LOI ÉLECTORALE
par les quatre commissaires; en cas de divergence sur ce point, cette élection deyait être faite d'un commun accord par les rois de Prusse et de Danemark. L'exécution était placée sous la garantie de TAngleterre. Cet armistice où Ton sentait la main de la Russie souleva une émeute sanglante à Francfort.
Au milieu de ces luttes se poursuivait, non sans difficultés, l'organisation intérieure de laPrusse et de l'Allemagne.
La diète prussienne s'était réunie le 2 avril à Berlin, pour voter une loi électorale en vue de la Constituante qui devait être prochainement convoquée. Aux termes de cette loi, tout Prussien, âgé de vingt-quatre ans, fut électeur primaire dans la commune où il avait élu domicile depuis six mois, à moins qu'il ne fût domestique ou à la charge de l'État ; il dut y avoir un électeur sur 500 habitants; fut éligible tout Prussien, âgé de trente ans et jouissant de ses droits civils. — Il ne pouvait être donné aux députés de mandat impératif.
Cette loi, accueillie avec joie par la majorité de la population, était cependant loin d'être satisfaisante sur tous les points. L'élection à deux degrés était assez vivement critiquée, et Ton s'étonnait d'autant plus de cette disposition qu'à ce moment là même se faisaient les élections pour le parlement allemand, par le suffrage direct et universel. Mais le public était alors dans une veine de confiance et les protestations restèrent sans écho. Le mouvement et les préoccupations des élections elles-mêmes firent oublier tout le reste.
Leur résultat fut favorable à la cause de la liberté constitutionnelle. Un petit nombre de radicaux seule-
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ment furent élus; quant aux réactionnaireB déclarés, ik furent partout écartés. £d somme, on peut dire que l'assemblée élue représentait exactement Télat du pays, fermement résolu à maintenir la liberté, telle qu'elle est compatible avec la monarchie, mais encore bien éloigné de songer à la république.
Cependant l'agitation continuait à Berlin. Le travail était presque complètement suspendu, et les ouvriers exaltés par la misère et par Toisiveté étaient plus que jamais disposés à se laisser entrsdner aux chimères. Ils se défiaient surtout du prince de Prusse, que son impopularité avait forcé de s'éloigner, et qu'on craignait sans cesse de voir revenir. On l'accusait, à tort ou à raison, d'avoir le premier conseillé de faire tirer sur le peuple dans la journée du 18 mars, et il était à craindre que son retour ne fût le signal d'une nouvelle insurrection.
L'ouverture de la Constituante détourna les esprits sans les apaiser.
Le projet de constitution qui lui fut soumis était, comme tous les projets semblables à cette époque, rempli de promesses libérales. L'initiative des lois appartenait en commun aux chambres et au roi ; la censure était abolie ; le droit de réunion, sans armes et dans des lieux fermés, était accordé; l'inviolabilité du roi, reconnue; la responsabilité des ministres, confirmée; le pouvoir législatif était attribué également au roi et aux deux chambres. La première chambre était composée des princes de la maison royale âgés de dix-huit ans ; de soixante membres au plus nommés par le roi et choisis parmi les citoyens possédant un revenu annuel