‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 103 sur 178 · LA SAINTE-ALLIANCE · texte numérisé non relu

LA SAINTE-ALLIANCE

Les autres souverains ne déployèrent pas moins d'activité^ et bientôt la grande querelle de l'Europe et de Napoléon fut décidée dans les plaines de Waterloo, le 18 juin 1815. Napoléon, vaincu, se livra imprudemment à TAngleterre qui le transporta à Sainte-Hélène. Les alliés^ maîtres pour la seconde fois de Paris, par la capitulation du 3 juillet, signèrent, le 26 septembre, le traité de la Sainte-Alliance, manifeste mystique inspiré par la baronne de Krudener à Alexandre, et auquel Wellington eut le bon sens de refuser son adhésion. Il portait en substance que les empereurs de Russie et d'Autriche et le roi de Prusse demeureraient désormais unis par les liens d*une fraternité véritable et indissoluble ; qu'ils se considéreraient comme compatriotes et se prêteraient en toute occasion et en tout lieu assistance et secours; qu'ils se regarderaient comme les pères de leurs sujets et qu'ils s'appliqueraient à leur inspirer les sentiments de fraternité dont ils étaient eux-mêmes animés, pour la protection de la religion, de la paix et delà justice. « En conséquence, le seul principe en vigueur, soit entre lesdits gouvernements, soit entre leurs sujets, sera de se rendre réciproquement service, de se témoigner par une bienveillance inaltérable l'affection mutuelle dont ils doivent être animés, de ne se considérer tous que comme les membres d'une même nation chrétienne, les trois princes alliés ne s'envisageant eux-mêmes que comme délégués par la Providence pour gouverner trois branches d'une même famille, confessantain^i que la nation chrétienne, dont eux et leurs peuples font partie, n'a réellement d'autre souverain que celui à qui seul appartient en

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propriété la puissance^ parce qu'en lui seul se trouvent tous les trésors de Tamour, de la science et de la sagesse infinies, c'est- à-dire Dieu, notre divin Sauveur Jésus-Christ, le verbe du Très-Haut, la parole de vie. Leurs Majestés recommandent en conséquence avec la plus tendre sollicitude à leurs peuples, comme unique moyen de jouir de cette paix qui naît de la bonne conscience et qui seule est durable , de se fortifier chaque jour davantage dans les principes et Texercice des devoirs que le divin Sauveur a enseignés aux hommes. Tout souverain, qui, professant ces principes sacrés, est disposé, conformément aux vérités qu'ils renferment, à contribuer au bonheur de Thumanité, sera reçu avec amour comme membre de la Sainte- Alliance. ))

La France, malgré Tadhésion de Louis XVIIl à ce programme paternel et attendri, ne fut sans doute pas considérée comme digne de faire partie intégrante de ce chœur mystique des nations chrétiennes, car on ne se fit aucun scrupule de Taccabler de charges et d'humiliations, jusqu^è révolter le baron de Stein lui-même, qui n'était pas cependant fort tendre à notre égard. Il est vrai que si le patriotisme français souffre de ces souvenirs, nous ne devons pourtant pas oublier que ce n'était, après tout, que des représailles de ce que les armées françaises avaient fait souftrir à presque tous les peuples de l'Europe pendant de longues années. Par le second traité de Paris, la France pepdit Philippeville, Marienbourg, Bouillon, Sarrelouis et Landau; elle dut détruire les fortifications d'Huningue, abandonner la plus grande partie de son matériel de guerre.

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