‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 14 sur 189 · I IO · texte numérisé non relu

I IO

I Is acceptferent, et le 28 juillet 18x8, les nouveaux colons et leurs families, sous la conduite du colonel Burke, s embarquerent par le haut de l’Ottawa. Au moment de partir, ils virent entrer dans le port de Qudbec, le navire qui portait le nouveau gouverneur du Canada, le due de Richmond, dont ils devaient honorer la mdmoire.

Arrives au pied de nos Chaudidres, les vdtdrans dressdrent leurs tentes dans la plaine qui porte encore aujourd’hui comme alors le nom d q flats. C’est 1 d que les femmes et les enfants passerent toute la belle saison. Quant aux hommes, ils partirent pour visiter, partager et ddfricher les terres qu’on leur avait conceddes. II leur fallut se frayer un chemin, la hache d la main, d travers la foret vierge, sur une longueur d’une vingtaine de milles. La nouvelle colonie fut appelde Richmond, en l’honneur du gouverneur, et le chemin qui y menait, le premier du pays, fut connu sous le nom de Richmond Road. Cinq ou six families s’etablirent, soit au debarcadere des Flats, soit sur le Richmond Road.

A la meme epoque, d’autres colons, egalement militaires, dtaient dejd installs dans le canton de Perth. D’autres arrivdrent imm^diatement apres, et prirent possession des meilleurs lots du canton de March et de Torbolton, sur le bord de la riviere ; et de quelques terres de Nepean.

En 1820, le canton de Huntley fut ouvert d son tour. Le premier colon de Gloucester fut un Americain, du nom de Billings. II y resta seul jusqu’en 1819. Fitzroy date de 1819-1823, North Gower de 1821, Osgoode, de 1826.

Le colonel Burke voulait faire une ville de Richmond. On traga de larges rues. Des terrains furent concedes aux trois eglises officiellement reconnues par l’armee britannique ; l’anglicane, pour les Anglais ; la presbyterienne, pour les Ecossais ; la catholique, pour les Irlandais. Mais la fondation de Bytown fut la ruine de Richmond.

Richmond fut t^moin, en 1819, d’un tragique tenement. Dans l’dtd de cette annde, le gouverneui'-gdn^ral, qui dtait all^ visiter son gendre, sir Peregrine Maitland, lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, r^solut d’inspecter, d son retour, le pays par otx

devait passer le fameux canal que Ton projetait, d4s lors, entre 1 Ontario et l’Ottawa, et de se rendre compte, de visu , des avantages des divers projets sounds au gouvernement.

II fit, 4 pied, peniblement, le voyage de Kingston 4 Richmond, ou les officiers de la nouvelle colonie lui pr^paraient une grande reception. C’est dans ce village qui devait lui etre si cher, que la mort 1 attendait. Pendant la fete, le due se sentit indispose et le lendemain, comme il prenait le chemin des Chaudiferes pour, de la, descendre en bateau k Quebec, il fut, tout-4-coup, saisi d’un acces d'hydrophobie si violent qu’il en mourut miserablement dans une cabane. On a dit qu’il avait dte mordu, quelque temps auparavant, k Sorel, par un renard apprivoish qu’il aimait k caresser.

Son corps fut transports 4 Quebec, et enterrS, en grande pompe, dans la cathedrale anglicane le 4 septembre 1819.

Le canton de Nepean fut lent 4 progresser. En voici la raison. Beaucoup des meilleures terres, Ik et ailleurs, sur les bords de 1’Ottawa, avaient etS concSdees, dSs avant 1800, k des loyalistes qui n’y mirent jamais les pieds, mais qui les conserv&rent dans la prevision d’un “ boom ” futur. Cette speculation, sur une hausse eventuelle du prix des biens-fonds, paralysa, dans beaucoup d’endroits, la colonisation. Aussi, ne comptait-on, dans Nepean, que dix families 4 peine, avant 1818.

A cette epoque, un mauvais chemin avait StS ouvert, depuis le Long-Saut jusqu’4 Hull, et la premiere diligence du pays Stait conduite par un certain Moses Holt. De Hull, on montait en canot jusqu’au lac des Chats. Le voyage n’etait guere confortable, car il fallait payer sa place et ramer, par dessus le marche. Les premiers marchands de bois etaient tous Americains. C’Stait k Hull que les colons de Nepean passaient pour les affaires, le service religieux, et meme pour les enterrements, Cet ^tat de choses dura jusqu’en 1826.

Voilh ce qui explique la fondation de Richmond. Les colons v^thrans n’avaient pu s’etablir dans le canton de Nepean, dont les terres Etaient conchdees, et avaient du se frayer, 4 travers les bois, une route jusqu’au canton de Goulburn.

La plupart des cantons voisins eurent, pour premiers colons, les ouvriers du canal Rideau, licences k la fin de cette grande entreprise.

Un Irlandais, John Hinton, s’dtablit en 1820, 4 Richmond. II devint reeve, puis warden du comte ; puis il s’dtablit k Hintonburg, faubourg, aujourd’hui, de la capitale.

Telles sont les origines du comtd de Carleton.*

Le recensement de 1824 f nous donne les chiffres suivants pour la population totale de la province ecclesiastiqe d’Ottawa.

Comtd de Prescott . 2,377

Comtd de Russell . 183

Comtd de Carleton . 2,116

Comtd de North Lanark . 3,100

Comtd d’Ottawa . 12,488

Total . 10,264

Parmi ces colons, combien y avait-il de catholiques ? Nous l’ignorons. Mais en nous basant sur la proportion des recensements futurs, qui ont tenu compte des divers cultes, nous pouvons

dtablir les chiffres approximates suivants :

Prescott . 1,200

Russell . 60

Carleton . 700

North Lanark . 600

Ottawa . 1,000

Total . 3>56o

Comme on voit, en 1824, le comtd de Russell n’existait, pour ainsi dire, point encore ; le comte de Prescott dtait peuple surtout

* Le comtd de Carleton, comme ceux de Prescott et de Russell, a portd divers 110ms. II a fait partie des comtds de Dundas et de Grenville. Pour dviter les confusions, nous avons eu soin de ne jamais nommer les localitds que par les noms qu'elles portent aujourd'hui. f Census of Upper Canada, 1824.

+ Recensement du Bas-Canada, 1827. Le chiffre de la population du comtd d’Ottawa est done de l'annde 1827, et non de 1824, comme celui des comtds d'Ontario.

d’Ecossais venus de Glengarry ; quant au comtb de Lanark, sa population relativement assez dense, etait composde de colons militaires et d’Ecossais, groupbe autour de Perth. N’oublions pas, d’ailleurs, que quatre cantons, seulement, de ce dernier comt6, appartienneut au diocese d’Ottawa. Nous ne parlons pas d’Argenteuil ou il n’y avait presque point de catholiques, parmi les deux mille et quelques cents habitants appartenant k notre diocese.

Page 1