affirma Mulock ; nous sommes partisans de la conciliation. Et cet excellent élève de Laurier, sans indiquer au juste ce qu'il comptait faire, exprima ses répugnances, pour ne

pas dire son opposition, à l'idée de l'intervention fédérale. ' C'était l'attitude du Globe.

Loin de l'arrogance et de la brutalité décrites par Mulock, le gouvernement fédéral, ennuyé, embarrassé, hésitait. Comment concilier l'opinion ontarienne et l'opinion québécoise, avant les élections générales qu'on ne pourrait retarder plus d'un an ? Le cabinet fut tenté de dissoudre les Chambres et convoquer les électeurs, tout en adressant en sousmain des promesses à l'épiscopat. Angers alla voir quelques évêques, au grand dam de Tarte, qui l'accusa de *'cabaler de palais épiscopal en palais épiscopal".' Les évêques refusèrent de remettre la mesure réparatrice après les élections. Le Trifluvien se dit autorisé à déclarer :

"Que Mgr Laflèche, loin d'accepter Vidée d'une dissolution, y voit an danger très grave pour le succès de la cause des écoles du Manitoba. . . Tous ceux qui connaissent la pensée intime du vénérable pasteur savent parfaitement que son opinion n'a jamais varié sur ce point, à savoir : qu'il vaut infiniment mieux, et pour le gouvernement, et pour le bien du pays, et pour l'apaisement des esprits, qu'avant d'aller devant le peuple le gouverneraent fasse encore une session, et même deux s'il le faut, et qu'il règle définitivement et irrévocablement la question des écoles, en faisant voter par les Chambres une loi réparatrice, en exécution du jugement prononcé par le plus haut tribîinal de l'empire."

Les chefs de la politique provinciale partageaient l'opinion des évêques. Le 24 février, le secrétaire provincial Louis-Philippe Pelletier, lancé sur la question des écoles par ses électeurs du comté de Dorchester, prononça un discours retentissant. Le

1. "Speech by Mr. Mulock at Massey Hall, Toronto, on Remédiai Législation". Publié en brochure ("Political Pamphlets, Libéral," 1896. Collection de brochures de la Bibliothèque du Parlement, à Ottawa.)

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