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année. Le terrain qu'ils demandent paraît suffisant pour satisfaire à leurs besoins, et il est assez éloigné de la civilisation pour ne pas retarder l’œuvre de la colonisation. L'exposé qu’ils font de leurs besoins dans la requête qu'ils présentent à Votre Excellence suffira, j'en suis persuadé, pour attirer sa sollicitude sur des erfants déshérités des terres de leurs pères.”
‘ Je suis, etc.”
Deuxième pélition des sauvages aligonquins au gouverneur-général (20 février 1849).
‘4 O chef, nous t'écrivons encore une lettre. Nous te ferons la même demande que nous avons faite il y a quatre mois. Nous avons appris que tu as lu et considéré nos paroles ; nous sommes bien contents de cette nouvelle. Nous sommes bien misérables, n'ayant nul part du terrain dont nous soyons maîtres pour nous y livrer à l’agriculture. Nous demeurons ici bien loin de notre village. Nous ne pourrions pas aller cultiver au lac des Deux- Montagnes ; voilà pourquoi nous te demandons de nous donner de la terre pour cultiver. Si tu veux nous en donner, voici que nous sommes prêts à commencer à cultiver, nous, ainsi que nos frères du Grand-Lac et du lac à la Truite. Eux aussi veulent travailler avec nous si tu veux nous donner de la terre. Est-ce qu'il reste encore de la chasse sur nos terres qui étaient autrefois notre soutien? Non. C’est pourquoi nous sommes résolus absolument à cultiver, si notre père le grand chef veut nous donner de la terre. Nous, habitants de la rivière au Désert, nous ne pouvons quitter et renoncer aux avantages des défrichements que nous avons déjà ici où nous demeurons. Nous te saluons, O grand chef notre père! Daigne écouter favorablement nos paroles. Fais-nous connaître au plus vite ta pensée et ta parole pour que nous sachions tes sentiments à notre égard. Voilà ce que nous te demandons.”
Le nombre des hommes qui ont signé cette pétition est de soixante. La requête des sauvages fut appuyée par la lettre suivante de Mgr. Guigues :
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‘ MiLoRD,
Je viens de faire une visite au haut de la rivière Gatineau, où j'ai rencontré un grand nombre de sauvages qui m'ont demandé avec instance d'appuyer la demande qu’ils avaient faite pour obtenir un terrain en haut de la rivière Gatineau. Je leur ai répondu que Votre Excellence avait déjà pris leur demande en considération, ce qui les a grandement réjouis. Ils m'ont fait remettre une deuxième requête pour appuyer la première et pour la resnercier de ce qu’elle a bien voulu faire pour eux. Je me plais à la transmettre à Votre Excellence. Elle est écrite sur de l’écorce de bouleau. La misère où ils se trouvent leur fait une nécessité de se livrer à la culture. Une partie d’entre eux a déjà commencé à défricher le terrain qu’ils demandent. Il se trouve dans leurs terres de chasse, et éloigné pour longtemps, des endroits habités, et ik paraît leur convenir beaucoup, à raison des lacs qui s’y trouvent et des trois rivières qui le bornent. Je craindrais dès lors, si le choix du gouvernement tombait sur un autre point, qu'ils n’en fussent extrêmement contrariés, et comme c’est un peuple enfant, qu'ils n’en voulussent pas profiter.
‘* Je leur ai promis de faire connaître à Votre Excellence leurs désirs, en leur assurant qu’ils étaient déjà l’objet de sa sollicitude et de sa bienveillance, et que, dès lors, ils pouvaient espérer tout ce qui serait convenable de leur accorder.
J'ai l'honneur d’être} etc.” Les sauvages écrivirent encore au gouverneur une troisième
lettre moins importante, au sujet des troubles de Montréal ; ils l’assuraient de leur reconnaissance et de leur fidélité. Nous crain-
drions, en la citant, de fatiguer nos lecteurs.
A cette double pétition des sauvages et de l’évêque le gouvernement fit la réponse suivante :
BUREAU DES TERRES DE LA COURONNE, MONTRÉAL, le 17 août 1840.