‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 163 sur 275 · SAINT-ANTOINE DE PADOUE DE PERKINS’ MILLS.—(AUTREFOIS LA BLANCHE · texte numérisé non relu

SAINT-ANTOINE DE PADOUE DE PERKINS’ MILLS.—(AUTREFOIS LA BLANCHE

AN 2Y! OUS avons vu que le voyage de Mgr. Guigues dans © cette mission, en 1849, avait eu pour résultat de décider les catholiques à construire immédiatement une chapelle. Les travaux, néanmoins, ne furent pas { sitôt commencés. Deux ans plus tard (6 février 1851) l’évêque de Bytown, sur l'invitation de M. Perkins, se rendit de nouveau à la Blanche et présida une assemblée dans laquelle furent adoptées les résolutions suivantes :

1° Il sera construit une chapelle en bois de 48 pieds de long sur 30 de large et 18 de haut.

2° Cette chapelle sera élevée sur le terrain de M. Smart, au détour du chemin du roi.

3 M. Collins promet cinq arpents de terre et M. Smart trois, . à la corporation épiscopale.

4° Les travaux de construction de la chapelle ayant été estimés, d’après un devis, à 150 louis, M. Perkins en prend généreusement la charge sans réciamer des habitants plus de 30 louis ‘qu’ils lui paieraient, soit en argent, soit en grain, soit en travail.

5 MM. Joseph Trudelle, Bernard Brady et François Charron se portent caution pour cette somme à la satisfaction de M. Perkins qui va se mettre à l’œuvre sans plus tarder.

Fait à la Blanche le 5 février 1851.

Signé :— ÉVÊQUE DE Byrowx.

Comme on le voit, M. Perkins avait fait des promesses fort généreuses. Il estima sans doute qu’on ne pouvait pas raisonnablement lui demander davantage et l'engagement qu'il avait prit devint, à ses yeux, lettre morte. Il commença à bâtir, ou à faire bâtir, sur un terrain qui appartenait à l’évêque, mais il prétendit ensuite exiger le prix de son travail. C'est, du moins, ce que nous inférons des notes suivantes de Mgr. Guigues ; —‘* La Blanche, 1855.—La chapelle de cette mission a été commencée, en principe, en 1849, sur la demande de M. Perkins. Ce monsieur s'était engagé à l’élever et à la rendre digne du culte si les habitants souscrivaient pour la somme de 30 louis. Il espérait quêter le reste dans les chantiers. Les habitants ont tenu leur promesse, mais M. Perkins n’a pas tenu la sienne. Cette chapelle n’est point encore ouverte au public. Le demi lot (100 arpents) sur lequel elle est construite a été acheté au gouvernement. Les deux premiers paiements ont été faits au nom de la corporation épiscopale. Lorsque le troisième et dernier paiement sera effectué, je consulterai un avocat pour savoir s’il reste quelques droits à M. Perkins sur cette chapelle.”

Le 2 mars 1857, l’évêque d'Ottawa, accompagné de M. Ginguet, curé de la Gatineau, fit enfin la bénédiction solennelle de l’église de Perkins qu’il dédia sous le vocable de Saint-Antoine de Padoue. La cérémonie eut lieu dans l'après-midi, et le lendemain l'évêque célébra la première messe dans le nouveau temple, encore rudimentaire, distribua la communion à une cinquantaine de fidèles et administra la communion à quelques-uns. Voici er quels termes il rendait compte de l’état des affaires à cette époque :

‘{ J'ai béni la petite chapelle élevée sur le demi lot que j'ai acquis du gouvernement. Les habitants ont payé M. Hurtubise qui en avait fait le travail. M. Perkins réclame le remboursement des sommes qu'il prétend avoir avancées, mais comme les catholiques ont rempli les engagements qu'ils avaient contractés devant moi, et qu’ils ont payé leurs trente louis, j'ai cru ne pas devoir céder à ces réclamations, et j'ai appelé son agent à l’erdre.”

L'évêque ajoutait : ‘‘ Toutes les terres ici, appartiennent aux bourgeois de chantiers qui les vendent fort cher, malgré les grosses

pertes occasionnés par les montagnes. La colonisation n’y sera point facile. Cette mission devra être attachée à l’Ange-Gardien.”

À partir de cette époque, cette partie du pays qui avait jusqu’alors été visitée par les PP. oblats de Maniwaki, passa sous la juridiction du curé de la Gatineau, M. Ginguet.

Lorsque, en 1861, M. Chaine fut nommé premier curé de Saint-Joseph d'Orléans, il fut chargé en même temps des deux missions de l’Ange-Gardien et de Perkin’s Mills. C’est lui qui, en 1862, construisit un petit presbytère à côte de la chapelle.

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