‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 4)Chapitre 98 sur 193 · LE HAUT DE LA GATINEAU ET LA LIÈVRE EN · texte numérisé non relu

LE HAUT DE LA GATINEAU ET LA LIÈVRE EN

Les paroisses de Cantley, de Martindale, du lac Sainte-Marie, de Gracefield et de Bouchette, sur la Gatineau ; de Notre-Dame du Laus, de la Garde et de la Sallette, sur la Lièvre, n'appartiennent pas, en tant que paroisses, à la décade de 1851-1861. Aussi, pour ne pas morceler notre récit, nous renvoyons l'histoire de leurs origines à plus tard. Néanmoins, comme la colonisation se portait déjà avec empressement vers le nord, et comme on y voyait sur divers points des commencements de chapelles et de villages, le lecteur nous saura gré de lui faire lire ici le récit du premier voyage de Mgr. Guigues en ces régions. L'évêque de Bytown fit tout en son pouvoir pour favoriser la colonisation de la Gatineau. Pendant que ses missionnaires, le Père Déléage surtout, publiaient des rapports détaillés sur l'état des terres et l'avenir agricole de cette vallée, il faisait lui-même, auprès du gouvernement, des démarches pour hâter l'arpentage du pays, et l'ouverture des cantons. S'installer sur une terre du gouvernement, au hasard, sans bornage, sans chemins, sans titre de propriété, est toujours une chose risquée et dangereuse. Aussi les colons se plaignaient-ils amèrement des retards et des lenteurs que l'on mettait à l'arpentage. Le gouvernement, de son côté, prétendait bien ne pas se charger des frais de mesutage, qui sont fort lourds, et qui incombent aux colons, comme le marque expressément leur titre de propriété. Il consentait, sans doute, à faire les avances aux arpenteurs, mais à condition d'être remboursé par les fermiers, et il exigeait de ceux-ci une caution. Telle était la difficulté. Dans cet embarras, les colons de la Gatineau se réunirent en assemblée, et, après avoir délibéré, ils ne trouvèrent point d'autre issue que de venir supplier Mgr. Guigues, leur père et le président de la

société de colonisation, de se présenter comme leur agent responsable auprès de l'Etat, Mgr. ne leur refusa pas son aide, et le gouvernement, de son côté, acceptant son intervention, donna des ordres pour qu'on procédât promptement aux délimitations officielles demandées (lo août 1849).

Voici maintenant le récit du voyage dont il s'agit ; nous le recommandons au lecteur, comme un chef-d'œuvre du genre.

RELATION DE LA VISITE DE MGR. GUIGUES SUR LES RIVIÈRES GATI- NEAU ET DU LIÈVRE, AU COMMEN'CEMENT DE 1849.

" J'avais projeté depuis quelques mois de faire la visite des missions qui sont sur la rivière Gatineau et sur la rivière aux Lièvres, bien convaincu que, quelque soit l'exactitude des renseignements fournis par les missionnaires, je me formerais une idée encore plus juste de ces populations qui sont répandues dans mon immense diocèse. Au reste, il me tardait de voir cette portion pauvre et abandonnée de mon troupeau ; et, tout en remplissant mon devoir, de me livrer à des occupations qui s'allient si bien avec la fin que doit se proposer un évêque missionnaire.

" C'est accompagné du père Clément et de M. Ginguet, curé de la Gatineau, dont l'un partait pour la mission des chantiers et l'autre pour la mission ordinaire d'hiver au lac Ste-Marie et k la Visitation, que j'ai entrepris ma course apostolique. Je passai â la Pêche et à Wakefield sans m'arrêter, résolu de le faire plus tard, et j'appris que de nouveaux habitants^ à peu près tous irlandais, s'établissaient dans ce canton dont le terrain est moins avantageux qu'à Chelsea. Cependant, on croit que sous peu cette mission pourra soutenir un prêtre."

" Le canton que nous traversâmes ensuite, Low, jouit d'un meilleur terrain occupé en grande partie par des écossais, mais trop éloigné de Chelsea pour recevoir les secours de notre religion. Il est bien à craindre que si la présence du prêtre ne s'y fait pas sentir, les catholiques ne l'abandonnent aux protestants.

" Déjà nous avions passé outre quand la nuit vint nous surprendre et nous avertir de chercher un abri. Notre hôte fut un protestant qui nous parut fort tolérant. Il nous offrit ce qu'il

avait de meilleur : c'était un morceau de lard, du thé sans sucre et rien de plus. Après ce repas frugal, nous étendîmes sur le plancher les fourrures de nos carrioles, et malgré la dureté de notre couche et le vent qui pénétrait dans la chaumière, le sommeil ne se fit pas longtemps attendre.

" Le lendemain, à notre réveil, n'ayant point à nous occuper de notre toilette, nous nous mîmes immédiatement en route. Rochers, vallons, neige, glace et froid de 25 degrés réaumur, tout semblait ajouter à la rigueur de ce voyage, qu'une rencontre heureuse pour un missionnaire vint bientôt adoucir. Une femme irlandaise, privée de tout secours religieux, se mourait dans une pauvre cabane, et j'eus la consolation de la confesser, de la confirmer, de lui donner l'extrême-onction et de baptiser son enfant.

" Quelques heures après, nous arrivâmes au lac qui porte le doux nom de Marie ; ce fut notre première station. 14 familles canadiennes y sont établies, toutes très pauvres, excepté celle où se retire ordinairement le missionnaire. Malheureusemet, je ne puis choisir cette demeure. Nous nous retirâmes donc chez un autre habitant qui est tout près de l'église, et j'avoue que quand j'entrai dans sa maison composée d'un seul appartement de 20 pieds carrés et habité par deux ménages dont chacun de cinq enfants, et qu'à ce nombre il fallait ajouter l'évêque, deux missionnaires et deux hommes qui nous accompagnaient, j'éprouv^ai un mouvement de surprise et d'hésitation. Mais bientôt je m'aguerris, car c'est au combat que l'on devient brave. Nous commençâmes ensuite nos exercices dans une chapelle ouverte à tous les vents, et malgré un grand poêle bien chauffé, le vin gelait ainsi que l'eau qu'on nous servait au lavabo, en tombant de nos mains. Il eut été facile de réparer cette chapelle si le démon de la discorde n'avait point exercé ses ravages au milieu de ces pauvres habitants. Un banc qui dominait les autres et quelques pieds de terre dans un pays où on les compte par milliers avaient suffi pour engendrer une funeste mésintelligence et leur faire oublier les pieuses pratiques que, à la recommandation du missionnaire, ils avaient jusque là fidèlement observées le dimanche en se réunissant tous ensemble

dans la chapelle. Notre arrivée ramena parmi eux le calme, et après leur avoir représenté la petitesse de leurs motifs de division, nous les confessâmes, confirmâmes et reçûmes dans la société de tempérance. Puis je nommai des syndics pour vendre les bancs et pour faire réparer la chapelle.

" M. Naud fit un don, sous seing- privé, de deux arpents de terre à la chapelle et au missionnaire ; et ayant acheté de plus le travail qu'un homme avait fait sur une terre d'une centaine d'arpents, il la donna pareillement à l'évêque, sous seing privé, pour l'usage du prêtre catholique.

" Je laissai ces habitants pénétrés de sentiments de charité, d'union, du désir de bien faire, et résolus de venir tous les dimanches à la chapells accomplir leurs devoirs religieux.

" Après y avoir consacré deux jours aux exercices de la mission, nous partîmes pour la Visitation (Gracefield). Pendant notre trajet de six heures, nous nous aperçûmes que le terrain devenait meilleur. Le bois est de bonne qualité, les chemins sont unis ; ce qui nous fit croire qu'il serait facile d'y établir un grand nombre de familles catholiques.

" La chapelle de la Visitation est placée sur la Gatineau, en haut d'une petite élévation. Après y avoir adoré le Dieu né à Bethléem, nous nous retirâmes chez M. Ethier qui, le premier, a eu le courage de s'établir dans ces lieux. Il a maintenant un propriété considérable, qu'il a achetée par beaucoup de peines. Il nous disait lui-même que, dans les commencements, il était resté trois jours sans manger. Aujourd'hui une soixantaine de familles, toutes placées à une distance plus ou moins considérable dépendent de cette mission. Nos Pères des chantiers y ont laissé des traces heureuses de leur passage. Presque tous étaient de la tempérance ; et l'esprit de foi et de simplicité qui anime cette population est dû, en partie, aux zélés ouvriers qui y ont travaillé.

" La chapelle y était encore en assez maux'ais état, à la suite des divisions qui, comme à Sainte-Marie, avaient éclaté au milieu de ces pauvres habitants. Ah ! combien la présence d'un prêtre est nécessaire ! Car sans lui que deviennent les écoles, les cha-

pelles, et tout ce qui civilise ces peuples qui, perdus dans les bois, sont condamnés par là à une éternelle enfance ?

*' Sur mes représentations, les habitants nommèrent trois syndics d'école, dans le but d'obtenir quelques secours du g-ouvernement pour restaurer la chapelle qui servirait en même temps de maison d'école. M. Ethier fit par écrit la promesse de donner quatre arpents de terre à la chapelle, et je chargeai les syndics de faire contribuer les habitants à sa réparation.

" Après trois jours passés à la Visitation, nous nous dirigeâmes vers la réserve aux Déserts. A deux heures de la Visitation, on me désigna une place très convenable pour une chapelle (Bouchette); et comme c'était un point bien central, j'engageai ceux qui m'en parlèrent à prendre possession d'un lot de terre de 200 arpents, ce qui, dès lors, serait pour l'évêque un motif d'approuver leur plan. Nous prîmes notre logement chez un bon habitant qui nous reçut avec toute la joie et l'empressement d'un catholique. Dieu le récompensa de l'hospitalité qu'il nous offrit. Il était malade à notre arrivée, et le lendemain il avait la force de nous accompagner dans nos excursions qui se prolongèrent pendant trois jours. Ce fut en sa compagnie que nous partîmes pour aller visiter le terrain que j'ai demandé au gouvernement pour former un établissement de sauvages. Nous fîmes neuf lieues sur la rivière Gatineau pour nous rendre au poste de la Compagnie. Cette terre est entièrement couverte de bois, mais d'un bois magnifique. Le terrain est presque partout uni. Des colons nombreux viendront un jour s'y établir et y formeront des habitations aussi belles et aussi riches que dans n'importe quelle autre partie de la province. Le poste est situé dans une position magnifique (Maniwaki). La rivière Gatineau se déploie devant lui puis prend son cours à droite. La rivière des Déserts vient la joindre près du poste et ajoute à la beauté de cette position. Les sauvages, qui avaient été prévenus nous reçurent avec tous les honneurs que nous pouvions attendre d'ex ; ce furent eux qui nous préparèrent la nourriture et qui nous servirent. Le bon chef sauvage nous exprima, de leur part, et plusieurs fois, le bonheur et la joie que notre visite leur faisait éprouver. Le père Clément entendit leurs confessions en sau-

vag-e. J'entendis celles de quelques canadiens et irlandais des chantiers qui s'y étaient rendus, distribuai, le lendemain, les cendres à tous, et donnai la confirmation à quelques-uns. Puis nous partîmes avec les mêmes honneurs qui nous avaient été rendus à notre arrivée.

" L'étendard était déployé, les coups de fusils se faisaient entendre, les cris de joie et les démonstrations extérieures des sauvages nous disaient leur bonheur et leur joie. J'emportai avec moi une pétition, écrite de leurs mains, et signée par eux sur de l'écorce de bouleau, pour la présenter à la lég-islature, afin de demander encore plus fortement que le terrain qu'ils réclamaient leur fût accordé, et qu'il leur fût permis de coloniser et de cultiver une place que le manque de pêche et de chasse leur rend indispensable pour leur subsistance. Nous traversâmes, en revenant, d'un bout à l'autre, cette belle terre. Elle a environ 6 lieues d'étendue, sur la Gatineau, et trois ou quatre lieues dans les profondeurs. Elle est placée entre les rivières de la Gatineau, du Désert et de l'Aigle. Le terrain est g'énéralement uni et de très bonne qualité. Si nous sommes assez heureux pour obtenir cette concession de la part du gouvernement, nous aurons une des plus belles positions imaginables pour réunir les sauvag^es, leur apprendre à travailler et défricher la terre ; et nos missionnaires y trouveront ample occasion d'exercer leur zèle apostolique. Une quinzaine de familles y était déjà réunie, et avait profité de tous les secours religieux que nous avons été heureux de leur distribuer. Le soir, nous étions de retour chez notre conducteur, où nous dîmes la messe, confessâmes et confirmâmes quelques personnes. Mon voyage sur la Gatineau était terminé.

" Je me dirigeai, le lendemain, vers la rivière aux Lièvres, par le grand lac des 31 milles, et nous prîmes notre logement au poste de la compagnie, qui est situé sur le lac des Sables. Nous eûmes à traverser, pour y aller, six lieues du plus mauvais terrain que nous eussions encore eu à parcourir. Je ne pense pas qu'il soit jamais possible de former, dans cet endroit, une mission qui soit tant soit peu considérable. Au poste, nous commençâmes à sentir le pays civilisé dont nous nous rapprochions. La bonne dame avait préparé dans sa maison une chapelle, les mets y étaient

un peu plus délicats ; mais notre bon frère Peter les trouvait trop spirituels.* Il y avait des délicatesses, il est vrai, mais comme quelque chose devait toujours manquer dans ce voyage, il n'y avait que très peu de substantiel, en sorte que le pauvre Pierre, pour apaiser sa faim, eut besoin de recourir à sa besace. Quant à nous, le travail nous faisait oublier le jeûne, et ce qu'il y avait de trop spirituel dans la nourriture. Cette place nous parut convenable pour une chapelle. Je dis aux habitants de prendre possession d'une terre de 200 arpents pour l'usagée du missionnaire. Un des habitants nous fit don du travail qu'il avait fait dessus. Je fis nommer trois commissaires d'école pour obtenir, s'il était possible, quelques secours du gouvernement, pour bâtir la chapelle et l'école et pour encourager les habitants à continuer à défricher le terrain de l'église. (L'église a été construite à cinq milles plus bas. C'est Notre-Dame du Laus).

" Nous nous rendîmes, de là, chez M. Foubert, à six lieues endessous, sur la rivière aux Lièvres (Notre-Dame de la Garde) où nous donnâmes les exercices de la mission. Je les encourageai à prendre possession d'un terrain convenable, situé près de la maison de M. Foubert, pour bâtir une chapelle, et pour le prêtre catholique. Je nommai des commissaires, ainsi que je l'avais fait au poste, et me rendis, le lendemain, à Buckingham, chez M. le curé. (II ne s'arrêta pas au village actuel de la Salette, qui est récent). J'y passai le dimanche matin. J'allai, le soir, commencer encore une petite mission sur la rivière Blanche, entre la Gatineau et Buckingham (Perkin's Mills).

"Rien ne paraissait, au commencement, devoir m'encourager à parler d'une chapelle dont je sentais, pourtant, la nécessité, car j'espère que, sous peu d'années, le nombre d'habitants y sera assez considérable pour y former une mission. Les exercices et la grâce de Dieu eurent bientôt applani les difficultés. Les fidèles acceptèrent le lendemain, avec empressement la proposition que je leur fis de bâtir une chapelle. Un catholique donna trois arpents de terre pour cet objet, un autre en a promis trois autres, et M.

* Peter Brady, frère convers oblat, compagrion de Monseigneur.

Perkins, propriétaire d'un moulin à scie et à farine, m'a offert une terre dont il avait déjà défriché une quinzaine d'arpents,

" Il m'a promis, de plus, de donner 25 à 50 louis de bois, pour la construction de la chapelle. Ces offres ont grandement encouragée la population, et ils m'ont promis de mettre de suite la main à l'œuvre. Tout semble donc offrir, tant à la rivière Blanche, que dans les autres localités où j'ai marqué des chapelles, l'espoir qu'elles arriveront à bon terme. Mais je ne dissimule point que la présence du prêtre pouriait seule en donner l'assurance; carie peuple est enfant, et quand il n'a plus la main qui le pousse, il retombe dans sa faiblesse.

" Le lendemain, au soir, j'étais rentré à Bytown, après quinze jours d'absence.

"J'ai pu remarquer, dans ce voyage, que tous les territoires situés sur la rivière aux Lièvres et sur la Gatineau, offrent sous tous les rapports, de g-randes difficultés à la colonisation. Le terrain est montagneux, beaucoup de terres sont arides, les communications sont bien difficiles ; il n'y a encore que peu de moulins, et le prêtre y apparaît très rarement. Mais j'ai pu remarquer, d'autre part, que sous bien des rapport, il était à désirer et possible de coloniser ces lieux, plus aisément que beaucoup d'autres, les chantiers qui y sont établis donnant la facilité de vendre l'avoine et les légumes à un très haut prix. Les habitants peuvent faire des billots pendant l'hiver, et les vendre. Les catholiques y sont dans une position heureuse pour leur foi, car ils sont éloignés du contact des villes et des protestants ; ils y vivent indépendants sur la rivière et sur leurs terres. Déjà des centres de populations y sont formés, des chapelles vont bientôt s'y trouver érigées, et le prêtre ranimera tout, par sa parole, ses exemples et l'influence extraordinaire qu'il exerce.

"Mais ce que j'ai pu remarquer mieux encore, c'est le bien immense que l'on peut faire au milieu de ces populations. Ma visite a été vraiment une visite de missionnaire, ou, si l'on aime mieux, d'évêque missionnaire. Visiter les malades sur la route et leur donner les consolations de la religion ; baptiser un grand nombre d'enfants ; prêcher souvent, quatre ou cinq fois dans la

journée ; confesser des personnes qui presque toutes venaient de loin, et un grand nombre de très loin ; bénir des populations toujours heureuses de voir un prêtre, mais mille fois plus heureuses de voir l'évêque qui les visite : tels sont quelques-uns des biens que cette apparition a dû produire. J'ai, par là, acquis une connaissance entière de ces localités, confirmé i6o personnes ; fait communier plus de 600 ; reçu dans la société de tempérance 250 ; marqué la place de cinq chapelles. Ce peuple que l'éloignement du prêtre rendait étranger à bien des pratiques religieuses, a senti sa foi renaître, et s'est résolu à embrasser ces pratiques, dont on lui ont a fait sentir toute l'importance. Un juste sentiment de confiance a pénétré dans son cœur, car il ne se croit plus abandonné comme auparavant ; il bannit le découragement, prend espoir dans son appui naturel, l'évêque, et s'attache à la terre.

"Quant à l'évêque, il fait reprendre à la religion son rôle légitime, qui est de tracer la voie et de diriger le mouvement, poussant les peuples au bonheur éternel, tout en leur procurant les avantages naturels attachés à une vie chrétienne, laborieuse et frugale.

"Mais on ne peut se le dissimuler, l'œuvre n'est encore qu'ébauchée. Pour la faire avancer il faut nécessairement la présence d'un prêtre afin de fortifier les catholiques déjà établis sur ces terres, et surtout afin d'en attirer d'autres, car le canadien ne se résigne à quitter sa terre et sa famille que lorsqu'il peut s'abriter au pied de la croix et de la chapelle : heureux sentiment qu'il convient d'entretenir."

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