‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 111 sur 178 · RÉVOLUTION BELGE · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION BELGE

rhénanes. La chose parut assez vraisembiahic pour être acceptée à peu près de tous. Dès lors il n'y avait plus rien à craindre pour le roi.

Cependant il jugea à propos de donner quelque satisfaction àl^espritpublic. Plus que jamais les journaux officiels ou officieux du royaume s'appliquèrent à démontrer aux Prussiens qu'ils étaient le peuple le plus hbredu continent, et qixeles garanties reWfcs offertes par les institutions prussiennes étaient bien supérieures aux libertés théoriques et chimériques des chartes et constitutions écrites des autres peuples. La Gazette de Berlin alla jusqu'à publier dans ses colonnes cette phrase singulière : (( La Prusse est une monarchie absolue entourée d'institutions républicaines. » Mais en même temps on accorda un peu plus de liberté à la presse, et la censure reçut Tordre d'adoucir momentanément ses rigueurs.

La révolution belge qui éclata moins d'un mois après celle de Paris vint renouveler les anxiétés du vieux roi. En se séparant de la Hollande et en se jetant dans les bras de la France, la Belgique renversait une des barrières élevées parles traités entre la Prusse et la France; elle mettait à découvert toute la ligne de frontières des provinces rhénanes. De plus elle s'attaquait directement à la puissance de la famille de Nassau^ à laquelle Frédéric-Guillaume était allié. Enfin, la maison d'Oi'ange, invoquant les traités de 1815, réclamait un secours que les stipulations de la Sainte-Alliance ne promettaient guère de lui refuser. Tout un parti, à la tête duquel se trouvait le prince royal, s'agitait autour du roi de Prusse pour le pousser à la guerre; la Russie insistait dans le

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même sens. D'un autre côté, la Pologne se soulevait et il était à craindre que l'insurrection ne s'étendît dans le grand duché de Posen. Au milieu de ces difficultés, Frédéric-Guillaume, comme toujours, ne savait quel parti prendre, et il attendait avec anxiété que le temps décidât pour lui. L'invasion de la Belgique par les fils du roi de Hollande et par le prince de Saxe-Weimar, l'intervention de la France et la prise d'Anvers vinrent mettre le comble à ses inquiétudes, et il fut sur le point de céder aux obsessions de son entourage. Ce fut un moment solennel pour TEurope; si le roi de Prusse se fût jeté alors dans la mêlée, il est probable que son exemple eût entraîné tous les rois. Ses hésitations sauvèrent probablement le continent d'une conflagration universelle, et si la France n'a pas à lui en savoir gré, parce que sa conduite en cette occasion ne peut être attribuée à un sentiment de sympathie pour elle, il est certain cependant que le cabinet des Tuileries dut se féliciter d'avoir affaire à un homme aussi peu disposé aux résolutions rapides et violentes.

Cependant si la défiance du peuple prussien à l'égard de la France avait empêché la révolution de 1830 de produire en Prusse les effets qu'on pouvait en attendre, les esprits n'y restaient pas moins agités et la question des libertés intérieures y demeurait à l'ordre du jour. L'annexion de la principauté de Lichtenberg, cédée àFrédéric-Guillaume par le duc de Saxe-Cobourg* Gotha en 163fi, ne produisit qu'une diversion insuffisante. L'année suivante une émeute éclata à Berlin. Quoique sa cause immédiate n'eût rien de politique, il est certain qu'elle ne se fût pas produite si les esprits

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