ALLIANCE AVEC \A POLOGNE
été tracée. On conçoit que cet incident n'ait pas été de nature à faciliter les négociations. Le roi lui-même contrecarrait les projets de son ministre. Il craignait qu'il fût peu chevaleresque de la part de la Prusse de faire payer aux Polonais son intervention. 11 tenait encore, à cette époque, à sa devise : suum cuique, et il n'avait pas encore trouvé le moyen de concilier ses prétentions à la gloire du désintéressement avec les visées de son ministre sur Thorn et Dantzig. Il devait plus tard devenir moins scrupuleux. En attendant, par Tintermédiaire de son ambassadeur Diez, il fit accepter au sultan, le 31 janvier 1790, un proji^tcl'alliance assez peu conforme aux intentions de Hertzberg. Celui-ci dut se soumettre; mais il ne tarda pas à se consoler de cet échec, par la pensée que, l'échange des ratifications ne devant se faire que dans cinq mois, il se produirait sans doute d'ici là des événements dont il pourrait profiter pour ramener le roi à ses vues, d'autant plus qu'il avait obtenu le rappel de l'ambassadeur infidèle.
Il peut, à première vue, paraître singulier que la Prusse fût alliée aux Polonais, dont elle avait partagé les dépouilles quelques années auparavant. Le roi qui allait donner le signal de la coalition contre la Révolu^ tion française et qui devait plus tard procéder avec la Russie à un nouveau partage des débris de la Pologne, ne devait pas être un bien chaud partisan du principe des nationalités, ni un bien ardent défenseur des droits des peuples. Cependant nous le trouvons à cette môme époque engagé encore dans une autre affaire où il joue un rôle dont les écrivains contre-révolutionnaires ont
cru devoir le justifier.
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Les habitants de Liège réclamaient^ depuis plusieurs années^ des droits qui leur avaient été enlevés en 168^. Le prince-évéque naturellement trouvait bon à garder ce que ses prédécesseurs avaient trouvé bon à prendre. Les Liégeois, pour le forcer à restitution, se soulevèrent le 17 août 1789 et furent soutenus par Tinfluence prussienne. En avril 1790, la chambre de justice de Tempire rendit contre eux un arrêt rigoureux, malgré Tintercession du roi de Prusse, qui refusa de faire rentrer les rebelles dans le devoir. L'Autriche, moins scrupuleuse, accepta de grand cœur la mission refusée par la Prusse, et le droit dut une fois de plus céder k la force»
Un historien contemporain allemand fait remarquer qu'il n'en faut rien conclure contre le caractère du roi Frédéric-Guillaume II : « Ce serait se tromper, dit-il, que d'induire de cela que la politique prussienne ait été favorable aux tentatives révolutionnaires des peuples. Hertzberg considérait tous les événements extérieurs et les embarras des États européens au seul point de vue des avantages ou des désavantages qui pouvaient en résulter pour la Prusse. Le roi de son côté ne pouvait dissimuler l'intérêt passionné qu'il prenait à ces sortes d'affaires. Il avait un cœur aussi pour les peuples, maïs Tattitude qu'il prit bientôt contre la Révolution française montre assez que les soulèvements et les rébellions des peuples l'indignaient tout autant que la tyrannie des princes. Il avait profondément gravée dans le cœur la devise prussienne : Suum cuique; mais il l'Inter^ prétait avec humanité, d
La véritable explication de la conduite de la Prusse est en effet dans l'influence de Hertzberg, qui ne s'inquiétait