SOULÈVEMENT A BERLIN
de 30000 ft. au moins; plus^ cent quatre-^vingts mem** breséluspar les électeurs de la deuxième chambre^ parmi les citoyens possédant un minimum de revenus de 9^00 fp. ,ou payant au moins 1150 fr. d^impôts directs par an, ainsi que parmi les membres des académies, les bourgmestres^ etc. Ils étaient élus pour huit ans, et la chambre se renouvelait par moitié tous les quatre ans. La deuxième chambre était composée de membres Agés de trente ans^ élus pour quatre ans^ et renouvelés par moitié tous les deux ans.
Ce projet, ainsi que le discours de la couronne^ acclamé par une partie de la bourgeoisie, fut très-mal reçu par le reste de la population. Le i!3 mai^ les étU' diants^ en signe de deuil, arborèrent un drapeau noir au palais de TUniversité, et pendant la nuit^ ils brûlèrent le projet de constitution devant le palais du prince royal. Le 2Ô, une émeute fut réprimée par la garde bourgeoise. Le 30^ nouveau tumulte. Dès le commencement de la discussion, à propos de Tadresse au roi, on put craindre que les discordes de la rue ne se reproduisissent dans la chambre. Cependant une immense fête commémorative de la révolution de mars se passa sans troubles, et le retour même du prince de Prusse ne causa aucun tumulte. La chambre et le peuple se contentèrent de le recevoir dans un silence glacial. Mais, le i^ juillet^ un prétexte suffit pour soulever la multitude inquiète et défiante^ depuis que^ le 9^ la chambre avait refusé de reconnaître pour une révolution les événements de mars. Le président de police ayant publié un arrêté contre les attroupements, le peuple exaspéré se souleva, dressa des barricades sur
plusieurs points de la ville^ prit d'assaut Farsenal et s'empara des fusils et de toutes les armes qui s'y trouvaient entassées.
Bientôt^ le 20 juin 1868^ fut présenté le projet d'adresse, élaboré par la commission de la chambre. Il était très-significatif et marquait de la part de la chambre la ferme volonté de résister à toute réaction. « Les événements, était-il écrit, qui dans les derniers mois ont ébranlé l'Europe, ont entraîné la Prusse dans le mouvement général; particulièrement la lutte violente de mars a donné force de loi aux manifestations de la volonté publique, qui datait d*il y a longtemps.
» Élus du peuple^ notre mission est d'organiser, de concert avec Votre Majesté, une constitution qui réponde au degré de civilisation du peuple prussien et allemand, et lui assure un gouvernement populaire avec une administration exercée par lui-même, jusque dans les dernières communes. Cette constitution éloignera toutes les restrictions légales contraires au principe d'égalité, restrictions qui jusqu'à présent ont existé en faveur de castes particulières. Elle accordera le suffrage universel, la liberté personnelle, celle de la parole et de la presse, le droit d'association et de réunion, Tindépendance de tous les cultes, elle créera une législation populaire pour l'Etat entier; elle réformera la justice et l'armée, et mettra en vigueur l'armement général du peuple. D'accord avec les tendances persévérantes de Votre Majesté, nous gardons en vue le but immuable de l'unité allemande, et nous assurons notre coopération franche et joyeuse à l'œuvre qui doit s'accomplir à Francfort, par la force nationale du peuple entier