‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 172 sur 277 · ORPHELINAT DE NOTRE-DAME DE MONTFORT · texte numérisé non relu

ORPHELINAT DE NOTRE-DAME DE MONTFORT

La fondation de l'orphelinat agricole de Montfort remonte à l'année 1882 et doit être attribué au Rév. M. Rousselot, C. S. S., curé de Saint-Jacques, secondé par quelques généreux chrétiens tels que MM. François Froideveau, Edouard Lafleur, F.-X. Montmarquet, etc., tous citoyens de la ville de Montréal.

Ces messieurs, guidés moins sans doute par la prudence humaine que par une secrète impulsion de la Providence, eurent l'idée de choisir, dans un pays où les terres fertiles abondent, un lieu à 12 milles du village de Saint-Sauveur et à cinq milles de tout pays habité, situé en pleine forêt et en pleine montagne, absolument impropre à la culture, pour y poser le fondement de leur orphelinat agricole. Dieu qui sait qu'un établissement de ce genre ne peut jamais se suffire à lui-même, voulait exciter, par le spectacle de cette solitude désolée, la charité des catholiques de Montréal, seuls capables de soutenir cette admirable entreprise.

Mais c'était peu de commencer, il fallait vivre. M. Rousselot, chargé de trouver des religieux qui acceptassent la

direction de son œuvre, songea aux enfants du bienheureux de Montfort, aux Pères de la compagnie de Marie et aux sœurs de la Sagesse, fondés au commencement du XVI Ile siècle par ce glorieux missionnaire.

Le Rév. Père Pierre Fleurance, accompagné du frère Hugolin, arriva de France le 15 mai 1883, et après avoir examiné les lieux et étudié l'entreprise, il accepta au nom de sa congrégation d'en prendre la direction.

Trois mois plus tard (25 août 1883) le Rév. Père Armand Bouchet, suivi de cinq frères convers, débarquait à son tour. Enfin le 17 septembre 1883, Mgr. Duhamel, évêque d'Ottawa, venait en personne installer ces bons^religieux dans leur orphelinat.

Ce même jour, les trois premiers orphelins arrivèrent à Montfort.

Les religieux de la compagnie de Marie furent incorporés en Canada par acte du parlement de Québec en date du 10 juin 1884.

Le but de l'œuvre de Notre-Dame de Montfort était de recueillir les enfants orphelins, de leur enseigner la religion, de leur donner une instruction convenable à leur état "et plus tard de les former à l'agriculture pratique pour les établir, autant que possible, dans les cantons du Nord. Les garçons seuls sont admis.

Comme les enfants pour la plupart, devaient arriver à l'âge le plus tendre, l'administration intérieure de la maison devait être nécessairement remise aux mains des religieuses.

Le 29 septembre 1884, sept sœurs de la Sagesse arrivèrent donc à Montfort pour prendre charge du matériel de la maison et des petits orphelins.

Cette année 1884, on commença à sentir le besoin d'agrandir la maison ; une seconde aile fut construite. Elle devint à son tour promptement insuffisante. En 1887, on ajouta à l'édifice une troisième aile. Enfin, en 1891, une chapelle fut bâtie. Cette chapelle est fort belle. Tout le bas est réservé au personnel de l'orphelinat ; les galeries qui sont vastes, servent pour les catholiques de la paroisse.

Aujourd'hui, l'orphelinat de Montfort, bâti petitement et sans plan d'ensemble, est décidément devenu insuffisant et doit être

remplacé à bref délai par un édifice plus grandiose et mieux adapté à son objet. La façade actuelle a 226 pieds, une des ailes en a 84 et la troisième 60.

Pendant trois années la maison resta stationnaire avec 37 orphelins ; ce fut l'âge critique de son existence. Enfin, en 1887, on se décida à bâtir, comme nous avons dit, et les enfants affluèrent. On en compte actuellement (1896) trois cent cinquante dans les deux maisons de Montfort et d'Arundel.

Le recrutement des enfants provient de trois sources diff"érentes : les uns sont envoyés par le gouvernement provincial ; les autres par les municipalités et surtout par Montréal ; d'autres enfin sont reçus par charité ou sont confiés à la maison par des bienfaiteurs. Une pension annuelle est payée pour les enfants des deux premières catégories.

Ces enfants ne sont point des condamnés aux écoles de réforme ; ce sont de petits orphelins ou de petits abandonnés, matériellement ou moralement.

Par un acte passé en février 1886 entre le gouvernement provincial et les religieux directeurs de l'orphelinat, il est réglé que les petits garçons orphelins ou protégés du district de Montréal, seront confiés à la direction des dits religieux jusqu'à ce que ces enfants soient arrivés à l'âge de 13 ans, et si à cet âge, il ne se trouve ni parents ni tuteurs dignes auxquels ils puissent être remis, ils resteront sous la tutelle des directeurs de l'orphelinat jusqu'à leur majorité. Il en sera de même pour les autres enfants qui seraient placés dans cet asile par des personnes privées.

Ces enfants sont heureux à l'orphelinat et ne le quittent qu'à regret. Ils donnent à leur directeurs et à leurs directrices les plus grandes consolations. Telle est l'œuvre admirable connue sous le nom d'orphelinat de Montfort.

Le Rév. Père Fleurance, premier supérieur de Montfort^ étant parti (septembre 1887) pour fonder la maison de Notre-Dame de Lourdes, près d'Ottawa, fut remplacé dans sa charge de supérieur par le Rév. Père Bouchet. Ce dernier a toujours conservé depuis cette charge qu'il exerce avec un talent auquel tout le monde rend hommage.

Voici la liste des divers religieux qui se sont succédés à Montfort :

RR. PP. P. Fleurance, 19 mai 1883-septembre 1887, parti pour

Notre-Dame de Lourdes.

A. Bouchet, 25 août 1883.

Th. Joubert, 1884-septembre 1887, parti pour

Arundel.

Ath. Cesbron, 1887-1890, parti pour Arundel. Henry Gôry, 1888-1890, parti pour Notre-Dame de

Lourdes.

P. Cesbron, 25 août 1890-1891, parti pour Arundel. J. M. Gapihan, 1891-1895, rentré en France. L. Vallais, 1895.

Le personnel de Montfort se compose actuellement de trois Pères : RR. PP. Armand Bouchet, supérieur, Louis Vallais et Casteix, assistants ; de 7 frères convers et de 22 relig-ieuses des sœurs de la Sagesse. Cette maison des sœurs est la maison provinciale. Les enfants sont au nombre de 200.

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