‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 83 sur 189 · NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL DE LA PASSE, OU GOWER POINT · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL DE LA PASSE, OU GOWER POINT

La petite paroisse de la Passe, qui comprend le canton de Westmeath et une partie de celui de Ross, en Ontario, 4 laquelle sont rattachdes les missions du Fort-Coulonge et des Bois-Francs, dans la province de Quebec, est situde en face de File du Calumet

dont elle a longtemps suivi la fortune. Son histoire remonte, qu’on nous pardonne l’expression, 4 la plus haute antiquit6, c estk-dire au premier tiers de ce siecle. Nous avons eu maintes fois l’occasion d’en parler au cours de ce.t ouvrage, et non pas toujours dans les termes les plus flatteurs, sort qui lui est commun avec tous les anciens centres des voyageurs. Les longues stations annuelles de jeunes gens non surveillds engendraient ndcessairement des ddsordres et des abus.t

Les premiers habitants de la Passe, canton envahi aujourd’hui par l’element anglais et protestant, furent des voyageurs canadiens, qui s’y 6tablirent avant 1840. Citons Frs. Bertrand, venu du Saint-Esprit ; Benoni Soucie et Etienne Lacasse, de Quebec ; Simon Barbeau, Augustin Romain et Jules Romain, de Montreal ; J. Thayer, amdricain ; Becwitt, Cyrille Gervais, Julien Lavallee, L. Lamarche et Philippe Gervais. On rapporte que ces premiers habitants dtaient obliges, pour avoir de la farine, de descendre en canot d’ecorce leurs grains jusqu’aux moulins de Bytown.

On rapporte ^galement que dans ces premieres ann6es, ne se sentant pas encore capables de construire une chapelle, sur l’avis de Mgr. Bourget, coadjuteur de Montreal, ils s’entendirent avec les g-ens du Calumet et 61evkrent une croix sur “ la pointe d’en haut de Pile.” C’est lk que, le dimanche, on se rdunissait pour reciter ensemble le chapelet et chanter des cantiques k la bonne sainte Anne, dont la statuette 6tait fix6e au pied de la croix. Des gu^risons furent op6rees, parait-il, k cette croix, et une dame L6veill6e, subitement soulag^e, y aurait laiss6 ses bequilles en ex voto. Bref, la Pointe d’en haut du Calumet devint pendant quelque temps le point de rendez-vous religieux et social de ces colons abandonnes.

Les premiers pretres qui s’arretkrent k la Passe furent sans doute les missionnaires de la Riviere-Rouge. Aprks eux, et successivement MM. Cannon et Brunet, de Bellefeuille et Dupuis,

t La chapelle de la Passe est dans une tr£s belle position et ce lieu promettait de devenir considerable, si les canadiens dtaient plus dconomes et savaient couserver leurs terres. Malheureusement quelques-uns en ont ddjk vendu aux protestants ; d’autres le feront probablement encore, car Dieu ne peut pas bdnir une locality od r^gne tant d'indifference religfieuse (Premidre visite de Mgr. Guigues, en 1849).

Poir6 et Moreau, puis bien d’autres y firent mission. Les sauvages qui abondaient alors dans les lies donn&rent meme un nom aux deux plus c<£14bres de ces missionnaires. M. de Bellefeuille fut appel^ Kouanotchnapich (feuille belle) et M. Moreau regut le titre glorieux de Kouacinamagat (homme de lumi4res).

Les missions se tenaient soit chez Frs. Leclair, province de Quebec, soit chez J.-B. Renaud, Ontario. C’est 14 qu’on enregistrait les baptemes, les mariages, etc. . . , Plusieurs de ces actes datant de juillet 1836 4 aout 1842, et consign6s dans trois registres, sont conserves dans les archives de Pembroke. 11s portent les signatures de MM. de Bellefeuille, Poir6, Dupuis, Brunet, McDonagh, Moreau, Bourassa, Payment et Morin.

Les actes faits 4 la Passe, au Calumet et aux Allumettes, en janvier 1836, sont inscrits au registre de l’6vech^ de Montreal.

La premiere chapelle en bois fut b4tie sur l’emplacement du du presbytere actuel, en 1841, du temps de M. Moreau, par l’entrepreneur J.-B. Larivi4re. C’^tait une construction 4 plusieurs fins. Destin^e 4 devenir maison du pretre, elle servait en attendant, d’^cole et d’^glise. Une cloison pratiqu^e dans l’int6rieur l’adaptait 4 ce double emploi. Elle avait sa fagade sur la riviere. J.-B. Gervais avait fait don du bois sci£. Malheureusement, cette meme annde, avant d’etre terminde, elle devint la proie des flammes.

Sans se laisser abattre par ce contre-temps, les catholiques recommencerent d4s l’annde suivante (1842) une nouvelle chapelle. Ils furent aid^s par M. Adams, propridtaire d’une scierie aux Allumettes, qui leur fit don de vingt piastres de bois sciA Trois ans plus tard, 4 cot6 de la chapelle, on dressa un dchafaud qui devait servir de clocher ; et de fait, au temps de M. Ouellet (mars 1855) une cloche de $168 y fut suspendue. Ce clocher fit plusieurs voyages et fut enfin ddfinitivement fix6 sur le bord du chemin public. La chapelle avait 4 cette 6poque 67 pieds sur 30 et demi.

Nous avons dit que la Passe suivit longtemps le sort du Calumet. Ses missionnaires furent done ceux de Pile. Apr4s 1844, M. Jeannotte succ^da 4 M. Moreau et futlui-meme remplac6

par M. Lynch. En 1846, M. Groulx devint cur£ du Calumet, desservant 4 la fois la Passe, le Portage-du-Fort et Bristol. En 1847, M. Saint-Aubin prit sa place avec les memes dessertes. En 1849, M. Bouvier, premier missionnaire envoyd dans ces regions par Mgr. Guigues, continua de visiter la Passe, soit par lui-meme soit par son vicaire, M. Perret. Enfin, le 30 septembre 1851, M. Ouellet fut nomm6 cure de Pile du Calumet 011 il devait rester jusqu’fi sa mort.

Le bon M. Ouellet, dont le gout pour la splendeur du culte est restde l^gendaire, se hata, pendant les anndes de 1852 et de

1853, d’acqu^rir les ornements et les meubles n^cessaires k la mission de la Passe qu’il visitait tous les mois. Avant lui, M. Bouvier avait arrange l’interieur de l’^glise, comme le prouve la note suivante de l’6veque de Bytown.

“ 1855. La Passe. — Cette mission fut longtemps negligee et a souffert beaucoup de l’incendie de sa premiere chapelle. Lorsque M. Bouvier fut charge du Calumet et de la Passe, les habitants furent excites k y travailler avec ardeur, et apr&s quelques mois, le sanctuaire fut convenablement dispose, les enduits furent mis dans toute l’^glise et des bancs furent confectionnes. M. Ouellet a fait ajouter la sacristie. Cette dglise poss&de dix arpents de terre, dont quatre furent concedes par M. McDonnell, de Sand-Point, et six par M. Maloney. Cette derniere donation fut confirmee depuis, par M. Aumond, qui avait une hypoth&que sur la propri6tA”

Les donations definitives datent : celle de Alex. McDonnell, du 18 avril 1853 ; celle de Jos. Aumond, d’Ottawa, du 23 mars

La meme ann6e (1854) M. Ouellet fit boiser l’exterieur de la chapelle. II fit faire des travaux la tour. En 1856, il entreprit la construction d’un presbytfere en bois, de 36 pieds sur 31, lequel, toutefois, ne fut briquet^ et mis en ordre parfait que trente-deux ans plus tard.

Dans sa visite de tAvrier 1858, Mgr. Guigues 6crivait : “95

families fr^quentent l’eglise. Les gens me supplient de leur envoyer un pretre ; ils semblent pret k se decourager. I Is donnent

60 louis k M. Ouellet qui les visite toutes les trois semaines. On va le chercher k tour de role. Un bon presbytdre est commence ; les bancs se vendent 24 louis, dont on pourrait prendre 15 pour le curd. Les ornements sont beaux. Les cdrdmonies se font mieux que dans bien des paroisses. Je tacherai de leur donner un pretre.”

L’dveque tint parole, et cette meme annde, les habitants de la Passe eurent la joie de possdder enfin un curd rdsident. M. Antoine de Saunhac, jeune franqais rdcemment ordonnd, y fut nommd et signa son premier acte le 3 octobre 1858.

Comme tous les jeunes curds, M. de Saunhac s’empressa de faire des reparations et des amdliorations, d’ailleurs ndcessaires. L’dglise fut peinturee en dedans et au dehors et mise en bon dtat. Deriiere l’dglise on construisit une sacristie et une grande salle publique pour les fiddles. Enfin, le presbytdre fut achevd et rendu habitable.

Dans sa visite de i860, Mgr. Guigues fit les rdflexions suivantes par lesquelles nous terminons : “ La Passe avec missions,

124 families, k savoir : Westmeath, 71, et Mansfield ou Calumet, 53. Les bancs se vendent 29 louis. Le pretre en regoit 125. Comme la dette de l’dglise s’dldve encore k 100 louis, pour aider M. le curd k payer cette dette, nous lui donnons pour une annde la desserte de la mission de Snake River (Osceola). II s’y rendra toutes les trois semaines.

SAINT-PIE d’OSCEOLA.

La belle paroisse d’Osceola fut longtemps connue sous le nom de Snake River. On attribue k Mgr. Phelan, administrateur du diocese de Kingston, alors en visite pastorale (1842) le choix de cette localitd, comme futur centre religieux. M. McNulty y construisit deux chapelles, l’une k trois milles au nord du village, et l’autre sur l’emplacement meme du cimetidre actuel.

Osceola fut desservie, d’abord de Mount Saint-Patrick, par M. McNulty, ensuite de Douglas (1853-1859) par M. Strain, puis de la Passe (1859-1864) par M. de Saunhac ; enfin d’Eganville

(1864) par M. Byrne, jusqu’en 1876, ^poque ou elle eut le Pere Bouvier pour premier pretre r^sidant.

Nous trouvons dans les papiers de Mgr. Guigues quelques notes intdressantes au sujet de cette mission.

“ 1852. — La mission de Snake River compte 45 families. La chapelle et la sacristie sont mal situ^s, dans un endroit trop retire. II est vrai que le terrain concede par le gouvernement a une dtendue de 200 arpents, mais la valeur en est nulle, ou k peu pr£s. II est fort regrettable que 'M. McNulty n’ait point accepte 1 offre qu’on lui a faite de quelques arpents dans une position plus favorable. D’ailleurs la chapelle n’est point finie et la sacristie est inconvenante. J’ai du refuser de donner la confirmation, & cause de l’ignorance des enfants.

“ 1853.— Administration du nouveau missionnaire, M. Strain. La chapelle de Snake River est bien reparee. Un autel simple mais convenable a dte plac6 ; le chemin de la croix est erige et le contrat est donnd pour la pose des bancs. Peuple excellent. II est bien regrettable que cette 6glise soit si mal situee. L’immense territoire desservi par MM. Strain et Bouvier demanderait les soins de deux autres pretres. Je me propose d’en retrancher les cantons de McNab, Arnprior, que je rattacherai avec Bristol, au Portage-du-F ort. ’ ’

L’ann^e suivante (24 fevrier 1854) les habitants d’Osceola envoyerent k Mgr. Guigues une petition demandant d’etre desservis par M. Bouvier du Portage-du-Fort, demande qui ne leur fut point accord^e.

En 1858, l’6veque d’Ottavva constate de nouveau que tout va bien k Osceola. Le peuple y est pieux. Les travaux de l’eglise et de la sacristie sont terminus, et quelques bancs ont ^t6 places.

En 1859, au depart de M. Strain, la desserte d’Osceola fut donn^e k M. de Saunhac, cure de la Passe, pour F aider k payer les arri6r6s de son 6glise. L’intention de Mgr. Guigues 6tait que cette desserte ne durat qu’une ann6e ; elle se prolongea n^anmoins, lusqu’en 1864. M. de Saunhac disait la messe k Osceola toutes les trois semaines, et les fiddles se montraient g6n6reux envers lui.

SAINT- MICHEL DE DOUGLAS, SUR LA RIVIERE BONNECHJiRE CANTON DE BROMLEY.

Cette paroisse connue autrefois sous le nom de Third Chute, est fort ancienne. Vers 1854, le P£re McNulty y bitit une chapelle en bois, sur un lot de 200 arpents qu’il avait acquis du gouvernement. Maisla situation en etait deplorable et la terre de peu de valeur, aussi Mgr. Guigues jugea-t-il necessaire de changer la place de l’eglise.

En 1851 ou 1852, il faisait cette rdflexion : “ Douglas, 50 families catholiques et 25 protestantes. Ces gens desirent avoir un pretre et promettent 80 louis pour son support. Ils ont une chapelle, mais point de presbytere. La reception qui m’a bt6 faite n’etait guere chaleureuse. Je n’ai point donne la confirmation.”

L’ann^e suivante, un pretre rbsidant, M. Strain, leur fut effectivement donn6. L’influence de sa presence se fit immediatement sentir. “ L’accueil que l’on m’a fait, dcrivait, en 1853, l’eveque de Bytown, contraste etrangement avec celui des annbes prbcedentes. La chapelle est on ne peut plus mal situde ; mais ou la placer? Les habitants sont proprietaires de leurs terres. Dans quelque temps Douglas et Osceola seront capables de former une bonne paroisse.”

M. Strain construisit 4 ses frais, dans le village meme de Douglas, un petit presbytere, sur un arpent de terre qu’il avait achete. C’etait trop peu ; ses maigres ressources l’empecherent sans doute de faire davantage. II 6tait r6serv6 4 M. Byrne d’asseoir la mission sur de plus larges bases.

En 1855, Mgr. Guigues voulut mettre ordre aux affaires, et prit des mesures pour que les dbpenses de M. Strain lui fussent remboursees. Desormais sa maison appartint 4 l’bglise et servit plus tard de pied-4-terre 4 tous les missionnaires qui la desservirent. II eut desire que l’on construisit immediatement une nouvelle eglise dans le village, et il donna meme la permission de vendre la terre que Ton possedait, pour en employer le prix 4 cet objet. La chose, toutefois, n’eut pas de suites.

Lorsque M. Strain, en 1859, quitta le diocese, Douglas perdit, en meme temps, la gloire d’etre la residence du pretie, car M. Byrne, son successeur, s’etablit 4 Eganville.

Ce serait une erreur, cependant, de croire que Douglas fut ndgligd par M. Byrne. Ce prStre z6li, entrant dans les iddes de son eveque, se hkta, au contraire, d’acqudrir dans le village un terrain de io arpents sur lequel il entreprit de construire la nouvelle dglise. Mgr. Guigues, dans la visite de l’hiver 1861, exhorta fort les fideles & seconder leur pasteur, les autorisa & disposer de la terre de la mission en faveur de la nouvelle construction, et partit enchantd de leurs excellentes dispositions.

SAINT-JACQUES D’EGANVILLE.

Le florissant village d’Eganville doit sa naissance, moins au grand bourgeois de chantiers John Egan, dont il porte le nom, qu’k son commis, Patrick Hickey, qui gerait, dans ces parages, les grands intdrets de la maison. C’est ce dernier, en effet, qui construisit, sur les rives de la Bonnechere, les moulins et les scieries d’Eganville.

Vers 1844, M. McNulty fit batir la premiere chapelle en troncs d’arbres. On en ddcouvre encore aujourd’hui les restes dans les murailles d’une maison abandonnee, k droite du chemin de Brudenell, k deux milles environ d’Eganville

En 1852, M. Strain successeur de M. McNulty, quittant la residence de Mount Saint-Patrick, s’dtablit & Douglas, d’ou il continua d’administrer les missions d’Osceola, d’Eganville, de Sebastopol, de Brudenell et tout le pays environnant.

A peine installe, il obtint de M. Egan la concession d’un terrain de huit arpents prks du village, sur une Eminence surplombant la rive sud de la riviere. C’est lk qu’il se hkta de construire une nouvelle chapelle bien superieure k l’ancienne, comme en tdmoigne la note suivante de Mgr. Guigues :

“8 juin 1852. Eganville k 20 milles de Mount Saint-Patrick. La ferme, les moulins et les magasins de M. Egan ont donnd de 1 importance k cette mission. Une chapelle a dtd commencee par M. Strain qui a eu la bonne idee d’abandonner celle de M. McNulty, placde dans une locality mal choisie. Cette chapelle aura 65 pieds sur 40 ; la charpente est levde, les chkssis et portes sont faits. Pas de dettes. C’est beaucoup de travail pour une

annde dans une locality nouvelle. M. Strain voulait rdserver 15 pieds pour un presbyt&re. Je m’y oppose pour deux raisons : parce qu’en ce cas la chapelle serait carrd, et parce qu’il n’y a rien de cher comme tous ces provisoires. Le terrain est tr&s favorable, pr4s du village qui va toujours se rapprochant. Cette eglise pourra etre frdquentde : i° par les 20 families canadiennes du Perrault’s Settlement ; 2° par autant d’irlandaises de Douglas ; 30 par celles du lac Clair, en meme nombre ; 4° par 40 families du village et des environs, soit un total d’une centaine de families. Ce lieu semble bien choisi pour la residence d’un pretre, en qualite de place centrale et d’avenir. Osceola et Douglas, non loin de 14, n’offrent pas les memes chances. J’ai donn6 4 l’ancien commis d’Egan, Hickey, un billet pour qu’il puisse queter dans les chantiers, en faveur de la chapelle et d’un presbyt&re.

La nouvelle chapelle d’Eganville fut bdnite le 22 janvier 1854. Void l’acte de benediction : Le 22 janvier 1854, l’dglise catho-

lique romaine d’Eganville, canton de Grattan, comtd de Renfrew, Haut-Canada, a etd ouverte au culte et b^nite par Mgr. Joseph Eugene, eveque de Bytown, sous l’invocation de saint Jacques le Mineur, en presence du clergd soussignd et du peuple. Le terrain de la dite eglise a dte donnd par l’hon. John Egan, M.P.P., et les depenses de construction se sont dlevees 4 environ £220, inclus le terrain evalue 4 £30. II reste maintenant une dette de pas audel4 de £50. En foi de quoi sont signd : Joseph Eugfene, Eveque de Bytown, James Strain, Francis McDonough, Bernard McFeely, Bouvier, Patrick Cassidy.

Contre le ddsir exprime plus haut par l’dveque, une partie du fonds de l’eglise avait de amdiagde en presbytere. D’ailleurs, quoique benite, cette Eglise dtait loin d’etre termind, comme on

verra.

Quelques temps apr4s, Mgr. Guigues detacha le Perrault s Settlement, cpmposd de canadiens, de la mission d’Eganvile, pour le donner 4*M. Byrne de Renfrew, qui parlait fran^ais. Cette separation porta un coup sensible aux catholiques d’Eganville, qui s’en plaignirent dans la lettre suivante : “30 avril 1856.^ Depuis

que Votre Grandeur nous a enlev6 les gens du Perrault’s Settle-

ment, nous ne sommes plus capables de suffre aux frais de M. Strain et de l’dglise. Les gens du lac Clair sont trop nouvellement dtablis pour pouvoir nous aider. D’ailleurs, tous les canadiens du Settlement, moins deux, parlent anglais. Au reste, voici l’arrangement que propose M. Strain. II s’engagera avec votre permission, k faire venir M. Byrne Eganville, trois ou quatre fois l’an. Les gens du Perrault’s Settlement,* qui ne sont pas loin, pourront venir l’entendre, ainsi que nous ; et nous lui payerons la somme que vous d^terminerez.” Monseigneur leur rdpondit : “ Les canadiens du Perrault’s Settlement m’ont demande, il y a deux ans, d’avoir M. Byrne, sous pretexte qu’ils ne savaient point l’anglais. Je ne puis croire qu’ils m’aient trompe. Quoiqu’il en soit, j’irai probablement vous voir l’hiver prochain, au sujet de l’Op^ongo Road, et il peut se faire que je vous donne un cure rdsidant. Mais pour cela vous devrez faire quelques sacrifices.”

Nous ignorons si l’6veque alia k Eganville dans l’hiver de 1857, comme il le desirait. Il y vint du moins en fevrier 1858, et il constata avec chagrin que l’^glise etait dans etat miserable. Aucun travail n’y avait 6t£ fait depuis sa benediction et le vent y entrait partout.

L’annee suivante (1859) M. Strain partit pour les Etats-Unis et M. Byrne, cur6 de Renfrew, fut nomm6 k sa place. Il s’installa non k Douglas mais ci Eganville dont il devint le premier cure residant. Le premier acte signe par lui date du 10 octobre 1859. Ce digne pretre se hata d’entreprendre les travaux int^rieurs de l’eglise et du presbytere qui furent terminus l’annee suivante, et qui couterent 350 louis. Une cloche fut achetee et benite dans l’hiver de i860. Au mois de mai 1861, le chemin de la croix fut erig6 k Eganville. Enfin, la meme epoque, Mgr. Guigues dcrivait cette remarque, par laquelle nous terminons : “ L’eglise

d’ Eganville a 60 pieds sur 35, mais le presbytere malheureusement

* Nota.-— La colonie ou settlement de Perrault, a 8 milles sud-est d'Eg-anville, appartient encore aujourd'hui k cette paroisse ; on y allait jadis dire la messe de temps en temps, dans une maison priv^e.

En revanche, la mission du lac Clair, aujourd’hui Sebastopol, a beaucoup prospeiee. Elle est attach^e k Brudenell, en attendant de devenir paroisse dle-meme. Nous en parlerons, ainsi que de Brudenell, en (kudiant la p^riode de 1861 k 1871. r

en prend 20. Cela ne pent durer long'temps, et l’on doit songer 4 construire un presbytere separ6. M. Byrne a d6j4 acquis un terrain ; je l’ai aide de $35.”

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