‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 129 sur 178 · RÉCLAMATIONS LIBÉRALES · texte numérisé non relu

RÉCLAMATIONS LIBÉRALES

au nouveau roi, avaient formellement réclamé Texécution des promesses de 1815. Le roi avait répondu comme toujours en termes vagues^ qui justifiaient tout autant Tespérance que la crainte. Or à ce moment on était disposé à Tespérance, et Ton prit la réponse royale pour un engagement Mais trois semaines après^ le U octobre 18/iO, une circulaire ministérielle déclara hautement que le roi ne s^était engagé à rien de semblable, et qu'en parlant du développement des institutions représentatives, il n'avait nullement songé à promettre une représentation générale du peuple. Qu'avait-il donc voulu dire ? La circulaire se taisait sur ce point. On commença à se demander si ce beau parleur ne s'était pas joué de la naïveté prussienne.

Il importait de ne pas laisser les imaginations trop longtemps s'agiter à cet égard. A l'ouverture des États provinciaux^ le 1" mars 18/il, le commissaire du gouvernement donna connaissance aux députés d'un décret, signé de la veille^ qui donnait quelque satisfaction aux réclamations publiques. La publication de l'ensemble des débats était autorisée, mais sans les noms des orateurs ; les États devaient être réunis tous les deuxans, tandis que depuis 1815 ils ne l'avaient été tout au plus que de trois en trois années. Quant à la représentation générale du royaume, qui était Tobjet principal des réclamations^ on avait la prétention de la remplacer par une diète où les États provinciaux devaient envoyer chacun un certain nombre de délégués. Cette assemblée devait siéger à Berlin. Elle avait pour attribution de décider sur tous les points où les États provinciaux auraient émis des vœux contradic-

toires^ et de servir de conseil consultatif au roi dans toutes les questions où il lui plairait de l'interroger.

Cette tentative ridicule, de faire prendre le change à toute une nation intelligente, souleva une protestation unanime dans les assemblées des États et dans les municipalités.

Le 9 avril 18^1 ^les députés de la vieille Prusse adop* tèrent la motion de prier le roi de promulguer une loi sur la liberté de la presse et d^adoucir» en attendant cette loi, les édits sur la censure. Les États se plaignaient que tout échange d^idées entre le peuple et le gouvernement était rendu complètement impossible, et déploraient Tobligation dans laquelle se trouvait la nation prussienne^ de puiser à des sources étrangères pour obtenir des notions exactes sur les affaires intérieures du pays. Le résultat de cette séance du 9 avril excita un tel intérêt et produisit une si vive sensation à Berlin, que la Gazette (TÉtat^ qui rendait compte de cette délibération, fut ce jour-là lue à haute voix dans la foule.

A la même époque^ la même question était débattue à l'autre extrémité de la monarchie prussienne. Les États rhénans demandaient que leurs délibérations fussent publiées chaque jour et complètement par les journaux^ que les discussions politiques fussent libres^ et qu'enfin une loi pénale remplaçât, pour les délits de presse^ le régime préventif. Ils décidèrent également que, relativement à Téligibilité. des députés^ le roi serait prié de réformer les dispositions de la loi qui excluaient indirectement de la députation les avocats, les jurisconsultes et les notaires^ jusqu'alors, astreints,

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