‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 21 sur 189 · C. Rideau-Canal · texte numérisé non relu

C. Rideau-Canal

Signe, scell6 et delivr^ en presence d’Angus McGillivray, agent.

Nous soussignds, nous engageons, nous, nos hdritiers et ayant droit, k remplirles conditions sus-mentionn^es. Angus MacDonell,

M. Ap. J. Mclnnis, William Tormay, Ch. Rainville, Maurice Dupuis, Dan. O’Connor. -Temoin, Angus McGillivray.

Non contents de ce premier achat, les syndics, par acte de 4 juin 1832, achet6rent 4 Joseph Nicholas, pour la somme de trente piastres au comptant, en faveur de l’eglise, le lot No. 4 de la rue Saint-Patrice.

Ces lots sont encore aujourd’hui, en partie du moins, possddes par la corporation Episcopate d’Ottawa. La basilique et l’archeveche ont ete construits sur le front de la rue Sussex, entre les rues de l’Eglise et Saint-Patrice. La premiere eglise de Bytown 6ta.it batie precisement sur le site de notre basilique actuelle.

Le Rev. Angus MacDonell commenqa done les travaux d’une jolie eglise eu bois, fort convenable pour le temps, mais il n’en jouit point, malheureusement, car il quitta Bytown avant qu’elle fut achevEe. Il disait la messe 4 l’etage superieur d’un miserable petit marche situe rue York, en face de la demeure de Thomas Corcoran.

Ce fut le Rev. M. Lalor, successeur de M. MacDonell, qui ouvrit 1 Eglise, dans le courant de l’annee 1832. La joie fut grande 4 Bytown, au jour de l’inauguration de la premiere chapelle catholique.

Cette mission comprenait, 4 cette epoque, un immense territoire ; tout le comte de Carleton et quelques cantons des comtes voisins que le pretre visitait regulierement dans le cours de chaque annee.

Avec l’ouverture de l’eglise, commencerent les Elections annuelles de marguilliers et la vente des bancs, au profit de la fabrique.

Dans le courant de l’annee 1832, le cholera morbus, qui parcourait le monde, fit de grands ravages 4 Bytown ofi il emporta soixante personnes. Cette calamite donna au z£Ie de M. Lalor l’occasion dc s’exercer, comme en tdmoigne la resolution suivante vot^e dans une assemble gdnfirale des catholiques, en date du 8 aout 1832 :

“ Resolu : Le Rev. M. Lalor merite nos plus sinc&res remerciements pour la pidtd et le ddvouement avec lesquels il s’est acquitt^ de sa charge de pasteur, depuis que nous avons eu le bonheur de le posseder parmi nous, particuli&rement pour son z&le infatigables et ses visites multiplies chez les malades, les mourants et les morts, depuis l’apparition du cholera morbus dans ce village.”

Le 19 du meme mois, le comite de l’eglise votait la resolution suivante : Resolu que, malgrd les refus reiteres de M. Lalor de recevoir les diverses sommes d’argent recueillies pour son “support ”, cette congregation fera une nouvelle demarche aupres de lui pour le prier d’accepter trente louis, prix d’un cheval, que le comite lui offre en temoignage d’estime et de gratitude.”

Ce bon pretre, dont il nous a 6t6 impossible de savoir l’histoire, quitta Bytown le 2 novembre 1832, et fut remplace par le Rev. J. Cullen.

A l’arrivde de ce dernier, la paroisse fit une souscription pour lui assurer un support convenable. La liste canadienne n’a pas ete conservde ; celle des irlandais, que nous possedons, porte soixante-quinze noms et s’dlbve k la somme de trente-sept louis seize schellings et six deniers, soit environ $151. On dut parfaire le traitement du pasteur avec les revenus de l’eglise.

La vente des bancs, en 1833, monta k £63.13.6. Vingtquatre de ces bancs se vendirent au-dessus d’un louis. Le revenu total de l’bglise s’eleva k £182.7.$$, et les depenses furent de ^169.2.8. Parmi ces ddpenses, nous remarquons la note suivante : pour la construction d’un cloceer ^70.14.3.

Une cloche de 506 livres fut placde dans le clocher. Un sonneur du nom de Guenette fut engagd, au salaire de $25*

Les quetes de Noel et de Paques, donnerent £ 26.8.2 .

Le Rdv. J. Cullen, dont nous ignorons egalement l’histoire, ne demeura k Bytown que deux ans. Il fut remplacd, le 16 novembre 1834, par le Rdv. M. O’Meara.

“ John O’Meara, n£ en Irlande le 21 avril 1793, ordonne le

15 septembre 1822 ; missionnaire 4 Saint-Andrfi, puis A Bytown, part pour l’lrlande, ou il decide quelques ann6es apr&s.*

Ce missionnaire ne resta que huit mois 4 Bytown. II partit le 15 juillet 1835, et eut pour successeur le T. R. J. McDonald, vicaire general de Kingston, aid£ du R6v. W. Cannon, assistant. Ces deux pretres ne s’install&rent que le 5 septembre.

Le R(£v. John McDonald fut ordonn6 le 6 d^cembre 1825 ; il passa sa vie dans les missions du Haut-Canada, et mourut 4 Alexandria, le 9 mai 1845, & l’age de 54 ans.

Il y eut un autre McDonald (Angus ou Aeneas) peut-etre frbre du precedent, et qui, apres de longues missions dans les memes lieux, se retira chez son frere 4 Cornwall. C est probablement du premier qu’il s’agit ici.*

Le Rev. W. Cannon etait fils d’un notaire de Quebec. Sa famille y existe encore. Il mourut, nous a-t-on dit, vers 1846, cun£ de Cornwall.

Le 20 aout 1836, le T. R. J. McDonald laissa Bytown aux soins de son vicaire qui en devint le cure. Cette annee, comme la population croissait, on fit une galerie dans l’eglise. Pierre Desloges, charpentier, fut charge de cet ouvrage. A la meme epoque, Honore Danis, le sonneur, fut eleve au rang de bedeau, avec un salaire de vingt louis.

Sous l’active direction de M. Cannon, la paroisse prit, des lors, un grand essor. Un terrain sur la Cote de Sable, du 4 la liberalite de M. Besserer, fut destine 4 remplacer ou 4 agrandir l’ancien cimetiere, et entoure d’une belle cloture en c£dre. Il y eut meme des difficulty entre la fabrique et M. Besserer 4 ce sujet. La vente des banc monta 4 ,£230.2.9.

Le traitement annuel du missionnaire fut port£ 4 £"150, soit $600, ce qui dtait tr4s raisonnable pour l’epoque et ce qui est rarement depasse de nos jours. La mdmoire de M. Cannon est encore vivante 4 Ottawa, comme celle d’un homme d’une grande force morale. Irlandais par son pere, Canadien par sa m4re, parlant figalement l’anglais et le franqais, on le represente volon-

R^pert. G^n^r. du Clerg^ canadien.

tiers k cheval, en culotte blanche, une houssine k la main, suivi d’un serviteur, accourant au bruit d’une Oneute, fendant la foule des spectateurs et s^parant les combattants. II avait fort k faire avec ses turbulents paroissiens, car on 6tait alors au fort des querelles suscit^es par les cheneurs [shiners.') II est le premier pretre qui osa porter la soutane dans cette partie du pays.

De l’annde 1838, date l’^rection de la confrdrie du Scapulaire. Le diplome en fut d^livr^, le 4 octobre 1838, par Mgr. Gaulin, coadjuteur de Kingston.*

Dejh l’eglise, bade cependant en 1832 etait trop petite et menaqait ruine. En 1839, on dut l’6tayer avec cinq poteaux ou piliers de bois. D’ailleurs on meditait depuis quelque temps de grands desseins et Ton se preparait k batir un monument de pierre qui put passer h la posterity.

Mais arretons-nous. Les details que nous poss^dons sur la paroisse de Bytown fourniront ample mature 4 un autre chapitre.

La province ecclesiastique d’Ottawa avait grandi de 1824 k 1831. Nous comptions en 1824, 10,264 habitants, dont 4,000

catholiques environ.

Le recensement de 1831 nous donne les chiffres suivants : t

Prescott . 3>6°3

Russell . . . 669

Carleton . 7>5°7

North Lanark . 5>°4°

Ottawa comtd . 5 > 573

* Mgr Remi Gaulin, ne k Quebec le 30 juin 1787, fut ordonne pretre le 13 octobre 1811. II fut pendant quatre annees missionnaire k Saint-Raphael de Kingston. II exerqait le minist<bre dans le diocese de Montreal lorsque, en mai 1843, 'll fut no’mme eveque de Tabarka et coadjuteur de Kingston. Ala mort de Mgr. MacDonell, en Ecosse, 14 juin 1840, il lui succeda sur le sibge de Kingston. Mais, etant bientbt apnhs tombe malade, il dut demander lui-meme un coadjuteur, 1843. Ce coadjuteur, Mgr. Phelan, eveque de Carrha, administra le dioc&se de Kingston k sa place. Mgr. Gaulin, retire k 1 Assomption, ne mourut pourtant que le 8 mai 1857. (Rep. Gen. du Clerge Can.)

t Pour trouver le chiffre de North Lanark nous prenons une partie de l'ancien comt^ de Lanark.

Le recensement du comte d’Ottawa seul nous donne les chiffres des catholiques. Si nous appliquons le meme calcul de proportions, fait ddjh pour le recensement de 1824, nous obtiendrons les chiffres suivants pour les habitants catholiques :

Catholiques.

Protestants

Prescott .

Russell .

Carleton .

North Lanark .

Ottawa .

Comme nous l’avons dit, ces chiffres tie sont qu’approximatifs; nous ne pouvons done fonder sur eux aucun calcul ni en tirer aucune consequence.

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