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“ Chacun sait, que de Kingston & Montreal par le Saint-Laurent, les difficultes de navigation sont extremes. L’Angleterre, qui, depuis la guerre de 1812, ddsirait avoir une ligne de communication moins rapproch^e des Etats-Unis, fit faire des explorations 4 l’intdrieur des terres. Une escouade d’ingenieurs, partie de Belleville, ddboucha sur l’Ottawa 4 Pembroke; deux autres, partant de Kingston, arriverent, l’une 4 Hawkesbury, et l’autre k la ddcharge du Rideau dans i’Ottawa, site actuel de la capitale. Le due de Wellington, alors ministre 4 Lonclres, appele k faire un choix sur les trois traces, adopta ce dernier, qui offre l’avantage de relier le lac Ontario k la riviere Ottawa par une serie de cours d’eau et de pelits lacs eloignes de la frontiere, ce qui est un point important pour la route, plutot militaire que commerciale, qu’avait en vue le gouvernement anglais. C’dtait en 1823.
“ Un regiment d’ingenieurs royaux fut envoye, d’Angleterre, sous les ordres d’un ofificier d&jk familier avec le Canada, le colonel By, pour canaliser “la route des Rideaux.” Le colonel By, du corps des ingenieurs royaux, bel homme, dou6 de talents remarquables, avait servi en Canada depuis 1800 .... Passe en Angleterre en 1811...., il reput la direction des travaux du canal projete, en 1826.
“By remonta l’Ottawa jusqu’4 la cascade des Rideaux, selon ses instructions, et il dut etre ravi du spectacle qui s’offrit k ses yeux. Devant lui, le Rideau avec sa chute bcumante ; k sa droite, au loin, la puissante cataracte des Chaudieres, derri4re lui, sur sa gauche, la Gatineau d^bouchant k fleur de sol. Il ne tarda pas 4 se convaincre, comme M. WVight, que l’avenir rdservait 4 ce lieu de devenir le sidge de la capitale des possessions britanniques de l’Amdrique du nord. On dit que, voyant la carte, le due de Wellington a exprimd la meme pensee.
“ En 1826, le site de la ville etait encore dans son 6tat de nature primitive. La foret couvrait tout. Dans la haute-ville, on voyait un “ chantier,” cabane faite de billots pos^s pidee sur pi4ce, et relies les uns aux autres, par les angles, au moyen d’entailles en queue d’aronde. Trois maisonnettes etaient placbes sur la pointe Nepean, prbs du site dupont actuel qui traverse 4 Hull. Le bassin
du canal Rideau etait une vaste mare que les castors entretenaient 4 l’aide d’une chaussde construite dans le ravin, vis-4-vis l’arriere de l’hotel-de-ville. Le colonel By coupa la chaussee et mit en cet endroit la tete de ses ^cluses. La basse-ville, quoique tres ^levee au-dessus de la riviere, n’btait qu’un mar^cage ou les cedres se partageaient uniquement le terrain.
“ II s’agissait done de canaliser la riviere Rideau. Le premier pas dtait d’entrer dans la dite riviere, ce qui n’est pas facile, car elle tombe d’une quarantaine de pieds de hauteur, par dessus un roc coupd vif. De cette chute 4 celle des Chaudieres, distance de deux milles, en ligne droite, la falaise presente une suite de pointes ou promontoires, dont trois sont surtout remarquables. C’est entre les deux plus grands de ces caps que le colonel trouva passage, dans le lit d’une dbcharge de marais dont les meandres de la riviere Rideau se rapprochaient, non loin de 14. La coupe de terrain ainsi faite naturellement, il y placa huit ecluses, pour racheter la hauteur de la chute du Rideau et atteindre la riviere de ce nom, 4 l’aide de laquelle on remonte jusqu’4 Kingston.
“ L’ceuvre grandit avec cblerite, entre les deux superbes plateaux dont l’un porte aujourd’hui le parlement et les ministeres, et 1 autre est converti en pare public, k la grande joie des citoyens d’Ottawa.
“ Dbs le commencement de l’annee 1827, dit un temoin oculaire, on entendit, dans cette solitude, les coups des pics dans le roc, les detonations des mines, les cris des charretiers, le bruit de la cogn^e sur les troncs des arbres, les martellements sur les charpentes des maisons en voie de construction, enfin, tout le vacarme, le mouvement, les allures de l’homme qui se taille un royaume k m£me l’heritage laissb par Adam.
Un personnage dont la reputation est devenue universelle par ses voyages et sa mortau pole nord, sir John Franklin, posa la premiere pierre des Ecluses du canal.
Sir John arriva le 15 aout 1827, k la tomb^e de la nuit, au quartier giktbral du 7ibme regiment, en garnison 4 cette place. Le colonel By songea imm6diatement 4 prier ce visiteur distingu^ de pibsider 4 la pose de la pierre. D6s le lendemain, 16 aout,
4 quatre heures de releWe, la ceremonie eut lieu, comme nous l’apprend une lettre, ecrite ce jour-li et publide dans la Montreal Gazette du temps.
“ Dans l’automne de 1827, le gouverneur, lord Dalhousie, le colonel By et le colonel Dunford visitt;rent la Chaudi&re, et de ce moment, la construction du pont suspendu fut d^cidde.
“ Les deux premiers ponts qu’on y installa dfegringoRrent dans le courant. Le troisieme, plus fort, mieux bdti, plus dlegant, unissait les deux villes de Hull et d’Ottawa, c’est-4-dire, aussi les deux provinces. Celui d’a present est le quatri&me.
“ Deux ou trois ans aprfes le debarquement de By, il y avait, le long de la tranchee, dans laquelle se construisaient les ecluses, de cent-quarante k cent-cinquante maisons. Le commerce de bois cree par Wright, se developpait ; les ouvriers du canal avaient attire des trafiquants ; deux ou trois hommes d’entreprise avaient d6jh des lots de terre en valeur ; enfin un noyau de population se formait sous les auspices les plus riants.
‘ ‘ Les premieres maisons de Bytown, (tel 6tait le nom de la ville naissante) furent construites dans la rue Rideau, entre la situation de la rue Dalhousie et le canal. A moitie chemin, sur ce parcours, e’est-a-dire, ~k l’endroit ou le ddversoir du canal coupe la rue Rideau, se trouvait le groupe principal des magasins. D’autres magasins, ainsi que les bureaux des contracteurs du canal, avoisinaient les bords de ce dernier et formaient une ligne de la petite rue Sussex au site du Russell House.
“ La ligne des maisons traversait le canal. II fallait livrer passage k la population. Le pont des Sapeurs fut biti par les sapeurs royaux. On compte aujourd hui vingt-deux ponts a Ottawa.
“ Le canal fut termini en 1832. Vers le meme temps, le plan des rues actuelles, larges et droites, re<jut son execution. Le nombre des maisons presque toutes en bois ne depassait pas cent cinquante, en 1832.
“ A l’endroit ou est la fontaine publique, extrdmite ouest de la rue Georges, dtait le march^ de la basse-ville, dont l’dtage sup6rieur servait de chapelle.
“ De 1’ autre cotd da canal, la rue Wellington dtait la seule habitue, de toute la haute-ville ; c’est-4-dire qu’elle coniptait quelques maisons.
Les trois casernes de la garnison etaient etablies sur les hauteurs du Parlement.
Enfin, ll ne faut point oublier Corktown, le nid des tapageurs. Ce bourg dont il ne reste aucun vestige etait compost de deux rangdes de huttes misdrables, blanchies k la chaux et placees, le long du trace du canal, entre le pont Maria et la tete de la Deep Cut. Les manoeuvres du canal l’occupaient. La taverne de la mere McGinty en ^tait le plus bel ornement. Le whisky de patates, la jamai'que falsifi^e et la biere douteuse abreuvaient ses residents.
“ En ce temps, les proems se jugeaient k Perth, et les habitants rude trajet Etaient obliges de se rendre k ce village. C’etait un dur voyage qu’on ne pouvait guere faire qu’d pied, par des chemins affreux, k travers les bois, au risque de perir sous la dent des loups qui abondaient alors, ou sous les coups de certains fanatiques qui ne se faisaient point de scrupule d’assommer un catholique. Les plaideurs qui allaient k Perth, gagnaient ou perdaient doublement leur proems, k cause des miseres de la route.”*
Ainsi fut ex^cutd ce grand travail du canal Rideau, qui, quoique conpu pour des raisons stratdgiques plutot que commercialese contribua si fort au developpement du pays, en attirant sur la rivibre Ottawa des milkers d’ouvriers destines k devenir plus tard autant de colons. Aujourd’hui la concurrence des vuies feri ees a considerablement diminue son importance,
En 1830, la rive gauche de l’Ottawa comptait dans ses diverses agglomerations de Hull, de la Petite-Nation, de Grenville et de Chatham, une population de cinq mille cinq cents personnes, divisdes, par ordre ddcroissant, en Irlandais, Amdricains, Ecossais,’ Anglais et Canadiens ; ces derniers en tr&s petit nombre.
De grandes .scieries dtablies au village naissant de Hawkesbury, commenpaient k fonctionner ; la Pointe-Fortune devenait un petit bourg ; le canton de Grenville comptait deux mille habi-
Benj. Suite : Articles sur Ottawa.
tants ; les cantons de Lochaber, de Buckingham et de Templeton voyaient affluer les colons.
Le dernier des cantons arpentes sur la rive nord Etait Clarendon. Tous les cantons faisaient face la riviEre. Ils avaient en general douze milles de profondeur. Derriere eux s’Etendait la foret sans limite, exploree et connue des seuls trappeurs et des hommes de chantiers.
Tous ces details nous ont ete transmis par l’illustre arpenteur et ingenieur Bouchette, dont les explorations et la grande carte de la riviere Ottawa ne sauraient etre trop apprEciEes.
Nous venons de dire qu’en 1830 les Irlandais dominaient dEjfi dans la vallee. II est temps de parler de la grande Emigration qui s’accentuait, en effet, k cette epoque. *
L’emigration irlandaise, commenga en 1819. De cette date k 1825,68,534 Irlandais ■ entrErent en Canada. La plupart s’Etablirent dans les villes de QuEbec et de Montreal. Pendant les sept annEes qui suivirent, 1’ Emigration prit des proportions d’un vEritable exode ; le Canada fut envahi. Dans le seul EtE de 183I) cinquante mille Emigrants, la plupart Irlandais, dEbarquErent k QuEbec. Beaucoup d’entre eux, les catholiques surtout, prirent des terres dans les comtEs de MEgantic, de Lotbiniere, k Portneuf et k Sainte-Colombe, en Bas-Canada ; d’autres monterent aux cantons de l’Ottawa et dans le Haut-Canada.
L’Emieration continua sans se ralentir, au contraire, jusqu a la grande famine, en 1848. Depuis, elle a constamment decru, jusqu’fi cesser presque completement de nos jours.
Plusieurs comtEs du Haut-Canada furent peuples, presque exclusivement, d’lrlandais, entr autres celui de Caileton, sauf les cantons de Fitzroy et de Torbolton qui sont Ecossais, et celui de
March qui est anglais.
De l’autre cote de la riviere, les Irlandais s’Etablirent aussi, k partir de 1831, dans les cantons suivants : Grenville, Lochaber, Buckingham, Templeton, Hull, Eardley, Onslow, Bristol, Clarendon, Litchfield, Mansfield et Sheen.
* The Irishman in Canada , by Nich. blood Davin.
Malheureusement, tous les Irlandais n’dtaient point catholiques ; la majorite dtait protestante. De 14 ces haines entre catholiques et orang-istes qui se sont si souvent manifestoes et qui ne sont point encore ^teintes aujourd’hui.
Les Canadiens-franpais, les premiers habitants du pays, furent les derniers 4 entrer dans le mouvement d’emigration qui entraine invinciblement les peuples vers l’ouest.
Le tableau suivant fera comprendre comment la province du Haut-Canada, ou se dirigeaient les nouveaux colons qui detestaient les Franqais pour cause de religion, de race et de langue, put, en meme temps, atteindre et depasser la population de la vieille province de Quebec. L’emigration europ^enne, en ce pays, provient exclusivement des lies britannniques et de l’Allemagne.
Ann4e. Haut Canada. Bas Canada.
Comme on voit, l’immigration a fait faire, aux chiffres de la population d’Ontario, des bonds prodigieux. Quant 4 la province de Qudbec, son accroissement, merveilleux d’ailleurs, est du, en grande partie, 4 l’excedent de la natality II serait bien plus considerable, encore, s’il n’avait ete entrav6 par l’emigration aux Etats-Unis et dans l’Ontario meme.
Terminons ce chapitre par la description curieuse que nous ont laissee de l’Ottawa, en 1831, deux voyageurs. *
Dc Montreal, je me rendis 4 Lachine ou je montai 4 bord d un bateau 4 vapeur, et quelques beures plus tard, nous dtions rendu 4 Sainte-Anne, le long des rapides, endroit difficile que Lon franchit au moyen d’un canal fort court. Vers Sainte-Anne, les eaux de l’Ottawa sont limpides mais de couleur foncee, et elle contrastent avec la verdure des ties si toutefois l’on peut appeler verdure, les feuillages aux teintes varices qui caracterisent les
par BeTii?ysStede G°dfrey T> Vi§'ne en Canada. 1831 . Traduit de l’ang-lais
forets canadiennes, durant la saison d’automne. Toutes les nuances du vert s’y dbploient, depuis le vert sombre du sapin, jusqu’au vert argentb du saule et du tremble, tandis que l’oeil charmb s’arrete sur le jaune brillant du noyer et le fmi admirable que donnent d ce tableau de la nature les larges plaques cramoisies de l’brable. Je n’ai rien vu de pared k la surprenante beautb de ces forets. On peut le comparer pour leur bclat k des plate-bandes de tulipes gigantesques.
“ Nous avons vu, en passant par le lac des Deux-Montagnes, une chapelle batie sur un calvaire, mise en communication avec la bourgade sauvage situee sur la grbve du lac, par une sbrie de stations religieuses qui bordent le chemin montant au calvaire. (C’est du chemin de croix monumental d’Oka que le voyageur protestant veut parler). L’apparition soudaine de cette chapelle au milieu de la foret est d’un effet et d’un pittoresque bien reussi.
“ A Carillon, nous quittdmes le bateau pour nous rendre k pied jusqu’b. Grenville. Les bords, des deux cotbs, sont dbfrichbs et beaucoup plus cuitivbs que je ne me l’btais imaginb. Les travaux du canal occupent plusieurs centaines d’bmigrants qui habitent principalement des maisons de gros bois, posb pibce sur pibce, construites au milieu de la route. II y a aussi plusieurs rbsidences plus confortables.
“ Dans le voisinage de Grenville on trouve de riches mines de plombagine.
“ A partir de ce point, les cultures cessent, et la rivibre ressemble k la partie la plus sauvage de l’Ohio, au-dessus de Louisville, sauf que les arbres qui ornent les rives et les ties de l’Ottawa sont moins elevees que ceux de l’Ohio.
“ Au-dessus de Bytown, l’Ottawa ou Grande- Rivibre a encore un cours d’environ cinq cents milles. Par le moyen de ses tributaires'on penbtre, au nord, jusqu’d la baie d’Hudson, au sud, vers le lac Huron. Comme le saut Sainte-Marie est de huit cents milles plus prbs de Montrbal que de New-York, il est tres probable d’une bonne partie des produits du pays des Grands Lacs et meme des territoires bloignes du Michigan passeront un jour par l’Ottawa. ”
Compl^tons cette description par une autre de la meme epoque due k l’arpenteur Bouchette : rdsum4 par Benj. Suite.
“ Un peu au-dessus de Bytown est l’endroit appele Britannia, le beau domaine du capitaine Le Breton en 1830. II est tr£s bien situ6 au bas du lac Chaudiere (d’Aylmer) et pr£s de la tete des rapides des Chenes dont la large surface et les eaux agitees glissent doucement entre des rives pittoresques, en partie habitees, et d’une luxuriante verdure, qui ajoute k l’interet et 4 la beauts du lieu. Les moulins qu’on y a 6rig6s, (aux Chenes) outre 1’avantage d’occuper un site excellent, sont d’une grande utility pour les colons du voisinage.”
Remontant les bords du lac d’Aylmer, ce qui frappe l’attention, 6crit Bouchette, ce sont les colonies qui se se developpent sur la ligne des cantons de March et de Thorbolton. -Elies sont composes de families respectables possedant en general assez de moyens pour tirer avantage de tout ce qui se presente dans un pays nouveau.
“ Au pied de la cascade des Chats se trouve l’etablissement de 1’agent des terres de la couronne, M. John Sheriff, agreablement situ6 dans un lieu romantique, presque vis-&-vis la pointe Mondion.
“ Sur cette pointe Mondion, et, tout en ruines, s’eleve l’ancien fort de la compagnie du Nord-Ouest. Le sol des environs est trop pauvre pour inviter M. Thomas, l’agent de la compagnie de la baie d’Hudson, qui y reside, & le mettre en culture. II y tient un magasin des articles les plus frequemment demandes par les sauvages et les traiteurs de ces regions.
“ Les chutes des Chats, au nombre d’une quinzaine, r^guliferement divis6es par des llots couverts de bois, ont tout au plus vingt pieds d’^levation.”
Ces cascades, sont parfois designees par les Anglais sous le nom de Shaws, mais c’est une corruption du franpais, puisque ces lieux doivent leur appellation aux chats sauvages, autrefois tr&s nombreux dans les environs.
Bouchette continue :
“ La foret impenetrable s’Etend vers le nord-ouest, le long des rapides des Chats et d’une partie du lac de ce nom, jusqu’4 ce que Ton revoie des habitations dans le canton de MacNab.
. “Tout en haut, sur les bords abrupts et hers du grand lac des Chats, le chef Ecossais MacNab a placE sa residence romantique, Kinell Lodge, qu’il est parvenu, par une indomptable persEvErance, & rendre trEs confortable.
“ xArchibald MacNab peut etre considErE comme le chef et le fondateur de ce canton. Presque tous les colons appartiennent k son clan. II les avait fait venir des Highlands d’Ecosse avec beaucoup de peine et d’argent en 1823, dans l’espoir d’amEliorer leur condition et de leur procurer le bien-etre. AprEs des commencements difficiles, ce groupe de population commence h progresser, et nul doute que dans quelques annees il ne devienne prospEre.”
Le chef MacNab ne voulait pasqu’on l’appelat Monsieur Mac¬ Nab, mais MacNab tout court. On ne dit point, Monsieur le Roi. Son territoire Etait un canton entier qui portait son nom. II menait h Quebec des radeaux de bois de charpente, et, par la meme occasion, remontait avec des families qu’il faisait venir d’Ecosse. Toujours enveloppE dans son plaid et le kilt au vent, il se faisait accompagner, dans ses voyages, par un joueur de cornemuse et par un ou deux poetes du cru Ecossais, qui I’egayaient de leurs chansons et de leurs rEcits.
C’est chez lui que Bouchette reput 1’hospitalitE.
“ Le soleil, dit-il, venait d’abandonner k la lune l’empire des cieux lorsque nous quittames le noble chef Ecossais pour descendre les formidables rapides des Chats. Comme nous glissions au pied des falaises escarpEes nous pouvions apercevoir, sur la fiEre Eminence, le gai tartan et la coiffure nationale du noble gallois, tandis que les notes aigues du pibrock remplissaient les airs de leurs cadences sauvages. Les sons s’Eteignaient k mesure que nous approchions des rapides. Un instant encore nous le saluons, tete nue, et en brandissant les drapeaux qui ornaient notre embarcation, puis nous entrons dans le tourbillon des eaux.”
Vers la partie superieure du lac des Chats, k l’embouchure de la riviEre Bonnechere, Etait situEe la ferme d’un nommE Andrews.
De l’autre cot6 du lac, dans le canton Clarendon, quelques colons s’^taient ^tablis, non pas sur la rive, mais dans l’interieur des terres. Sur le “front” du canton Bristol on distinguait deux ou trois misdrables cabanes. En face de la Madawasca, sur la rive du Bas-Canada, un pauvre squatter bois-brule avait sa demeure.
Sur le lac du Rat-Musque, un certain John Parsons avait ddj4 un ^tablissement prosp^re. En face du fort Coidonge, de la compagnie de la baie d’Hudson, s’^levait un autre etablissement, aussi prospere. Enfin, 4 l’extr^mitd inferieure de Pile du Grand- Calumet, dans le canton Litchfield, un nomme Bisset, avait dressd son chantier, son “ log house C’etait le rendez-vous des traiteurs, des voyageurs et des marchands de bois.
Au-del4, s’dtendait la foret solitaire.