‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 108 sur 178 · LE ROI MANQUE A SA PAROLE · texte numérisé non relu

LE ROI MANQUE A SA PAROLE

qui se piquait d'honnêteté, ne voudrait pas y manquer. Mais rhistoire nous apprend que les rois ont toujours de bonnes raisons pour manquera leur parole^ quand il ne s'agit que d'engagements envers les peuples^ et le droitde mentir semble être un des privilèges attachés de tout temps à la couronne. Pendant que les États du midi de TAllemagne, sauf TAutriche, se donnaient successivement des constitutions plus ou lifioins libérales (1)^ les gouvernements du Nord rétablissaient simplement les anciens usages, c'est-à-dire le régime du bon plaisir. La commission annoncée par le décret de Frédéric- Guillaume pour le 1®' septembre 1815 ne fut nommée que deux ans plus tard, sur les réclamations passionnées de Fopinion, et elle se mit à travailler si lentement, que tout le monde comprit qu'il n'y avait rien à en attendre.

Alors se formèrent deux nouvelles sociétés secrètes, qui n'avaient plus pour mobile, comme le Tugendbundy la haine de l'étranger, mais bien la haine des rois et des gouvernements réactionnaires. Celaient la Burschenschoft et VArminia^ alimentées surtout par les universités, où s'était conservé plus vivant qu'ailleurs le souvenir de 1813. Le gouvernement était inquiet de ce mouvement des esprits et s'en faisait un prétexte pour ne pas accorder la constitution promise, ne voulant pas voir que c'était précisément son manque de parole qui causait ces soulèvements. Le 18 octobre 1817, les étudiants d'Iéna^ de Halle et de Leipsig, se réunirent à la

(1) Nassau, 1815; Saxe-Weimar, 1815; Bavière, 26 mai 1818; {^rnnd duché de Bade, 22 août 1818; Wurtemberg, 22 septembre 1819; Hcsse-Darmstadt, 1820.

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Wartbourg, vieux château célèbre par le séjour de Luther^ pour fêter à la fois le troisième jubilé séculaire de la réformation et Tanniversaire de la bataille de Leipsig. Là, les passions patriotiques s^aliumèrent; on brûla les écrits hostiles à la cause de la liberté allemande^ on déploya le drapeau aux trois couleurs du saint-empire^ comme symbole de Tunité germanique; on prononça des discours pleins de violence contre la politique antinationale des gouvernements. Quelques jours plus tard, un mémoire sur Tétat présent de TAIlemagne, apporté par M. de Stourdza au congrès d'Aix-la-Chapelle (1818), et qui insistait vivement sur la nécessité de réprimer Tesprit révolutionnaire des universités, fut connu malgré le soin qu'on prit pour le tenir secret. On sut qu'il avait été inspiré par le czar Alexandre, et toutes les colères se tournèrent contre la Russie. Bientôt on apprit que ce mémoire avait été rédigé sur des notes envoyées périodiquement par Kotzebue à Pétersbourg. Un étudiant fanatisé, Sand, le poignarda. Quelques mois après, un apothicaire nommé Lening tenta d'assassiner le président Ibell, fonctionnaire important du duché de Nassau.

Les gouvernements effrayés se figur èrent voir renaître Tantique institution de la Sainte- Wœhme, et prirent les mesures les plus violentes pour se préserver des dangers qu'il eût été si facile de conjurer en don . nant la liberté promise. Pour atteindre plus sûrement leur but, ils formèrent une coalition des souverains contre les peuples. Un congrès se tint à Garlsbad en 1819, où Tempereur d'Autriche et le roi de Prusse discutèrent et arrêtèrent les mesures qui leur paru*

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