‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 149 sur 277 · NOTRE-DAME-DES-NEIGES DE MASSON · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME-DES-NEIGES DE MASSON

La rivière du Lièvre a été consacrée par le Rév. M. Michel à la Vierge Marie et toutes les paroisses établies sur ses bords, moins une, portent le doux nom de la Mère de Dieu. En faisant l'histoire de ces paroisses nous nous proposons de décrire succinctement la vallée peu connue de cette pittoresque rivière.

La Lièvre se jette dans l'Ottawa par un estuaire large et profond appelé le Bassin de la Lièvre où remontent aisément les bateaux à vapeur. Cette facilité de navigation a fait la fortune de Masson. En effet, les deux grandes scieries des compagnies McLaren et Ross, de Buckingham, profitant de la pente rapide du terrain, ont construit deux petits canaux en bois appelés slides^ longs de quatre milles par lesquels les planches et les madriers sont flottés rapidement et presque sans frais jusque sur les bords du Bassin d'où les barges les transportent à Montréal et aux Etats-Unis. Les vastes cours de bois du Bassin donnent donc de l'emploi à un certain nombre d'ouvriers pendant toute la saison d'été. De là l'origine du village de Masson.

Dès 1885, il se fit un mouvement à l'effet d'ériger ce village,

qui commençait à prendre de l'importance, en mission séparée de

Buckingham et de l'Ange-Gardien. Après bien des difficultés qu'il

serait oiseux de raconter ici, un comité de citoyens fut formé,

composé comme suit :

G. D. A. Dugal, président.

S. Désormeaux, secrétaire. •

Calixte Daoust, James McPeake,

Séraphin Larose, Pierre Gosselin,

Etienne Lapointe, Félix Chenier,

Odilon Daoust, Louis Landry,

Jacques Daoust, Albert Foubert,

Célestin Rousson, Patrick Kelly,

J. B. Boileau.

Ces hommes et leurs concitoyens, déployant un dévouement

vraiment extraordinaire, puisque à cette époque ils étaient obligés

de payer des taxes, les uns pour le presbytère de l'Ange-Gardien,

las autres pour l'église de Buckingham, se mirent à recueillir des

fonds pour se bâtir une église.

En avril 1887, ils achetèrent d'un M. Jamesson deux arpents

au prix de $200 l'arpent pour l'emplacement de l'église et du

presbytère. Le 15 mai suivant, le comité réuni approuva le plan

d'église proposé par l'entrepreneur Fauteux.

Ce ne fut, toutefois, qu'un an plus tard (15 septembre 1888)

que, toutes les difficultés étant levées, Mgr. l'archevêque donna à

M. Fauteux le contrat de l'église pour la somme de $2950. Dès

lors, les travaux furent poussés avec une grande activité et dans

l'espace de dix-huit mois, église, sacristie et presbytère furent

construits.* L'église et le presbytère sont en bois, peu riches

assurément, mais suffisants et convenables.

Monseigneur voyant l'extrême bonne volonté de ces gens,

leur donna un curé résidant dans la persoime du Rév. M. Mangin,

alors curé d'Hartwell (11 août 1889).

* Le presbytère et la sacristie furent construits par les soins de M. Mang-in, aussitôt après son arrivée. Le presbytère a coûté seize cents piastres.

M. A. L. Mangin dit sa première messe dans la nouvelle église le 25 août. Ce ne fut toutefois que le 29 septembre suivant que monseigneur en fit la bénédiction solennelle comme en fait foi l'acte ci-dessous :

"Le 29 septembre 1889, Sa Grandeur Mgr. l'archevêque d'Ottawa est venue bénir la nouvelle église construite au Bassin de la Lièvre, canton de Buckingham. Cette église est une construction en bois de quatre-vingt-dix pieds de longueur sur quarante-quatre de largeur avec deux petites sacristies intérieures, une de chaque côté du maître-autel. Sa Grandeur donna pour titre à la nouvelle église celui de Notre-Dame-des-Neiges, dont la fête se célèbre le 5 août." Suivent les signatures de monseigneur, des RR. MM. Campeau, Michel, Langlais et Mangin et d'un grand nombre de fidèles.

L'année suivante (13 juin 1890) M. Mangin érigea dans l'église les stations du chemin de la croix.

Depuis cette date, la nouvelle paroisse de Masson n'a point cessé de prospérer. Située sur le chemin du Pacifique, à la station où descendent les voyageurs de Buckingham, possédant de magnifiques pouvoirs d'eau sur lesquels sont déjà construites quelques usines et où d'autres, vraisemblablement, ne tarderont point à s'élever ; elle a toutes les chances de devenir à bref délai une petite ville ouvrière, et elle compte déjà deux cent quinze familles dont dix-huit seulement sont irlandaises. Trois écoles existent dans la paroisse.

Plusieurs missions ou retraites y ont été successivement prêchées : -

Par le Rév. Père Hamon, jésuite, septembre 1890. Par le Rév. Père Alexis, capucin, juin 1892. Par les RR. PP. Moïse et Alexis, capucins, juin 1895. Plusieurs sociétés ou confréries y sont également établies : La ligue du Sacré-Cœur.

Les Enfants-de-Marie. "î

Le Tiers-Ordre de Saint-François.

Le dévoué curé de Masson a fondé dernièrement une congrégation de religieuses : les Servantes de Jésus-Marie, dont il est le

directeur. C'est dans cette communauté qu'il vient de se retirer avec l'intention de lui consacrer toutes ses forces et toute son énerg-ie. Son successeur à Masson (6 octobre 1896) est le Rév. M. Richer, ancien curé de la Salette.

M. Mang-in a eu plusieurs vicaires :

M. Anthyme Constantineau, qui le remplaça pendant un voyag-e en France, 27 octobre 1890-27 avril 1891. M. Brunette, 4 avril-i8 mai 1894.

M. Alex. Pelletier, 19 mai 1894-mars 1895. M. Corbeil, 5 avril-juin 1895.

M. Routhier, juin 1895-29 septembre 1896.

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