SAINT-JACQUES D'EMBRUN.—(CANTON DE RUSSELL
Voici ce qu'en 1861, Mgr. Guigues écrivait du canton de Russell :
‘# Ce canton peut se diviser en quatre parties : les deux premières, qui touchent Osgoode et Gloucester, ont été prises par les protestants ; la troisième est couverte, malheureusement, par une grande savane ; enfin, dans la quatrième sont déjà établies une trentaine de familles canadiennes. (On peut en placer encore une trentaine sur des lots de 200 arpents. (Or, comme un de ces lots peut suffire à deux familles, et que les canadiens déjà établis en occupent chacun un, il est vrai de dire que l’on pourrait y envoyer encore cinquante nouvelles familles et faire une belle paroisse. Tout le monde est d'accord sur l’excellente qualité de la terre. Cet avantage, uni à plusieurs autres, y devra attirer l’'émigration. La 180 {
pe‘ ‘vière du Castor, affluent de la Nation, traverse le canton. nin .uü Chemin, pour la malle de l’Orignal, longe la rivière et
sera terminé en octobre. L'année prochaine, on ouvrira une voie directe vers Bytown qui la mettra à 17 milles de cette mission. Les cantons voisins d'Osgoode et de Gloucester sont bien établis. Il y a, depuis peu, une vingtaine de familles d’arrivées, qui s'occupent d’avoir une chapelle pour que le missionnaire puisse les visiter. Quatre moulins à scie et deux à farine sont déjà en activité, autant d'avantages précieux pour les colons. Il est donc à souhaïîter que l’on s'empare d’une terre qui menace de nous échapper.” Le souhait de Mgr. Guigues fut une prophétie, et la paroiïsse de Saint-Jacques d'Embrun, qui comprend le canton de Russell, est peut-être aujourd’hui la plus considérable des missions rurales
du diocèse.
Ce pays est relativement nouveau. En 1845, nous voyons deux familles s’y établir : celle de Théophile dit Siméon Ayotte,