‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 157 sur 275 · MILORD ET MESSIEURS DU CONSEIL LÉGISLATIF · texte numérisé non relu

MILORD ET MESSIEURS DU CONSEIL LÉGISLATIF

Quand vous nous voyez voyager de côté et d’autres sur les fleuves, les rivières et les lacs dans nos faibles canots, vous nous trouvez bien misérables. (C’est bien la vérité, nous l’avouons. Nous sommes dans la misère parce qu’on nous dépouille tous les

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jours de ce que nous possédons. Nos terres passent rapidement entre les mains des blancs. Depuis longtemps vous nous conseillez de cultiver ; bien longtemps nous n'avons pas écouté un conseil si salutaire. Cela est-il étonnant? Nous étions riches autrefois, rien ne nous manquait ; les forêts étaient peuplées d'animaux de toute espèce dont nous vendions les dépouilles bien cher à l’avide marchand ; cela nous donnait le moyen de suffire à nos besoins et à ceux de nos enfants. Mais il n’en est plus ainsi maintenant. Les blancs s’établissent de tous côté sur nos terres ; et où l’on ne cultive pas, les gens des chantiers sont là pour détruire et faire fuir les animaux qui restent dans le petit espace de terre que l’on ne nous a pas encore ravi. Nos familles sont sans moyens de subsistance et nous ne savons où chercher de quoi vivre. Nous sommes réduits à la plus grande détresse. Nous voulons imite: les blancs. C’est pourquoi nous demandons un terrain pour cultiver. Lorsque nous nous rappelons les actes de générosité de notre gouvernement métropolitain et colonial, nous entretenons le ferme espoir de voir nos demandes exaucées. C’est une partie de nos terres de chasse que nous voulons cultiver si vous nous accordez ce que nous vous demandons.”

‘ Ce terrain que nous vous demandons est situé sur la Gatineau, à environ 27 lieues de Bytown. Il est borné à l’est par la Gatineau, au nord, par la rivière du Désert, à l’ouest, par la rivière de l’Aigle, la petite rivière Kindwisipi et le lac Chibsabavek ; au sud, par une ligne droite, partant de l’extrémité la plus méridionale de ce petit lac et allant toucher la pointe sud de l’île située à l'embouchure de la décharge du lac'Rond, dans la Gatineau. Vous savez peut-être que plusieurs d’entre nous cultivent déjà des champs . plus ou moins étendus. Nous réussirons certainement mieux si nous nous réunissons et si nous apprenons que vous nous accordez l’objet de nos demandes : un terrain dont nous soyons absolument maîtres. Nous avons une autre demande à vous faire, c’est en faveur de nos missionnaires. Nous voulons des prêtres pour nous enseigner la religion et aussi pour nous aider de leurs conseils dans la culture des champs. Nous vous dernandons, en conséquence, d’accorder aux prêtres que Mgr. l’évêque de Bytown nous enverra une étendue de 600 arpents de terre à prendre sur notre

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territoire dans le lieu que Mgr. l'évêque de Bytown jugera le plus convenable. Nous voulons pouvoir choisir parmi nous cinq hommes d’expérience pour le gouvernement de notre petite colonie. Nous les remplacerons tous les cinq ans. Ces cinq seront élus par la majorité des cultivateurs ayant au moins un arpent de terre en culture dans notre territoire. À ces cinq chefs seront dévolues les affaires du gouvernement de la colonie. Cependant, dans les affaires difficiles, ces chefs consulteront le désir de toute la peuplade. Voici, milord, les demandes que nous voulions vous faire. Nous ferons des vœux ardents pour que vous les exauciez. Nous espérons fermement que vous ne serez pas moins généreux pour nous que pour tous les autres qui ont recours à votre générosité. Soyez assuré que si vous nous exaucez, le souvenir de votre bienfait ne s’effacera jamais de notre mémoire. Voici les noms de vos pétitionnaires, sauvages de la Gatineau et du Grand-Lac.” (Suivent soixante noms).

‘ Ces noms ont été souscrits à une requête présentée au gouvernement coionial il y a trois ans pour obtenir un terrain, précisément au même endroit que celui où nous en demandons un maintenant. J'ai vu plusieurs sauvages de la Gatineau, j'ai vu les sauvages du Grand-Lac cet été, et tous m'ont spécialement exprimé le désir que le terrain qu’ils ont demandé leur fût accordé. Ce que je puis assurer et certifier.”

(Signé) H. TH. CLÉMENT,

Ptre-missionnaire.”’

Cette pétition était appuyée de la lettre suivante de l’évêque de Bytown :

MONTRÉAL, le 10 octobre 1848.

‘ Mylord, je crois de mon devoir d'appuyer auprès de Votre Excellence cette humble requête des sauvages qui habitent la partie nord des possessions britanniques de l'Amérique. Ce sont eux qui ont eu l’heureuse pensée de se fixer enfin et de se livrer à la culture de la terre pour éviter la famine qui les décime chaque

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