‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 130 sur 178 · REFUS DU ROT · texte numérisé non relu

REFUS DU ROT

comme fonctionnaires publics, à demander Tautorisation de leurs supérieurs.

Les États de la Prusse occidentale réclamèrent une seule assemblée législative pour toute la monarchie* La môme proposition donna lieu à d'orageux débats dans les États du duché de Posen.

Les municipalités^ particulièrement celles de Bres« lau, de Posen, de Eœnigsberg^ déclarèrent à leur tour qu'il était impossible d'admettre que le décret du 22 février satisfit aux engagements de la royauté* D'autres villes également importantes suivirent cet exemple. Le roi, irrité devoir mettre en doute sa loyauté par ces protestations multipliées^ répondit durement qu'il savait faire la différence entre les sentiments des loyaux habitants des villes et ceux des municipalités hostiles. Aussitôt les bourgeois se réunirent pour déclarer qu'ils approuvaient complètement la conduite de leurs magistrats, et que leur plus ardentdésir était d'obtenir une constitution et une représentation générale du royaume. Le roi répondit avec la même maladresse aux États de Posen : a La précipitation avec laqyielle vous avez jugé le décret qui vous a été soumis n'est guère propre à exercer une influence heureuse sur les dispositions bienveillantes qui nous ont inspiré ce projet de loi. » Ce ton menaçant n'était pas fait pour ramener le calme dans les esprits. Mais ce qu'il y eut de pire encore, c'est que, croyant enlever à l'opposition son principal argument, le roi déclara résolument que l'ordonnance promulguée en 1815 n'était pas obligatoire pour lui; que, après avoir mûrement étudié la question, il n'y avait rien découvert qu'il p&t prendre

pour un engagement, a L'ordonnance de 1815 a été abrogée, disait-il; la loi du 5 juin 1823, en constituant les États provinciaux^ lui a enlevé à jamais l'autorité qu'on s'obstine faussement à lui attribuer encore. »

Puis le gouvernement mit à néant tous les amendements votés par les États provinciaux^ et une ordonnance royale du 21 juin 1842 établit la diète de Berlin, telle qu'elle avait été proposée par le décret. Mais Té* preuve qui venait d'avoir lieu était décisive. Malgré sa défaite apparente, le parti libéral avait pu constater qu'il avait partout la majorité dans les classes intelligentes, et l'invention du roi était jugée.

Dès lors il eut beau faire quelques concessions aux Polonais^ ordonner de rédiger un nouveau code pénal, abroger les formules judiciaires datant des temps féodaux; il eut beau même s'écrier, en posant Ja première pierre des nouveaux travaux de la cathédrale de Cologne : (( La patrie ne distingue pas les catholiques des protestants^ mais elles les confond dans l'unité alle« mande »; tous ses efforts pour ramener la confiance furent vains^ et le peuple ne songea plus qu'au moyen de conquérir les droits qu'on lui déniait.

Bientôt à toutes ces causes d'agitation s'ajoutèrent^ en iStiUy d'autres difficultés non moins graves. Des trou* blés sérieux éclatèrent en Silésie, au sujet d'une ques* tion de salaire. Les ouvriers des manufactures, écrasés par la misère^ introduisirent les questions sociales au milieu des questions politiques et religieuses, et depuis lors elles n'ont plus cessé de préoccuper l'attention publique. C'est de là que date celte agitation socialiste, et surtout communiste, qui se retrouve dans tous les

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