ASSEMBLÉE PRÉPARATOIRE
Cependant, malgré Tempressement du roi de Prusse à embrasser Fidée de Tunité allemande, Tinitiative avait été prise par un congrès de cinquante délégués des divers États de TAllemagne qui s'étaient réunis à Heidelberg, dès le 5 mars, et qui avaient invité pour le 30 mars, à Francfort sur le Mein^ tous les membres des États de l'Allemagne constitutionnelle à se réunir en assemblée préparatoire pour délibérer sur les bases d'une représentation nationale allemande.
Les souverains de leur côté s'eflforçaient de garder leur influence sur les destinées de l'Allemagne, et ils s'étaient concertés pour convoquer à Dresde, le 25 mars, un congrès de souverains. Mais ils avaient trop à faire chez eux pour pouvoir donner suite à ce projet. La diète germanique du moins s'empressa d'arborer les couleurs allemandes, mais elle avait beau faire, la direction du mouvement lui échappait complètement, et malgré tous ses efforts pour ressaisir son influence, personne ne songeait à elle. D'ailleurs les souverains étaient incapables de s'entendre. Les perpétuelles revendications de l'unité allemande par le roi de Prusse avaient inquiété et irrité les autres princes et en particulier l'empereur d'Autriche; les journaux autrichiens étaient remplis d'allusions injurieuses aux calculs ambitieux de Frédéric-Guillaume et à sa conversion subite en face de l'insurrection. Les rois comme la diète se trouvaient donc réduits à l'impuissance, et tous les regards étaient tournés vers Francfort où allait se réunir l'assemblée préparatoire.
Elle se réunit le 31 mars au palais du gouvernement^ dans la salle des Empereurs.
La première question à vider était de savoir quels États devaient être considérés comme allemands. On admit à Tunanimité les parties occidentales et orientales de la Prusse. Quant à la Posnanie, on ne prit pas de décision^ et rassemblée déclara qu'elle était pénétrée de la nécessité de rétablir un royaune de Pologne indépendanty « attendu que le partage de ce pays avait été une injustice criante».
Puis on décida à la presque unanimité que rassemblée, tout en adoptant le principe de l'élection directe^ laissait à chaque État le droit d'appliquer à cet égard ses lois particulières. Tout citoyen allemand fut déclaré électeur et éligible^ sans condition de confession religieuse, de cens électoral, ou de privilèges quelconques, sans même avoir besoin d'appartenir à TÉtat fédéral dans lequel il aurait été élu. Il dut y avoir un député par 50 000 habitants, et Francfort fut désigné comme lieu de réunion de la future assemblée nationale, qui était convoquée pour le l®'' mai.
On adopta une motion de M. de Gagern, de Darmstadt, qui proposait : d'élire un comité de cinquante membres, qui resterait en permanence, comme représentant de l'assemblée jusqu'à la réunion du parlement; de charger ce comité d'aider de ses conseils la diète germanique, avec la faculté de faire des propositions; d'inviter la diète germanique à se mettre en rapport, pour la gestion des affaires de la confédération avec ce comité, et de confier à ce comité le soin de convoquer rassemblée actuelle, en cas de nécessité.
Mais la diète était tellement impopulaire qu'un certain nombre de membres voulaient que, avant tout^