‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 105 sur 178 · DEPUIS LE SECOND TRAITÉ DE PARIS JUSQU'A \A MORT · texte numérisé non relu

DEPUIS LE SECOND TRAITÉ DE PARIS JUSQU'A \A MORT

!• — Caractère napoléonien des traités de Vienne. — Leurs résultats pour la Prusse, — Leurs lacunes. — Dispositions libérales du gouvernement prussien. — Réaction. — Sociétés secrètes révolutionnaires. — Terreur des souverains. — Congrès de Carlsbad. — Caractère réactionnaire de l'acte final du Congrès de Vienne. — Suppression de l'autonomie des États. — Mécontentement en Prusse.

II. — Loi sur les États provinciaux. — Caractère illibéral de cette loi. — Loi sur les conseils d'arrondissement. — Révolution de 1830. — Révolution de Belgique. — Le parti de la guerre en Prusse. — Manifestations libérales des diverses provinces. — Inintelligence politique de Frédéric-Guillaume.

ïïl. — Essai de fusion religieuse. L'évangélisme. — Persécution contre les catholiques^ les juifs, les luthériens. — Affaire des mariages mixtes. — Emprisonnement des archevêques de Cologne et de Posen. — Protestations du clergé. — Émeutes religieuses. — ZoUverein. — Administration intérieure. — Politique conciliante de Frédéric -Guillaume à l'égard de la monarchie de juillet. — Mort de Frédéric-Guillaume lïI.

La population de la Prusse était, en 1806^ de 10 millions d'habitants; les traités de 1815 la portèrent à près de 13 millions, mais cela même était la con-

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damnation de ces traités. En effet, où et à qui ont été pris les territoires dont l'accession a constitué cette augmentation de 3 millions? Rien n'est plus légitime que la coalition de TEurope contre Tambition ou l'humeur querelleuse d'un homme qui refusait de laisser à personne le repos dont il ne voulait pas pour lui-même; rien n'est plus juste que la protestation unanime soulevée par son mépris des droits et des nationalités. Mais que signifient ces protestations si elles n'aboutissent qu'à reprendre en sens inverse l'œuvre condamnée ? Napoléon avait abusé de sa puissance pour tourmenter et dépouiller ses voisins; en le renversant, les alliés n*ont fait qu'user du droit de légitime défense ; mais en recommençant à leur profit cet odieux partage des territoires et des peuples, contre lequel ils avaient si vivement protesté quand il se faisait à leur détriment, ils ont montré clairement qu'ils ne savaient pas mieux que le despote français résister à la tentation du bien d'autrui, et ils ont enlevé à leur œuvre sa raison morale, et par suite toute valeur politique. Il n'y a de durable et de fécond en politique, comme dans le reste, que ce qui est juste, et si le congrès de Vienne n'a pu réussir, comme il en avait la prétention, à fonder pour l'Europe unç ère de paix et de prospérité, c'est que les souverains, plus préoccupés de leurs intérêts apparents et immédiats, que de l'intérêt réel et général, n'ont voulu voir dans leur triomphe qu'une occasion de s'agrandir aux dépens des petits États. Comme l'a dit Gœrres, quand ils eurent renversé Napoléon a ils se mirent en son lieu et place, et après avoir proscrit le grand spoliateur de la société

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