‹ Histoire de la province de Québec (volume 4)Chapitre 4 sur 31 · L.-P. Pelletier, secrétaire provincial · texte numérisé non relu

L.-P. Pelletier, secrétaire provincial

Taillon prit Napoléon Legendre pour secrétaire particulier, et nomma Eugène Rouillard, laissé sans emploi par la disparition du Matin, greffier de la Couronne en chancellerie. Libéraux et conservateurs, les gouvernements de Québec n'oubliaient pas les gens de lettres. Louis-Georges Desjardins venait d'être nomme greffier de l'Assemblée législative. Frécbette, le poète lyrique et quinquagénaire

qui se faisait la tête de Victor Hugo, restait greffier du Conseil législatif. Gustave Grenier, greffier du Conseil exécutif — c'est-à-dire, secrétaire du Conseil des ministres — nommé par Mercier et gendre de Marchand, garda également son poste sous de Boucherville et Taillon. Respectueux de son serment d'office, il observa la neutralité politique et ne trahit jamais un secret. Ses amis l'appelèrent le Sphinx. Par contre, le poète Pamphile Lemay, bibliothécaire de la Chambre, et très avancé dans la politique libérale, dut prendre sa retraite et céder la place au Dr Narcisse-Eutrope Dionne, très avancé dans la politique conservatrice. Lemay avait attaqué des chefs conservateurs, et même des ministres. Le Dr Dionne, longtemps rédacteur au Courrier du Canada, admirateur et correspondant de Mgr Laflèche. était un de ces bleus de Saint-Denis de Kamouraska dont leurs voisins, les rouges de La Rivière-Ouelle. disent, en souvenir du temps où l'urine s'employait, en teinture, comme mordant, qu'ils sont "teindus dans la pisse à Chapais". Au contraire d'autres littérateurs qui. la sinécure décrochée, rondecuirisent et ne produisent plu«;. Dionne mit à profit ses loisirs et publia force biographies et mélanges historiques.

Le lieutenant-gouverneur Chapleau — comme il portait bien l'uniforme brodé, le chapeau à plume*-.. 1^ cravate de la Légion d'honneur ! — le lieutenant-gouverneur Chapleau ouvrit la session provinciale, le 12 janvier, par la journée la plus froide d'une saison rigoureuse (30 degrés au-dessous de zéro) . Mercier n'occupait pas encore son siège ; il faisait en Europe un court voyage, sans caractère officiel, pour se reposer et se ressaisir, et aussi pour plaider en cour de Rome, au nom de quelques récalcitrants, contre une ordonnance de

Mgr de Saint-Hyacinthe. ^ Mais sa place inoccupée creusait un grand vide. Louis-Philippe Pelletier la regardait, l'air absent, traversé d'amères réminiscences. Marchand prononça l'éloge du lieutenantgouverneur Chapleau — mais c'était toujours un moyen indirect de blâmer Angers. Et il redemanda l'abolition du Conseil législatif.

Les honorables conseillers étaient trop habitués à cette menace pour s'émouvoir. Loin de s'offrir en holocauste, ils protestèrent, Starnes et Horace Archambault en tête, contre la composition du ministère qui, amputé de Charles de Boucherville, ne comptait aucun membre de la Chambre haute. Taillon leur donna satisfaction en nommant Thomas Chapais ministre sans portefeuille (1er février) .

Les premières séances importantes sont tout de même consacrées au débat rituel sur l'abolition du Conseil. Comme à la session précédente, c'est un conservateur anglais, Joseph-Peter Cooke, député de Drummond, qui prend l'initiative. Les constituants de 1867 envisageaient le Conseil législatif comme une protection pour la minorité anglaise ; et voilà que les Anglais de la province, constatant la prépondérance catholique au Conseil, réclament sa suppression î

En sous-amendement. Marchand veut ajouter diverses mesures de caractère économique ou démocratique : abandon de la résidence de Spencer- Wood par le lieutenant-gouverneur ; réduction du nombre des ministres et des fonctionnaires provinciaux ; prescription des subsides aux compagnies de chemins de fer contrevenant à leur cahier des charges.

1. L' ordonnance démembrait la paroisse de Saint- Damien-de-Bedford, pour en annexer une partie à la paroisse de Pike-River. Mercier perdit sa cause.

L'argumentation la plus forte contre le Conseil est présentée par Fitzpatrick. Elle se résume ainsi : Un Sénat, recruté parmi l'aristocratie d'argent, de sang ou d'esprit, ou bien un corps élu par les grandes institutions de la province, pourraient incarner un principe, servir de frein aux imprudences des députés ou des ministres. Mais les conseillers législatifs de Québec ne représentent rien de tel. Nommés par le parti au pouvoir — en fait, par le premier ministre — ils sont ses créatures serviles. Notre Conseil législatif semble une survivance du fameux Conseil législatif d'autrefois, instrument de la tyrannie qui a provoqué le soulèvement de

Le passage sur les créatures serviles du premier ministre suscite des chuchotements. Plusieurs libéraux, en particulier le jeune député de Bellechasse, Adélard Turgeon, y discernent un allusion au proconsulat de Mercier, qui maniait le Conseil législatif comme une pâte pétrissable. Or ces libéraux sont aussi les plus hostiles à la Chambre haute. Ils renforcent leur antipathie à l'endroit de Fitzpatrick, mais en retenant, à grand peine, les interruptions qui affaibliraient son discours.

Nantel répond à Fitzpatrick, avec autant de force : Un vote de l'Assemblée ne saurait anéantir le Conseil créé, comme la Chambre, par l'Acte constitutionnel, et son égal en droit. Un tel vote ajouterait une nouvelle crise à toutes celles que nous venons de traverser.

L'Etendard, fidèle sur ce point à la pensée de feu Trudel, conjure les députés conservateurs de ne pas capituler devant le libéralisme en votant l'abolition du Conseil.

Le 1er février, un ministre. Hall, vote pour l'abolition, ce qui montre à quel point le siège de

l'opinion anglaise est fait — et ce qui trahit peutêtre des divergences plus graves entre le trésorier provincial et ses collègues. Les bulletins se partagent : 32 contre 32. L'Orateur, Evariste Leblanc, trouvant enfin l'emploi de sa combativité refrénée, donne sa voix prépondérante contre le bill de Cooke. Et le Conseil est maintenu.

Ce jour-là, le bruit avait couru que Mercier prendrait son siège. Et le gouvernement, ajoutait la rumeur, projette de le faire expulser. De sorte qu'une vraie cohue envahit le Parlement, chacun voulant assister à ce spectacle historique : la rentrée et peut-être l'expulsion de Mercier. Mais les amateurs d'émotions fortes furent déçus. Mercier ne vint pas. Peut-être voulut-il éluder le vote pour ou contre l'abolition du Conseil législatif — affaire embarrassante pour lui puisque, adversaire do Conseil par principe et par discipline de parti, il s'était gardé de le supprimer à l'époque de sa toute-puisssance. Il eut un excellent prétexte. Montréal renouvelait ce jour-là une partie de son conseil municipal, et élisait un maire. Malgré sa promesse de se retirer devant un Canadien français, McShane sollicitait un troisième mandat. Son adversaire était le sénateur Alphonse Desjardins ; Mercier vota ostensiblement pour son ami Mc- Shane, qui subit une défaite honorable. Puis, le 3 février. Mercier vint à Québec prendre son siège.

Journée de branle-bas ! L'Orateur Leblanc, réputé partisan — un des conservateurs, avec Thomas-Chase Casgrain, Louis-Georges Desjardins, le sénateur Bolduc, que l'émotion rielliste n'a pas ébranlés, et qui n'ont pas songé une minute à suivre Mercier — l'Orateur Leblanc s'efforce au calme, à l'impartialité. Les ministres sont au complet, à leurs bancs. La barbe fluviale de Taillon se soulève au rythme de sa respiration. Thomas-Cha-

se Casgrain, le lorgnon inquiet, tortille sa longue moustache. Louis-Philippe Pelletier, toujours mince et droit, guette la porte de ses gros yeux blancs, tout en tapotant son pupitre. Flynn, le professeur de droit romain à la solide formation juridique, accomplit le même effort que Leblanc. En face, l'équipe décimée, mais qui compte encore Félix-Gabriel Marchand, spirituel à froid ; Victor Gladu, le "lutteur" qui rappelle assez les 'lions du nord"; et quelques "rouges" avancés, jeunes et violents : Adélard Turgeon, Jules Tessier, François Dechêne. Un peu fourvoyé parmi ces mcrciéristes, siège un libéral anglais, George-Washington Stephens. Honnête et rogue. il traque les concussionnaires à l'hôtel de ville de Montréal ; ce ne sera pas pour absoudre l'ex-premier mnistre. De ce côté encore, mais moralement au-dessus de la mêlée, Charles Fitzpatrick, l'avocat des grandes causes. Mercier se fait attendre. A son entrée, un frémissement parcourt la foule : on applaudit, et l'Orateur menace de faire évacuer les tribunes. Le petit groupe des libéraux se précipite. Les députés ministériels répondent au salut de Mercier par un salut compassé. "A l'ordre !" L'Orateur enchaîne. La séance continue.

Mercier attendit une quinzaine avant de prendre la parole. Il n'intervint pas dans le débat, d'ailleurs bref, sur l'octroi de terres aux Trappistes (7 février) .

Etablis à Oka, au bord du lac des Deux-Montagnes — grâce à la générosité de Saint-Sulpice — les Trappistes donnaient, depuis douze ans, un magnifique et fécond exemple. Ils avaient fondé une entreprise agricole modèle, et préparaient la fondation d'une école d'agriculture. Autour d'eux, avec leurs conseils, des colons avaient défriché, fondé un village florissant. La Trappe venait d'être érigée en Abbaye, et Mgr Fabre avait solennelle-

ment conféré la bénédiction abbatiale au prieur, Dom Antoine, élu Abbé. Les religieux voulaient reproduire leur œuvre dans la région du Lac-Saint- Jean. A 42 milles de Roberval, des Pères occupaient déjà une hutte en bois rond ayant servi d'écurie aux chantiers de la maison Price ; ils y avaient trois cellules exiguës, un autel, une table boiteuse, un poêle et un établi. Pour les mettre à même de répéter leur œuvre d'Oka, le gouvernement leur offrait un domaine de sept à huit milles de superficie, sorte de presqu'île formée par la rivière aux Rats et la rivière Mistassibi convergeant vers la Mistassini. Le gouvernement ferait aussi jeter un pont sur la Mistassini, près de la Trappe. Dechène et surtout Stephens protestèrent contre ces largesses. Les religieux gagnent de l'argent sans profit pour l'Etat, dit Stephens, car ils ne paient pas de taxes, et envoient leurs surplus à leur maison-mère, en Europe. Concédez-leur deux acres, mais non pas la superficie d'un canton ; il vaudrait mieux y installer des colons, qui, au moins, élèveraient des familles.

Le terrain concédé ne vaut pas bien cher, répondit Flynn. L'établissement des Trappistes mettra les environs en valeur, attirera des colons, comme cela s'est produit au bord du lac des Deux-Montagnes. L'exemple et les enseignements des religieux répandent un immense bienfait. Quant à leurs revenus, les Trappistes, loin de les envoyer en Europe, les donnent aux pauvres du voisinage.

Beaubien confirma ces assurances — avec son autorité de grand propriétaire de fermes modèles : En dix ans, les Trappistes d'Oka ont fertilisé une ancienne commune de broussailles et de cailloux. La même transformation s'opérera au Lac-Saint- Jean. En voici déjà le présage : la seule annonce de ce futur établissement a provoqué cent cinquante demandes de concessions.

Turgcon, Tessier et Dechène, les trois fidèles de Mercier, se montrèrent, à cette session, les plus actifs des députés libéraux. Turgeon jouissait du prestige acquis aux anciens de L'Union libérale. Tessier, colosse parfois nonchalant, mais poussé par sa femme — une Barnard, de Montréal, intelligente et ambitieuse — se spécialisait dans la question des asiles. Dechène, le plus radical et aussi le plus brillant du groupe, vif à la riposte, gâcherait ses dons et sa carrière comme beaucoup d'hommes de cette époque.

Turgeon s:^h\t la première occasion pour revenir sur le geste d'Angers, les poursuites contre Mercier, et lancer une violente sortie contre l'ancien lieutenant-gouverneur. Il proposa cette motion de blâme :

"Cette Chambre regrette qxie le gouverneraent ait dépensé une somme de $J^1.000 pour faire des enquêtes qui auraient p2i être faites par elle ; regrette Vim^mixtion des juges dans la politique, qui a contribué à de^ précier l'administration de la justice et à enlever au peuple le contrôle de ses affaires, et cela pour servir les fins d'un lieutenant-gouverneur qui a foulé aux pieds la constitution . . ."

En défendant sa motion, Turgeon s'emporta ;

"... Un lieutenant- gouverneur insolent, qui s'est vanté d'avoir sauté par-dessus le mur, q7ii s'est moqué de son serment comme de la constitution. Sa conduite a été odieuse, il le savait, mais il savait aussi qii'il agirait à Ottawa la récompense de son criminel attentat aux libertés popidaires. Oui, il savait si bien l'odieux de sa conduite qu'il n'a pas osé se montrer devant le peuple quand le comté de l'Islet était ouvert ; comme un poltron q2i'il est, il s'est réfugié ait Sénat . . .

"... Ah ! cet homme a souillé bien des choses, mais l'histoire dira que son oeuvre la plus néfaste, ce sera d'avoir compromis la dignité de la magistrature . . ."

Or, Turgeon avait promis d'arrêter toute atta-

que contre Mercier, mais Taillon avait promis d'arrêter toute attaque contre Angers. Le premier ministre tint parole ; il ne céda pas devant Turgeon, dont la motion fut repoussée par 40 voix contre 19. Taillon faisait bonne figure. Energique, la voix puissante, il était prompt, mais on lui savait bon cœur. Très vigoureux pendant la campagne politique, il avait, la lutte finie, posé les armes et discrètement blâmé les poursuites contre Mercier. En face de lui siégeait justement Mercier, amaigri, le visage ravagé par les soucis. Et Mercier se levait pour prononcer son discours de rentrée — le 15 février — sur un sujet presque aussi traditionnel que l'abolition du Conseil législatif : les asiles d'aliénés. Jules Tessier, revenu à la charge, demandait copie de toute la correspondance relative aux asiles. On ne s'en prenait décidément plus à Saint-Jean-de-Dieu, d'abord parce que l'urgence désignait Beauport, dont le contrat expirait le 1er mai, ensuite parce qu'en afi^ectant l'estime pour Saint-Jean-de-Dieu, on accablait mieux Beauport — c'est-à-dire Philippe Landry, le souscripteur de la caisse bleue, l'ami de Louis-Philippe Pelletier et d'Auguste-Réal Angers. Depuis dix ans qu'on discutait sur les asiles, les libéraux avaient un peu perdu de vue l'objectif essentiel : le contrôle d'Etat, pour s'attacher à l'objectif accessoire : embêter Philippe Landry.

Pour les ministres, ne pas renouveler le contrat, sans compensation, c'était vider l'asile, ruiner Landry ; renouveler le contrat, c'était susciter une nouvelle et dure bataille. Landry en avait assez, et il eût vendu son asile moyennant un bon prix. Le gouvernement, ses caisses vides, ne pouvait engager cette dépense d'un demi-million et assumer une gestion pleine d'embûches. Mais les Sœurs de la Charité de Québec envisageaient l'achat de l'asile, pour le gérer aux mêmes conditions que les Sœurs de la Providence à Montréal : cent dollars par

pensionnaire et par an. La solution paraissait élégante, car l'opposition, redoutant Tinâuence du clergé, n'oserait pas attaquer les Sœurs.

Mais Marchand, Tessier et leurs amis curent vent de ces pourparlers. Ils soupçonnaient le gouvernement de rançonner les Sœurs au bénéfice de Landry. Celui-ci demandait $600.000 et les Sœurs offraient $300.000, en chifi^rcs ronds. Jules Tessier exigea des renseignements immédiats, en disant : "Si le gouvernement ne prend pas ses précautions dès aujourd'hui, il lui faudra, dans deux mois et demi, subir toutes les exigences des propriétaires de Beauport." Victor Gladu approuva Tessier, d'une voix tonnante. "En 1883, dit-il, M. Mousseau a berné la Chambre, et, au dernier moment, renouvelé pour dix ans le contrat de Beauport. Nous ne laisserons pas rééditer ce coup en 1893."

Gladu déclamait à la Chambre comme dans une assemblée populaire. La dispute s'échauflFa, et c'est alors que Mercier prit la parole. Les députés de l'opposition, à l'exception de Stephens, se levèrent en même temps que leur ancien chef, et l'applaudirent. Leurs applaudissements gagnèrent les tribunes, oii le public se mit debout comme un seul homme.

— "C'est une affaire montée !" s'écria Taillon.

Leblanc menaça une fois de plus de faire évacuer les tribunes. Le silence se rétablit, et Mercier prononça un discours d'une modération voulue :

"Les circonstances, d'accord avec mes goûts actuels, m'engagent plutôt à discuter une question comme celle qui nous est soumise, que d'autres qui nous entraîneraient dans des récriminations que je ne redoute pas, mais que je préfère éviter.

"Il y a déjà près de trois ans que j'ai eu l'honneur de prendre la parole dans cette enceinte. Je suis heu-

reux de le faire pour me constituer l'avocat de ceux gui sont dépourvus de toute protection . . ."

C'est Mercier qui, en 1883, demandait à Mousseau de ne pas renouveler le contrat de Beauport sans le soumettre à la Chambre, à loisir. Il présenta la même requête à Taillon et au secrétaire provincial, Louis-Philippe Pelletier. Il évita toute violence, ne mentionna même pas le nom de Philippe Landry, se contentant de dire que l'asile de Beauport "n'est pas en harmonie avec les besoins modernes de la science médicale". Et il conseilla de traiter avec les Sœurs de Charité, prêtes à accepter le contrôle médical du gouvernement, et dont il fit un vif éloge.

Considérant les négociations entamées, la difficulté d'aboutir en deux mois. Pelletier proposa^ un arrangement temporaire, à l'abri duquel on préparerait la solution définitive. Il présenta un bill autorisant le gouvernement à louer l'asile de Beauport, à dire d'arbitres (un arbitre nommé par les propriétaires, l'autre par le gouvernement, et un troisième, s'il était nécessaire, par les deux premiers), et à signer un contrat d'un an avec les Soeurs de la Charité de Québec, pour l'entretien des aliénés dans l'asile ainsi loué. Une solution permanente, étudiée pendant cette annnée de répit, serait soumise à la législature en temps voulu. Ce bill fut adopté le 25 février.

Deux autres bills soulevèrent des discussions embrouillées et traversèrent mille vicissitudes : Pun relatif à la Charte de Montréal, l'autre aux examens de médecine. . »' v

Montréal, sous diverses administrations, s était trouvée un peu dans la situation de la province sous l'administration Mercier. On avait entame force travaux, creusé des égouts, perce des rues, aligné des trottoirs de pierre au lieu des chausse-

trapes de planches, éclairé les voies principales par des lampes à arc (les autres restant éclairées au gaz) . Grâce à la générosité de Saint-Sulpice, on s'apprêtait à construire, rue Saint-Denis, un spacieux immeuble universitaire. Un ingénieur irlandais de formidable avenir, Herbert-S. Holt, se fixe définitivement à Montréal en 1892. Venu jeune an Canada, Holt s'était formé dans l'Ouest à la meilleure école, celle des chemins de fer, d'abord au service du Pacifique, puis au service des entrepreneurs Mackenzie et Mann. Cet ancien collaborateur des Van Horne et des Donald Smith entra facilement dans les milieux financiers. Il fit partie, avec George-A. Drummond, Robert-B. Angus, Donald McMaster et l'agent de change Louis-Joseph Forget, du Royal Trust and Fidelity Company, scKiétc de fiducie apparentée à la Banque de Montréal, mais habile à effectuer diverses opérations interdites aux banques. ^ En même temps, il réorganisa la Montréal Gas Company, fondée en 1886. De son côté, l'avocat F.-L. Béique réorganisait la Royal Electric Company, fondée en 1884, au capital de $250.000, et qui fournissait de l'électricité, produite par traitement du charbon, à Montréal et aux environs. C'est Rosaire Thibaudeau, devenu président de la Compagnie, qui avait invité son ami Béique à se procurer des actions, à se faire élire administrateur, et à transformer ainsi, au contraire du cas général, une compagnie fondée par des Anglo-Canadiens en compagnie à majorité canadiennefrançaise.^ Avocat de la Banque d'Hochelaga et

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