‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 11 sur 178 · LIGUE DES PRINCES · texte numérisé non relu

LIGUE DES PRINCES

de son ministre ennuyait. Cependant il garda pendant les premières années une influence prépondérante sur la politique étrangère^ et il en profita pour préparer raccomplissement de ses vues.

Il s'efforça, autant que le permettait rinconsistance du roi, de resserrer les liens qui attachaient la Prusse à la ligue des Princes. Cette ligue était une sorte de confédération d'un certain nombre des princes de TAllemagne dont Frédéric If avait été l'instigateur, en vue d assurer son indépendance à Tégard de TAutriche. Cétait une menace permanente contre la suprématie, du reste plus nominale que réelle^ du saint empire romain. La légèreté du roi ne permit pas à Hertzberg de tirer de cette situation tous les avantages qu'on en pouvait espérer, mais il eût été trop absolument contraire à la politique prussienne de rompre cette alliance pour que Frédéric-Guillaume ne fit pas au moins quelques efforts pour la conserver. Il est assez curieux que Texistence de cette ligue ait donné à la Prusse protestante Toccasion de nouer des relations amicales avec la cour de Rome. En effet, dans l'espoir de la décider à nommer un coadjuteur de Mayence, qui avait promis d'entrer dans la ligue, le ministre s'interposa pour réconcilier rarchevêque de Mayence avec le pape. Ce fait, sans conséquence politique, mérite d'être noté comme indice de la situation singulière où se trouvait alors l'Église, non-seulement en matière de croyances religieuses, mais encore pour ce qui tenait aux questions de hiérarchie et de discipline.

Mais la question grave, comme on le pense bien, aux yeux de Hertzberg était la question autrichienne. Le

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ministre se serait volontiers allié avec la Russie^ s'il avait pu espérer de trouver dans cette alliance un point d'appui solide contre TAutriche; mais les tentatives voilées qu'il fit de ce côté échouèrent, non pas que la Russie eût des sympathies bien fermes pour TAutriche, ni qu'elle tînt absolument à la protéger contre les tendances connues de la politique prussienne. Il est bien certain au contraire que, à considérer les choses d'un point de vue général, si la Russie a intérêt à maintenir la dualité en Allemagne, elle n*en a aucun h voir la puissance autrichienne s'étendre vers TOrient, puisqu'elle convoite pour elle-même la possession de Gonstantinople. Par la même raison, il est assez difficile de concevoir que l'Autriche, en 1786, ait cru devoir s'associer aux projets de Catherine contre la Turquie. C'est ce qu'elle fit cependant, et le gouvernement russe se garda bien de refuser ce concours. C'est ce qui explique pourquoi elle sacrifia l'alliance de la Prusse, qui ne l'aurait certainement pas aidée dans une pareille entreprise, à celle de l'Autriche qui se faisait si imprudemment l'instrument de ses convoitises.

Hertzberg avait également cherché, avant l'expédition de Hollande, à exciter le cabinet de Versailles contre Joseph II. On savait le peu de goût de Louis XVI pour les fantaisies réformatrices et les prétentions philosophiques de ce prince. Mais Vergennes, qui s'était juré de mourir ministre, n'avait pai osé s'exposera déplaire à Marie-Antoinette. Les avances du cabinet prussien avaient donc été repoussées. C'est de là que datait la haine de Hertzberg contre la France ; il entoura son roi de nos ennemis, écarta nos amis, entre autres

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