‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 140 sur 178 · LES RÉPUBLICAINS ALLEMANDS · texte numérisé non relu

LES RÉPUBLICAINS ALLEMANDS

elle répudiât les lois exceptionnelles et antilibérales qu'elle avait imposées précédemment^ et qu'elle expulsât les hommes qui avaient concouru à leur promulgation et à leur exécution. Cette proposition donna lieu à un débat des plus orageux. La majorité transforma en une demande la sommation violente de la minorité, et celle-ci se retira de rassemblée. Cependant, la diète ayant donné immédiatement la satisfaction qu'on exigeait d'elle, la minorité se décida à rentrer en séance. Puis, après un certain nombre de votes moins importants^ l'assemblée se sépara le 3 avril.

Cependant plusieurs autres questions agitaiei\Ji la Prusse et toute l'Allemagne.

L'assemblée préparatoire avait écarté la forme républicaine, comme n'étant pas suffisamment conforme aux aspirations des populations allemandes. Hais les décisions de cette réunion ne pouvaient pas être obligatoires pour rassemblée constituante, et les républicains crurent qu'a vec.de l'audace et de l'énergie ils pourraient influer sur l'opinion et préparer l'avénement d'une république allemande. Ils firent appel à tous les émigrés allemands de la France et de la Suisse^ qui étaient alors sans travail^ et les massèrent sur les frontières de l'Allemagne. C'était une grande faute. 11 était clair que cette menace^ au moment où l'Allemagne s'adressait au suffrage universel pour

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décider de ses destinées, offrait aux souverains et à tous les partis modérés un excellent prétexte de déclamation contre la turbulence des radicaux» sans compter que rien n'était plus facile que de donner à la présence de cette armée, campée sur la frontière et où se trouvaient un certain nombre de Français et de Polonais, l'apparence d'une intervention étrangère, et par conséquent de soulever contre elle le patriotisme allemand. Ces rassemblements avaient beau prendre les noms d'armée libératrice d'Allemagne, de légion des démocrates allemands de Paris, les Allemands ne pouvaient reconnaître des concitoyens dans ces hommes qui prétendaient leur apporter la liberté au bout de leurs fusils. En somme ce n'est pas au moment où on leur donnait le suffrage universel, où on les appelait à choisir librement leurs représentants au parlement allemand, qu'ils pouvaient se croire opprimés par leurs princes. L'armée des démocrates leur paraissait donc au moins inutile. D'ailleurs il est bien certain que sauf quelques parties du grand-duché de Bade, il n'y avait alors guère de républicains en Allemagne, et que les démocrates, en s'armant au nom de la république, se donnaient nécessairement l'apparence d'une minorité qui prétendait imposer par la force ses préférences. Une autre conséquence de la présence de ces corps armés, c'était de fournir aux souverains un prétexte plausible pour mettre des troupes sur pied. Ils alléguaient la nécessité de se préparer à la défense contre la France, qui ne songeait pas à les attaquer; en réalité ils se trouvaient fort heureux d'une occasion qui leur permettait de couvrir de troupes les parties du territoire allemand

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