‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 165 sur 189 · SAINT-PAUL D’AYLMER · texte numérisé non relu

SAINT-PAUL D’AYLMER

ONSIEUR Michel avait k peine termini l’^glise d Aylmer en 1862, qu’il se mit k construire une grande sacristie (1863-1864). Cette sacristie fut beaucoup plus belle que l’dglise. Dans sa visite de la m<!me anndej Mgr. Guigues tdmoignait sa satisfaction de l’heureux achfevement des travaux et de l’btat de prospdritd: de la paroisse. La population canadienne augmentait visiblement, et la dette en janvier 1865, ne s’elevait qu’4 seize cents piastres.

M. Michel r^solut alors de bitir un grand couvent de religieuses pour l’instruction des jeunes filles. Aprfes bien des efforts des deboires et de grosses ddpenses personnelles, il rdussit k dilever un etablissement digne d’une grande ville par ses vastes dimensions et la beautd de sa structure. Cette immense bitisse dtait k peine termjnee, qu’elle devint la proie des flammes, sans qu’on ait pu jamais d^couvrir la cause de l’incendie (1867). Heureusement les murailles rest&rent debout. M. Michel cribl^ de dettes et abreuvd d’amertumes, n’eut peut-etre jamais 6t6 capable, k lui seul, de reconstruire l’ddifice, mais la Providence l’aida. II c6da le couvent ou plutot les murailles du couvent, pour un prix raisonnable, aux sceurs-grises d’Ottawa (1868) qui s’empress^rent de relever l’ddifice en quelques mois, tandis que lui satisfaisait ses crdanciers. Ce couvent qui est fort bien tenu, a rendu k la petite

ville d ’Aylmer des services dont on n’a point de peine k se rendre compte, pour peu que l’on connaisse cette paroisse. Les jeunes filles et les mEres de families y font preuve, en effet, d’une Education et d’une piEtE tout-d-fait au-dessus de l’ordinaire et qu’on ne trouve pas k un Egal degrE dans beaucoup de villes plus considErables. Les soeurs restErent logEes pendant deux ans dans une maison de location, prEs de l’Eglise, jusqu’d ce qu’elles pussent entrer, en 1870, dans leur couvent, lequel, d’ailleurs, ne fut terminE qu’en 1872.

M. Michel aurait voulu doter sa paroisse d une institution aussi avantageuse pour les jeunes gens que l’Etait le couvent pour les jeunes Mies. II appela done k Aylmer trois frEres de la congrEgation de saint Viateur (1867) pour Installation desquels de fortes sommes furent dEpensEes. Ces bons freres commencerent leurs classes avec cent quarante ElEves, et s’acquirent promptement l’estime de toute la population. Malheureusement, au bout de quelques annEes, ils eurent des difficultEs avec certains commissaires d’Ecoles* d’autant plus tracassiers qu’ils Etaient moins capables, et, pour couper court d leur opposition, ils prirent le parti de s’en aller. Ceci fut une grande perte pour Aylmer qui regrette encore aujourd’hui c^s excellents Educateurs de la jeunesse.

Dans le courant de 1867, il fut fait des travaux k 1’intErieur de PEglise et une cloche magnifique, la meme qui existe encore aujourd’hui, fut bEnite. En 1872, fut achetE le nouveau cimetiEre sur le chemin d’Aylmer, pour remplacer l’ancien devenu trop petit. A cette Epoque, la paroisse Etait enfin libre de toutes dettes, et Mgr. Guigues dEclara qu’il Etait temps enfin de songer k construire un presbytEre et une maison pour le bedeau. . M. Michel n’eut point l’honneur de ce dernier travail qui Etait rEservE k son successeur. En effet M. Jouvent, curE de Buckingham, ayant EtE envoyE k Pembroke, il fut lui-meme nommE k Buckingham, 21 dEcembre 1873, et M. Brunet, curE de l’Orignal, lui succEda k Aylmer.

SAINT-DOMINIQUE D’EARDLEY.

Quoique, depuis 1862, la mission d’Eardley fut dotEe d’une petite chapelle, nEanmoins, M. Michel, qui Etait chargE d’une

grande paroisse et parfois meme de Chelsea, n’y faisait que de rares apparitions. Ce ne fut qu’en 1872, qu’4 raison de la presence d’un vicaire 4 Aylmer, M. Rivet, un service mensuel et rdgulier y tut organisd. *

Mgr. Guigues ne nous a laissd, pendant cette pdriode de dix amides, qu’une note sur Eardley, elle date de l’hiver de 1863 :

II y a 4 Eardley line petite chapelle, en bois, de trente-six pieds sur trente, non encore terminde, mais assez propre pour qu’on y dise la messe. J’aiderai ces pauvres gens pour les ornements. Le patron est saint Franpois-Rdgis. Notre but est d’arrdter les progrds des protestants. Nous avons ddj A ici trente-cinq families canadiennes et sept lrlandaises, tandis qu’il y a six ans, on n’y comptait que huit catholiques. ”

Deux ans plus tard, l’eveque constatait que les progrds d’Eardley s’etaient arretds.

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