PARTI HISTORIQUE
pagande officielle, et dont un grand nombre émigrèren pour se soustraire aux persécutions.
Mais bientôt la polémique déborda sur le terrain de la politique. Deux partis extrêmes se formèrent^ entre lesquels se classèrent un certain nombre de groupes intermédiaires^ le parti historique et le parti philosophique. Le premier avait pour chefs Haller, Hsevernick, Stahl surtout^ et même dans une certaine mesure Schelling. Le but de ces prétendus philosophes était surtout de détruire la philosophie, et tous leur efforts se concentraient contre les doctrines de Kant^ de Fichte, de Hegel. Leur thèse était des plus simples. Quêtaient les principes des piétistes^ ces jansénistes protestants, transportés dans la politique : L'homme déchu par le* péché originel et livré aux suggestions de l'esprit du mal n'a pas de plus grand ennemi que cet orgueil de la raison qui le porte à juger de toutes choses ; devenu incapable de se conduire, il doit s'abandonner uniquement à la Providence qui veille sur lui, et s'en remettre de tout à la direction de ceux à qui elle a confié le pouvoir. Toute tentative d'innovation est criminelle et insensée^ surtout les innovations constitutionnelles^ car nulle part on ne voit dans les livres saints que Dieu ait rien dit qui ressemble à l'institution d'une représentation nationale, tandis que le caractère divin de la monarchie absolue y éclate à chaque page. Les rois tiennent leur couronne de Dieu seul et ne doivent de compte qu'à Dieu. « Vouloir mettre des bornes à ce pouvoir absolu, lui demander de se limiter lui-môme, c'est agir contre la volonté divine. » Les partisans de l'école historique sont les vrais descendants de Bossuet
leurÉvangilepolitique est la Politique tirée de V Écriture sainte y et ils diraient volontiers comme Tévéque catholique^ qu^on ne peut sans «ttentat contre TEsprit-Saint songer à Tabolition de Tesclavage. Gomme lui ils partent de la théorie du pouvoir paternel : oc Le roi est le père du peuple, dit Stabl ; est-il nécessaire qu^ le père de famille partage avec son fils le gouvernement de la maison et est-il convenable que les enfants exigent des garanties contre Tadministration paternelle ?» « Défiezvous, ajoute-t-il, de ces désirs de liberté, ce sont les conseils de Satan. Vous habitez le paradis terrestre^ prenez garde au péché d'Eve. Une constitution, c'est l'œuvre du diable. » Si Ton veut une chambre élue par le peuple, que ce soit du moins une simple assemblée consultative. Les institutions représentatives ne conviennent qu'aux pays tourmentés par les guerres civiles et bouleversés par les révolutions; c'est un remède héroïque auquel il ne faut recourir que dans les cas extrêmes ; un tel régime serait fatal à la pacifique Allemagne. Il faut avouer qu'une pareille argumentation a au moins le mérite de l'originalité.
c( La maison de Hohenzollern, s*écrie un autre, M. Streckfuss^ voilà pour la Prusse la meilleure des chartes et des républiques. )>
A l'autre extrémité se trouvait le parti philosophique qui supprimait l'histoire^ comme le parti historique supprimait la philosophie. Ses ancêtres étaient Rant, Fichte, Hegel. L'importance immense, exclusive^ la domination souveraine que ceux-ci avaient attribuée à la raison pure se traduisait en politique par un mépris absolu des faits. La nature^ 1q monde, ne sont plus que