Discouru du 25 meurs
idée fixe. Le gouvernement anglais et les impérialistes exerçaient alors une pression sur le gouvernement Laurier pour obtenir l'envoi d'un quatrième contingent au Transvaal. Laurier, qui ne prenait jamais une mesure importante sans préparation de presse, ' chargeait Pacaud et Dansereau de trouver de bonnes excuses. Et la Presse justifiait à l'avance la nouvelle levée, en disant qu'une preuve de bonne volonté conférerait plus de force à sir Wilfrid pour résister à l'impérialisme, à Londres. Mais le malaise renaissait dans le public. L'élection de George M. Loy, le vainqueur de Bergeron dans Beauharnois, ayant été invalidée, le même candidat l'emporta sur le même adversaire, le 26 mars, par tine majorité de 158 voix au lieu de 279. Le Soleil attribua ce fléchissement à l'imprudence des libéraux qui critiquaient trop librement l'envoi des contingents.
Le contingent fut levé. Les jeunes "patriotes" retrouvèrent avec plaisir un objet à leur indignation. Des hommes d'âge mûr et d'influence envoyèrent leurs félicitations et leurs encouragements à Bourassa. Parmi eux figuraient quelques Canadiens de langue anglaise, entre autres l'Ecossais William-Alexander Weir, député provincial d'Argenteuil.2 La fin du dernier discours de Bourassa impliquait une assez faible confiance dans la résistance éventuelle de Laurier aux pressions de Chamberlain. Le premier ministre jugea nécessaire une nouvelle déclaration. Il dit aux Commu-
1. Ainsi que le prouve abondamment sa correspondance avec Willison (Le Globe), avec Dansereau (La Presse) et avec Pacaud (Le Soleil).
2. Lettre de Weir à Bourassa du 13 avril 1902, lue à l'assemblée du 25 septembre 1907 à Ormstoum. La Patrie du 26 septembre 1907.
nés, le 15 avril, en réponse à l'impérialiste Mac- Lean : *
"Nous avons été iyivités à discuter la question des relations commerciales, politiques et militaires. Nous avons répondu au cabinet de Londres que nous étions prêts à discuter la question des relations commerciales. Nous avons ajouté que nous étions satisfaits de nos relations politiques et militaires.
"...Les travaux publics, la colonisation, la construction de voies ferrées et le creusement des ports, voilà le champ où doit s'exercer notre activité, et ce serait un crime de détourner une partie des deniers nécessaires à l'accomplissement de ces travaux pour acheter des canons, des fusils et des munitions de guerre... Nous irons à Londres uniquement pour discuter la question commerciale..."
C'était bien net, vigoureux et rassurant. "Pour nous", écrivit la Presse du lendemain," c'est la fin de l'impérialisme." Laurier reçut les vives approbations de petites feuilles conservatrices comme la Nation, rédigée par Alphonse Nantel, ou indépendantes, comme la Défense, que son propriétaire, Alfred Dubuc — le jeune industriel de Chicoutimi — venait de confier à Paul Tardivel, fils du fondateur-directeur de la Vérité. Ces déclarations enlevaient à Bourassa les arguments majeurs de sa campagne, lui coupaient l'herbe sous le pied.
Cependant le 23 avril, Charlton. appuyé par Bourassa, déposa une motion inoffensive en apparence, mais pouvant faire office de motion de défiance. Elle engageait l'Angleterre à la clémence envers les Boers dans son traité de paix. Charlton et Bourassa, suspectant la sincérité de Laurier, veulent-ils le pousser jusqu'au refus violent ? Charlton et Bourassa ne sont pas toujours tombés d'ac-