‹ Histoire de la province de Québec (volume 5)Chapitre 10 sur 17 · S'enquérir du nombre et des causes des conflits · texte numérisé non relu

S'enquérir du nombre et des causes des conflits

entre les colons et les porteurs de licences de coupe de bois, et aviser au moyen de les prévenir et de les faire disparaître ;

3. Rechercher quelles sont les régions les plus avantageuses pour la colonisation ;

A. S'assurer si les chemins de colonisation existants suffisent pour donner accès aux bonnes terres à culture, si l'étendue des terres arpentées est assez considérable, et si le travail des sociétés de colonisation mérite d'être encouragé ;

5. Constater s'il est opportun, dans l'intérêt de la colonisation et de la province, de contribuer à la construction de certains ponts et d'accorder des subsides en terres à certaines compagnies de chemins de fer ;

6. Etudier les projets ou systèmes nouveaux qui pourraient lui être soumis, et recommander, tout en tenant compte de Vexiguité des ressources pécuniaires de la province, ceux qui seront de nature à apporter des modifications aux lois et règlements propres à activer l'œuvre de la colonisation et le développement de l'industrie forestière.

La Commission fit placarder dans les lieux publics des avis, rédigés dans les deux langues, et témoignant d'une bonne volonté et d'une impartialité intégrales :

"La colonisation étant une œuvre éminemment patriotique et nationale, digne du concours de tous les bons citoyens, les soussignés demandent ce concours à tous ceux qui s'intéressent à la grande cause de la colonisation. Ils recevront avec plaisir et reconnaissance toutes les suggestions ou recommandations qui leur seront faites, à propos des divers points à étudier par la Commission. Les Commissaires désirent surtout avoir des renseignements sur les griefs que les colons peuvent avoir, soit contre les lois et règlements concernant la vente des terres publiques et la concession des coupes de bois, soit contre les agents ou autres employés du ministère des terres. La Com-

mission tiendra scrupuleusement compte des suggestions, recommandations et renseignements qui lui seront ainsi fournis. Tout cela pourra être adressé soit au Président, soit au Secrétaire, soit individuellement à n'importe lequel des trois Commissaires. Dans le but de mettre les informateurs parfaitement à l'aise, la Commission traitera comme confidentielles les plaintes qui lui seront transmises et s'enquerra sans divulguer les noms des personnes qui les auront portées, chaque fois que la demande en sera faite."

Fort bien. Mais les commissaires ne connaissaient à peu près rien de la colonisation. Mgr Laflamme, ancien recteur de l'Université Laval, professeur, conférencier, vulgarisateur agréable, représentait l'autorité religieuse. Le juge Bourgeois, dont la retraite opportune avait permis de caser Robidoux et dégagé la voie de Parent, touchait ie prix de sa complaisance. L'ancien ministre sans portefeuille George-Washington Stephens, avocat d'affaires, capitaliste intègre, mais enfin capitaliste, protégerait, vraisemblablement, les capitaux engagés dans l'exploitation des forêts. Chrysostome Langelier, frère de François et de Charles, avait déjà signé des rapports et prononcé des conférences sur la colonisation. Dès le temps de Mercier, il a compris et signalé l'importance du chemin de fer pour le développement de la Gaspésie. Mais aussi et surtout, c'est lui qui réfute, dans le Soleil, les articles publiés, le plus souvent dans la Vérité, par l'abbé Dugas. Chrysostome Langelier accuse l'abbé Dugas, "prêtre démagogue", d'ameuter les colons.

Malgré les belles promesses des "Avis", la Commission ainsi composée paraissait plus rassurante pour les marchands de bois que pour les colons et pour leurs amis, désintéressés ou non. Or l'opinion demandait une modification ou une application

plus libérale des lois en faveur des colons ; et ceuxci considéraient les marchands de bois comme leurs ennemis. L'Evénement et la Presse eurent beau jeu à critiquer les choix du gouvernement. Nantel, dans la Presse, railla les commissaires ''dont aucun n'a défriché", et tomba vigoureusement sur le "deus ex machina", le secrétaire Langelier, "le dernier homme auquel le gouvernement aurait dû songer". L'abbé Dugas récusa immédiatement une commission ainsi composée.

La faute commise — l'éternelle faute d'attribuer les postes en récompense de services politiques, sans considération de compétence — était flagrante, et dans un domaine où le sentiment populaire s'émeut facilement. La Patrie elle-même critiqua. La Commission du gouvernement provincial siégeant à Québec, la Patrie plaisanta ces colonisateurs en chambre. Le Soleil répondit qu'en certains milieux "on semble croire que les tournées triomphales, les pique-niques à travers les nouveaux établissements sont le seul moyen d'étudier les besoins de la colonisation, d'avancer cette grande œuvre". Allusion au voyage de Tarte, qui avait fêté la Saint- Jean-Baptiste à Ville-Marie du Témiscamingue, et que les pauvres colons avaient reçu avec toute la pompe à leur portée. Le Soleil justifia les commissaires qui se gardaient "de courir par monts et par vaux, à l'instar du chevalier de la Manche".

Cette réplique du Soleil à l'adresse de Tarte parut le 26 juillet. Le même jour, la Presse inaugura une importante campagne sur la colonisation, avec des titres énormes. Le grelot ainsi attaché ne s'arrêterait guère de sonner jusqu'au jour où la campagne, reprise par d'autres, aboutirait à des résultats sérieux, sinon pour les colons, du moins

pour le personnel politique. En 1902, et pour la Presse, il s'agissait de courtiser la clientèle populaire plutôt que d'embarrasser les ministres. La Presse conduisit sa campagne sous la forme d'une enquête, suivant un procédé habile : sur dix colonnes de journal, accorder trois colonnes aux opinions favorables aux marchands de bois, sept colonnes aux doléances des colons. L'impartialité paraît sauve, et le journal flatte les "petits", les "prolétaires" qui forment sa clientèle.

La question n'avait pas changé depuis les campagnes et les procès du Père Paradis. Les colons considèrent les marchands de bois comme leurs ennemis. Un cultivateur voulant placer ses fils demande des lots. L'agent des terres apostille sa demande, en jugeant les lots propres à la culture et les candidats aptes à la réussite. Mais les lots, neuf fois sur dix, sont compris dans des "limites" déjà concédées. Le gouvernement consulte le marchand de bois concessionnaire. Le garde forestier du marchand de bois rédige un rapport défavorable. Lui, juge les lots impropres à la culture, et les candidats indésirables. Le gouvernement suit le plus souvent son avis, et nombre de demandes sont rejetées, parfois malgré l'intervention du député. Il en était ainsi sous Marchand, sous Flynn, sous leurs prédécesseurs. Si le candidat-colon insiste, les lenteurs de l'enquête le découragent. Des colons se sont installés, cependant. Mais le chevauchement des "limites" concédées aux marchands de bois et des "lots" concédés aux colons suscite des conflits. Le marchand de bois et le colon détiennent des droits sur le même terrain ; le bois revient à l'un et la terre à l'autre. Ces droits ne sont pas forcément incompatibles. Les marchands de bois n'alimentent pas seulement le Trésor en payant leurs "limites" ;

ils entretiennent des chantiers, offrent aux colons un débouché pour leurs produits et du travail — et un salaire — pendant les mois d'hiver. Ainsi les colons du Lac-Saint-Jean vendent leurs produits agricoles aux chantiers des Price, et s'y embauchent pour l'hiver ; les colons du Témiscamingue — les protégés du Frère Moffet — vendent leur foin aux chantiers du comté de Pontiac, et s'y embauchent pour l'hiver. Ils y réalisent un supplément de recettes appréciable, souvent indispensable. On sait de reste qu'ils y mènent une vie rude. Mais à lire attentivement l'enquête de la Presse — à la rapprocher des enquêtes semblables poursuivies de nos jours — il est clair que parmi les doléances légitimes se glissèrent des griefs de colons aigris ou paresseux, et aussi les échos d'incidents particuliers, trop vite généralisés.

Les plaintes légitimes pouvaient s'articuler ainsi :

a) Le colon est le plus souvent obligé de prendre le lot qu'on lui assigne, non pas celui qu'il choisit ; cela diminue son enthousiasme.

b) Les meilleurs lots, étant en général les plus boisés, sont réservés aux marchands de bois, refusés aux colons.

c) Des concessionnaires ne se bornent pas à couper le bois marchand ; ils enlèvent tout, ne laissant pas même aux colons le bois nécessaire pour bâtir.

d) Des marchands de bois, à l'âme de spéculateurs, font évincer des colons pour une bagatelle, par exemple parce qu'il manque au défrichement une centaine de pieds sur les dimensions imposées par la loi.

e) Enfin et peut-être surtout, les colons manquent de chemins, et d'écoles pour leurs enfants. En certains endroits, les enfants de colons isolés n'ont aucun moyen d'apprendre à lire et à écrire.

Ajoutez les erreurs commises tant par les agents de l'Etat provincial que par les colons eux-mêmes, qui avaient cru bonnes des terres ingrates Ajoutez la maladie, les malchances individuelles. Souvent et par bien des aspects, la colonisation — la lutte de l'homme isolé contre la foret — tournait au drame. Pendant que Montréal et Québec se disputaient les prochains élévateurs ou le terminus du futur "service rapide", ce drame, a peu près surmonté au Lac-Saint-Jean, se poursuivait en certains endroits de la vallée de la Matapedia, au pied des Laurentides, dans les vallées de la Lièvre et de la Gatineau, dans le lointain Temiscamingue. Dans les régions de colonisation les plus nouvelles les pionniers "ouvrant" le pays menaient en pleine forêt, dans une cabane de rondins, une vie quasi primitive.

La Presse revint à la charge dans plusieurs numéros suivants. Au mois d'août, Mgr Laflamme démissionna pour céder sa place, à la Commission, au chanoine P.-N. Thivierge, qui avait accompli du ministère parmi les colons. Les commissaires décidèrent aussi de se transporter sur les lieux, en commençant par la vallée de la Matapedia. Mais la Presse continua son "enquête", de samedi en samedi. Elle interviouva un colon de marque, le baron d'Halewin, gentilhomme français qui s'était crée un petit domaine et exerçait une grosse influence au Nominingue. Le baron d'Halewin possédait 1,600 acres de terre en culture ; il appuyait, presque sans réserve, les colons contre les marchands de bois. Le 6 septembre, un article de Gaston de Montigny sur la colonisation remplit une grande page de la Presse, en caractères très fins. Gaston de Montigny, fils du célèbre recorder, avait collaboré aux Débats de son frère Louvigny. C'était un jeune

homme très doué, malheureusement destiné à une vie courte. Il fréquentait l'Ecole Littéraire de Montréal, et d'autres cercles où l'on voulait "nationaliser" la littérature canadienne-française, c'est-à-dire lui proposer une inspiration plus proprement canadienne. Le nationalisme littéraire, politique, économique, manifeste les aspects divers — selon les tempéraments ou les circonstances — d'un même sentiment. Gaston de Montigny se sentait porté vers les études économiques. Puis il avait eu luimême deux lots de colonisation "pillés par les marchands de bois". Il soutint cette thèse : La forêt et les pouvoirs d'eau sont les richesses essentielles du Canada. Mais un grave danger nous menace : l'envahissement par les capitaux américains, la mainmise américaine sur nos ressources. Quant à compter sur l'Angleterre pour nous défendre, "autant compter sur le shah de Perse ou le sultan du Maroc". Il faut nous sauver nous-mêmes, en peuplant et en exploitant notre pays. La colonisation, entreprise nationale, assurera l'avenir du pays, à la condition de se pratiquer sur une grande échelle. Or, elle rencontre un obstacle, un ennemi : le marchand de bois. Il est inadmissible qu'un propriétaire de limites (souvent une compagnie américaine) puisse déboiser le lot d'un défricheur, quand celui-ci s'est installé. Il faut chasser le marchand de bois et soutenir à tout prix le défricheur canadien.

A qui cette tâche incombera-t-elle ? Au gouvernement provincial, affirme Gaston de Montigny. Le gouvernement n'est pas le propriétaire du sol national ; il en est le gérant, à la manière d'un tuteur chargé des intérêts de ses pupilles. Il n'a pas le droit d'aliéner une parcelle des biens nationaux, au bénéfice de capitalistes étrangers, pas plus qu'un

tuteur ne peut aliéner les biens de ses pupilles. Si le gouvernement a besoin de revenus, qu'il procède lui-même à l'exploitation forestière, en évitant d'épuiser nos forêts. Mais qu'il nous débarrasse des marchands de bois, et adopte une grande politique de colonisation I

Quelle sera cette politique ? Elle comportera trois points majeurs : a) Sécurité pour le colon (expulsions très rares, quasi impossibles) ; b) Organisation (système coopératif d'entr'aide parmi les colons, pour le défrichement, l'achat des outils et des denrées, la vente des produits du sol, pour la construction d'une chapelle, d'une école, d'un bureau de poste, d'une beurrerie, d'une fromagerie) ; c) Instruction technique (nos colons ne connaissent pas les méthodes modernes d'agriculture et d'élevage ; ils ignorent, par exemple, que la flore canadienne pourrait fournir à nos médecins et pharmaciens les sept huitièmes des médicaments importés ; ils ne savent pas tirer parti des forces hydrauliques. Il faut leur enseigner tout cela ; il faut provoquer parmi eux, pour les mois d'hiver, la naissance d'un artisanat comme celui qui fleurit en Suisse) . A tout cela, bien entendu, il conviendra d'ajouter la concession gratuite des terres, l'arpentage de nouveaux cantons, la construction de routes, de ponts, voire de nouvelles voies ferrées.

Enfin, conclut de Montigny, il faut aussi que les gouvernants, les lois, les tribunaux, cessent de favoriser les riches, les puissants. Il rappelle la malheureuse aventure du Père Paradis et, plus récent encore, l'échec de Lomer Gouin, défendant au Conseil Privé les droits péremptoires d'un colon contre une grande compagnie de chemin de fer.

Gaston de Montigny exprimait déjà l'essentiel des critiques que l'opposition provinciale reprendra,

pendant des années et des années, contre l'invasion des capitaux américains, l'exploitation forestière intensive et la préférence donnée à l'industrie sur la colonisation, au riche acquéreur de limites sur l'humble défricheur. Il accordait un rôle à l'esprit coopératif que les caisses Desjardins, après la propagande du sous-ministre Gigault, contribuaient à répandre. Son article considérable fut très remarqué. La question était à l'ordre du jour. Des journalistes de toute opinion avaient organisé la soirée du 27 avril, au Monument National, au bénéfice des enfants de colons. On parlait d'un mouvement national en faveur de la colonisation. Les jeunes patriotes, désarmés par l'attitude impeccable de Laurier sur la question impérialiste, trouvèrent un exutoire dans cette campagne. A défaut des Anglais, on bouterait les Américains hors du pays. Les plus grandes industries de la province présentaient cette disposition (qu'elles ont gardée) : capitaux américains, direction anglaise, main-d'œuvre canadiennefrançaise. Situation humiliante, et qui privait d'avenir la jeunesse instruite. Celle-ci voulait réagir. Les officieux craignirent un emballement, et le Soleil louangea "la bienheureuse et bienfaisante invasion" du capital américain, qui transformait la région trifluvienne en une ruche ouvrière.

Mais le grelot était bien attaché. Dans l'ensemble du Canada se manifestait un nationalisme économique tourné contre les Etats-Unis. Les Américains ne se bornaient pas à créer des industries dans la vallée du Saint-Maurice. Leurs trusts, en plein développement, cherchaient à s'emparer des grandes voies de transport canadiennes, ou à les ruiner. Des journaux américains discréditaient la route du Saint-Laurent, la représentaient comme dangereuse, envahie par les brouillards, cachant des courants

perfides, jalonnée de rochers, encombrée d'icebergs presque toute l'année. Israël Tarte, champion du Canada, défendait la voie du Saint-Laurent et des chemins de fer canadiens. Dans la province de Quebec, le nationalisme, naguère politique et antianglais, allait prendre aussi une tournure économique et antiaméricaine. Les jeunes énergies prêtes à partir en campagne contre l'impérialisme partiraient en campagne'pour la colonisation ; ce qui ferait dévier le mouvement, pour quelque temps, sur le terrain

orovincial.

A Londres, l'étiquette, et les audiences,^ et les reporters, et la conférence, et les invitations à dîner (il en refusait quatre ou cinq par jour) fatiguèrent Laurier. Il était assez déprimé lorsqu'il passa en France, où il voulait négocier un traité de commerce.

A Paris, Laurier retrouva Mgr Bruchési qui, en route pour Rome, était l'hôte de Saint-Sulpice. Laurier vit le président Loubet, le ministre des Affaires étrangères Delcassé. Il redit en France la fierté de son origine, conciliée avec te loyalisme envers la couronne britannique.

Au Canada, les premières nouvelles de la conférence et les articles de la presse officieuse n'avaient qu'à demi rassuré l'opinion anti-impérialiste. Laurier s'est-il si bien gardé de tout engagement? D'après un grand journal londonien, le Times, les colonies se sont engagées, au cours de la conférence, à renforcer la marine de guerre anglaise. L'article du Times contient sûrement un fonds de vérité. Il ravive les appréhensions. Mais Dansereau, qui vient de faire un voyage à Londres en compagnie de Berthiaume, présentera les choses sous un jour avantageux, pour le compte de Laurier. Il écrit* dans la Presse :

Le Canada et la marine anglaise

Le Times de Londres, en analysant les travaux de la conférence inter coloniale, annonce que le Canada s'est engagé à contribuer aux frais de la marine anglaise, sans donner le moindre détail à ce sujet ; et les journaux se demandent qu'est-ce que la chose peut bien être. Nous ne saurions dire si nos informations sont exactes ; mais ce que nous croyons savoir, c'est que le Canada exécutera un projet entretenu depuis longtemps, à savoir la construction et le maintien d'un ou deux navires de guerre, qui seront sa propriété et feront la police de nos pêcheries et de nos côtes. De même que nous avons notre milice, de même nous aurons notre marine, chose que nous demandions depuis des années, parce qu'elle ouvrirait une carrière nouvelle au génie et à l'activité de notre peuple. Des navires-écoles contribueraient énormément à l'avancement de la jeunesse, en lui procurant une éducation que nous ne pouvons pas avoir aujourd'hui. L'étude comme les notions pratiques en marine n'ont jamais été mises à notre portée, et c'est à force d'aptitude et de talent que quelques Canadiens ont pu percer dans cette spécialité si difficile. Si l'acquisition des connaissances techniques en navigation devenait chose possible, nous verrions bientôt quelques-uns des nôtres réclamer leur place dans la marine, soit militaire, soit marchande, comme ils le font dans l'armée, car cette occupation est une passion chez nous." l

Laurier remercia Dansereau de cet article "particulièrement dans la note". 2 Mais les esprits inquiets restaient sur le qui-vive, scrutant chaque phrase de chaque allocution prononcée par le premier ministre. En France, Laurier évoquait à toute occasion son origine française et son loyalisme britannique. Ces affirmations de sentiments français déplurent aux tories ontariens ; ces affirmations de sentiments bri-

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