‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 156 sur 275 · MISSIONS SAUVAGES.—NOTRE-DAME DU DÉSERT DE MANIWAKI · texte numérisé non relu

MISSIONS SAUVAGES.—NOTRE-DAME DU DÉSERT DE MANIWAKI

Dans le récit précédent, Mgr. Guigues faisait allusion à une pétition adressée par les sauvages au gouvernement “n d’obtenir la création d’une réserve à leur usage. C’est l’histoire de la réserve et de la mission de Maniwaki que nous allons raconter.

Depuis 1845, les missionnaires oblats allaient chaque été, faire mission chez les sauvages du haut de la Gatineau et en général chez tous les sauvages de cette partie du pays. Emus de pitié à la vue de leur misère qui croissait chaque année en propor-

tion du progrès de la colonisation, ils conçurent le projet de leur faire obtenir du gouvernement un territoire inaliénable sur lequel ils pourraient vivre, apprendre à cultiver la terre et s'initier à la vie civilisée. Telle fut l’origine de la réserve de Maniwaki. Depuis cette époque, d’autres réserves, en grand nombre, ont été créées dans l'Ontario, le Manitoba et surtout le Nord-Ouest. Ce système de réserves est fort ancien au Canada comme aux Etats-Unis, et l'on peut dire que s’il ne réalise pas toutes les espérances qu'il avait fait naître, puisque les sauvages restent encore réfractaires à la vraie civilisation, c’est-à-dire au vrai travail des champs ou de l’industrie, du moins il les a préservés jusqu’à notre époque d’une destruction complète et inévitable.

Les documents que nous allons offrir au lecteur et qui n’ont pas besoin de commentaires, en même temps qu'ils lui feront connaître l’histoire de Maniwaki, l’éclaireront sur une querelle qui fit grand bruit dans le temps. Nous avons un instant hésité à les publier ici à cause de leur longueur, mais comme le silence de notre part pourrait être interprété par la malveillance dans un sens fâcheux, nous nous ‘décidons à les donner intégralement. On y verra, luttant face à face, la droiture d’un cœur d'apôtre, peut-être imprudent, à force de candeur et de bonnes intentions, et l’esprit soupçonneux et étroit d’un fanatisme que la haine inspire et qui attribue aux autres les bassesses dont il se sent capable.

Première supplique des sauvages algonquins de la Gatineau à Lord Elgin, gouverneur-général, à l'effet d'obtenir une réserve à l'embouchure de la rivière du Désert.

‘4 Ce document fut envoyé pour la première fois en 1845, au gouvernement. Il fut adressé de nouveau en 1548 à lord Elgin, par les soins du Rév. père Clément, oblat, missionnaires des sauvages, et appuyé par Mgr. de Bytown, comme nous allons voir.

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