LES MISSIONS PARMI LES COLONS DE L'OTTAWA, DE 1836 À
Comme nous avons vu, Montebello, appelé alors Notre-Dame de Bonsecours de la seigneurie de la Petite Nation, fut pendant de longues années la résidence du missionnaire de la vallée de l’'Ottawa. Il rayonnait de là un peu partout, et sa vie était une série ininterrompue de longs et pénibles voyages. Après M. Roupe qui, le premier, en 1828, visita les catholiques de la vallée, M. Paisley s'illustra dans ce saint ministère. Nous retrouvons ses traces un peu partout, à Buckingham, à Bytown, sur les bords de la Gatineau. En avril 1820, Mgr. MacDonnell, évêque de Kingston, écrivait à l’évêque de Québec de vouloir bien permettte au Père Paisley de dire une messe en Haut-Canada une fois sur trois dimanche, ‘‘ every third sunday.” Après lui, nous voyons M. Moore visiter et desservir l’Orignal.
En 1836, Mgr. Lartigue voulut faire de l’œuvre des missions de l’Ottawa et des cantons du nord, qui commenÇaient à se peupler, une véritable institution. 11 donna aux jeunes prêtres qu’il envoya là pour y passer le temps de leur vicariat, le titre de missionnaires ambulants de la vallée de l’Ottawa, et leur écrivit des instructions sur leur manière de vivre et de se conduire, si belles et si apostoliques que nous regrettons de ne pouvoir, faute d'espace, les reproduire ici. Leur seul défaut serait, peut-être, d’être trop précises et trop minutieuses, comme si des missionnaires pouvaient observer un règlement avec la même fidélité que feraient des séminaristes. Ils devaient aller deux ensemble, et faire autant que possible, leurs exercices en commun. Ils avaient leur résidence permanente à Bonsecours où ils venaient se reposer de leurs fatigues.
Quels furent les premiers prêtres qui méritèrent, à proprement parler, ce nom de missionnaires ambulants de la vallée de l’Ottawa ?
On l’a donné, paraît-il, à M. Brunet, 1835-1838. MM. Dolan, Brady et Bourassa le portèrent à meilleur titre, car c'est à eux que revient la gloire de l’évangélisation systématique de notre vallée.
Leurs ressources étaient précaires; elles dépendaient, en partie des aumônes de la Propagation de la Foi. En effet, par mandement du 18 avril 1838, Mgr. Lartigue avait établi à Montréal cette admirable association, en union avec celle de Lyon.
‘ Malgré des difficultés nombreuses, disait le saint prélat, et particulièrement malgré le manque de dotation pour notre évêché, nous avons envoyé depuis le commencement de notre épiscopat, plusieurs missionnaires dans les parties de ce diocèse où les catholiques éloignés ne pouvaient, faute de moyens, pourvoir aux besoins de prêtres résidents, à l'érection d’églises et aux autres nécessités du culte. Depuis deux ans, surtout, nous avons surtout adressé aux sauvages infidèles du lac Témiscamingue et à d’autres tributs isolées et barbares, des prêtres courageux et zélés lesquels ont converti à la vraie foi plusieurs de ces infortunés....” Et il terminait par un chaleureux appel à la générosité des fidèles.
Mais avant d'étudier les travaux de nos premiers missionnaires, il convient, pour plus de clarté, de faire en quelques lignes, l'historique des premières paroisses de la partie nord de la vallée de l’Ottawa, c’est-à-dire de Grenville, de Buckingham et d’Aylmer, comme nous l’avons déjà fait pour Montebello, L’Orignal et Richmond. C’est l’unique moyen de guider le lecteur à travers des notions qui risqueraient, autrement, de devenir trop confuses.