‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 140 sur 275 · PARTE ER R · texte numérisé non relu

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Par défaut d'administration, au contraire, une assez lourde dette pesa longtemps sur la paroisse. Quoiqu'il en soit, cette église suffit telle quelle jusqu'en 1888. Voici en quels termes Mgr. Guigues raconta cet événement : ‘‘ Allumettes, 5 février 1857 :— Comme le local qui depuis quatre ans sert de chapelle est extrêmement petit, j'ai voulu consoler ce peuple et lui donner une compensation religieuse. C’est pourquoi j'ai transformé ma visite en une retraite que j'ai assez prolongée pour que 500 personnes aient pu s'approcher des sacrements, J'ai béni la nouvelle église en présence des curés du Portage-du-Fort, d'Aylmer et de Pembroke et d'un immense concours de peuple accouru de toutes parts. Le chœur des jeunes chanteurs et chanteuses de Pembroke étaient présents. Cette nouvelle et jolie église fait la joie de l’île qui depuis quatre ans était plongée dans le deuil.

‘ Depuis l'incendie il avait été impossible de faire les élections ordinaires des marguilliers, et M. Lynch avait seul dirigé les travaux. Aujourd’hui que l’église et le presbytère sont construits, quoique non terminés, et que les grosses dépenses sont faites, tout doit rentrer dans l’ordre. J'ai donc convoqué les marguilliers anciens et nouveaux, et M. Lynch leur a présenté ses comptes qui ont été approuvés. Les dépenses se sont élevées à quatorze cent quatre louis, et les recettes, quêtes ou souscriptions, à sept cent six. 11 reste donc une dette de près de 700 louis.”

Le chemin de la croix fut érigé à la même date: 3 février

Comme on le voit, Pembroke n'était plus mission des Allumettes. Dès l’année précédente (1856) M. Gillie en avait été nonmimé curé. Avant cette époque (1855) M. Lynch avait eu un premier vicaire, son frère le Rév. Michael Lynch, du 6 janvier au 9 juin, lequel partit de là pour Aylmer.

Ici finit l’histoire des Allumettes pendant cette décade de 1851 à 1861. La seule note que nous trouvions encore dans les papiers de l’évêque d'Ottawa sur cette paroisse, a rapport au recensement. En février 1860 on comptait dans l’île 180 familles catholiques, 140 dans le canton de Chichester, et 25 dans celui de Waltham : total 245. L’évêque se proposait d'envoyer un nouveau viçaire à M. Lynch,

FORT COULONGE,

Quoique la fondation de lu chapelle et du village de Coulonge soit postérieure à l'époque qui nous occupe, nous pensons intéresser le lecteur en lui racontant l’histoire de l'antique fort Coulonge, d’après les documents que nous devons à l’amabilité de M. LeMoyne, curé de la Passe et de Coulonge.

Extrait résumé des ‘‘ Documents relative to the colonial History of the State of New York, by Brodhead, 1855.” Récit des événements les plus remarquables arrivés au Canada, du mois de septembre 1694 au départ des vaisseaux, 1695.

‘Vers la fin de septembre, le comte de Frontenac congédia les Outaouais qui s’en retournèrent avec une troupe de traitants français. Le convoi était commandé par le capitaine de la Motte- Cadillac, homm : + mérite qui allait à Michillimakinac remplacer dans ce poste M. de Louvigny. Mais le mauvais temps, fréquent à cette saison avancée, ayant empêché de continuer le voyage, la plupart durent rentrer à Montréal, tandis qu’une trentaine d’entre eux sous les ordres du sieur de Coulonge, se mirent dans l’idée de camper près de l’île des Allumettes, entre la Bonnechère et la rivière Creuse, pour y passer l'hiver, non seulement à l’abri de l'ennemi, mais avec l'espoir de se procurer des vivres et des peileteries en abondance, par le moyen des sauvages algonquins, leurs amis.

‘ Quant à M. de la Mothe, qui était décidé à tout sacrifier, ses intérêts, sa peine et même sa vie, pour le service du roi, il prit avec lui un parti des plus déterminés, et fit tant de diligence que, malgré les difficultés presque insurmontables, il parvint sain et sauf à Michilimakinac.

“4 La rigueur du climat n’empêcha pas neuf des gens de M. de Coulonge de descendre jusqu’à Montréal, en raquettes, sous prétexte d’y chercher des provisions. Mais lorsqu'ils repartirent, le gouverner M. de Callière, fit courir après eux l’adjudant de Clérin et quelques soldats qui leur enlevèrent l’eau-de-vie qu’ils emportaient en contebande, pour la vendre aux sauvages, contre la défense du roi. M. de Coulonge et ses gens que l'amour du gain avait fait s'établir à la bouche de la rivière de ce nom, près des

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Allumettes, eurent plus de chance qu'ils ne méritaient, car les iroquois les ayant bloqués tout l’hiver et une partie du printemps dans leur fort, n'osèrent jamais les y attaquer ni escalader leurs palissades ; et les français qui avaient fait la folie de se jeter, pour ainsi dire, dans la gueule du lion, eurent, du moins, la sagesse de s’en tirer, si bien qu’au printemps ils purent continuer leur route au pays des Outaouais, à l'exception de cinq d’entre eux qui descendirent à Montréal avec les paquets de fourrures achetées pendant l'hiver. Ils arrivèrent en compagnie de 80 canots de nipissiriniens et d’autres indiens du voisinage de leur fort, et leur venue réjouit tout Montréal.”

Depuis ce temps le fort Coulonge, occupé ou non occupé, n’a jamais cessé d’être un lieu de troque avec les sauvages, jusqu’en ces dernières années, quand les progrès de la civilisation ont fait complètement disparaître ce commerce. .

La rivière qui coule à ses piedt avait été appelée par M. de Belleteuille ‘‘ la petite rivière du fort Coulonge ”’. Elle est maintenant large, relativement, ayant été rongée chaque année par la dérive des billots. A la chûte de la rivière, le gouvernement a construit une glissoire pour le bois, qui a coûté $62,000, et qui lui rapporte un énorme revenu.

Mais revenons à l’histoire du fort. En 1784, la compagnie du Nord-Ouest construisit le fort proprement dit, qui passa, en 1821, à la nouvelle compagnie fusionnée de la baie d'Hudson. Voici la description des divers bâtiments dont il se composait : 1° la maison des canots, 24 pieds sur 46, démolie en 1873; 2° le magasin, 31 pieds sur 27, qui est encore debout ; 3° le logement du bourgeois, avec son énorme cheminée en pierre, 21 pieds sur 26 ; 4° le logement des commis, ayant aussi une haute cheminée, 15 pieds sur 26 ; ces trois dernières bâtisses étaient contigües, et avaient en commun une vaste cuisine ; 5° la glacière, 16 pieds sur 16; 69° la maison de forge, 15 pieds sur 15 ; 7° l’hôtellerie, 27 pieds sur 26, démolie en 1873; 8° la maison des serviteurs, démolie en 1873. Dans un coin du cimetière, le Rév. M. Lemoyne a vu les traces d’une construction triangulaire. Entre le magasin et la maison du bourgeois se trouvait le mât officiel. Toutes ces

constructions étaient faites en bois équarri et lambrissées, avec couvertures en bardeaux à deux versants à pic. Les fenêtres étaient étroites et les portes étaient peintes en rouges. Ce qui restait du fort fut détruit par le feu en 1892.

Le cimetière, tel qu’il est aujourd’hui, est enclos et conservé, grâce à la générosité de M. Connolly, propriétaire actuel. Nombre de sauvages et de blancs y furent enterrés. Si l’on en croit la tradition il remonterait au Père Labroquerie qui le fit clôturer et le le bénit. On n’y trouve plus que des ruines, un reste de palissade, quatre croix renversées et quelques pierres tombales, éparses aux alentours. S2c /ransit gloria mundi.

Les premiers colons du fort Coulonge furent presque tous des canadiens : Léon Roussel, John Romain, Joseph Lacasse, Charles Lepage, agent de la compagnie marié en 1836, Antoine et Augustin Lepage, Louis Romain, Joseph Bruyère, Moïse Francœur, J.-B. Larivière, J.-B. Diell (Doyle) Etienne Lapointe, Jos. Wilson, Hubert Neveu et Glisson.

La première scierie du pays fut bâtie en 1843 par G. Bryson, aîné. l

En 1859, le village de Coulonge ne comptait encore que l'unique chantier de Jacob Romain. C’est aujourd’hui un bourg actif et florissant.

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