‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 115 sur 178 · ZOLLVEREIN · texte numérisé non relu

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calholiques le maintien de leur religion. Le roi refusa de recevoir les pétitionnaires et leur répondit par une déclaration à la fois mensongère et violente. Des troubles graves se produisirent encore à Paderborn, où le bruit s'était répandu qu'on voulait enlever Tévêque, puis bientôt à Coblentz et à Trêves. Dans toutes les provinces catholiques^ les garnisons n'étaient occupées qu'à réprimer des émeutes religieuses, et ces répressions furent presque partout sanglantes.

Voilà ce que produisit pour la Prusse ce beau projet d'unification religieuse qui avait germé si longtemps dans rétroit cerveau de Frédéric-Guillaume, des troubles, des violences, des haines et des défiances. C'est là, on peut le dire, l'œuvre propre de ce roi inintelligent, dont les historiens persistent à nous vanter le bon sens parce que le hasard a voulu qu'il assistât à la restauration de la Prusse ruinée et perdue par sa faute, et qu'il trouvât autour de lui des hommes qui, comme le baron de Stein et le général York, l'ont contraint à profiter des occasions que lui offrait la fortune.

Cependant on peut dire que c'est sous ce règne que la Prusse est entrée définitivement dans la voie qui doit la conduire à TaccompUssement de ce qu'elle regarde comme sa destinée providentielle. Mais il est impossible d'en faire remonter l'honneur au roi; il appartient tout entier, d'abord au peuple prussien dont le patriotisme a appris à l'Allemagne, en 1813, le secret (le sa véritable puissance, ensuite aux ministres de Frédéric-Guillaume III, qui, à défaut des institutions libérales dont ils n'ont vu que les dangers, ont su du moins saisir l'occasion de placer la Prusse à la tête du

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développement industriel et commercial des États de la confédération.

Je veux parler de Tunion douanière, dont l'idée, mise en avant dès 1819 par Frédéric List, se répandait de proche en proche, et préoccupait vivement les hommes d'État de la Prusse. Ils comprenaient que la fusion des intérêts commerciaux devait nécessairement élargir la sphère d'action de la Prusse en étendant son influence sur tous les États du Nord. Cependant les difficultés étaient grandes et le cabinet de Berlin hésita longtemps. L'initiative fut prise par la Bavière et le Wurtemberg, qui conclurent un traité de commerce le 17 avril 1827, et un traité d'union douanière le 28 janvier 1828. Cette même année, trois autres associations se formèrent, l'union du nord, l'union du centre et celle du midi, ainsi nommées d'après la situation géographique des États qui les composaient. L'année suivante, l'union du midi et celle du nord se rapprochèrent et conclurent le 27 mai un traité de commerce. La Prusse qui avait signé le \U février 1826 un traité d'association avec la Hesse grand-ducale^ conclut avec l'union du midi un nouveau traité le 22 mars 1833. L'adhésion de la Saxe royale suivit à huit jours d'intervalle celle de la Bavière et du Wurtemberg, et deux mois plus tard les duchés et les principautés de la Thuringe entrèrent dans la même voie. L'association allemande était fondée.

En 1836, elle comprenait plus de vingt États, qui y avaient apporté la totalité ou une partie de leur territoire. Les bases du Zollverein, formulées par les traités de 1833, consistaient en trois points: législation

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