‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 144 sur 178 · PARLEMENT ALLEMAND · texte numérisé non relu

PARLEMENT ALLEMAND

La réorganisation de Posen, commencée par Votre Majesté^ mettra fin à Tétat déplorable de ce pays et aux dissentiments de la population allemande et polonaise. Puisse cet acte de justice fonder Tindépendance nationale d'un peuple si longtemps opprimé! »

C'était déclarer nettement qu'on ne tiendrait que fort peu de compte du projet de constitution présenté par le gouvernement. Et en effet rassemblée abolit les privilèges de la noblesse, sans détruire les noms et les traditions; elle effaça des lois prussiennes la peine de mort, elle refusa au roi le veto absolu ; après Tadoption trois fois répétée d'un projet de loi par les deux chambres, tout projet avait force de loi. Mais la tâche de la Constituante était difficile entre les répugances de la cour et les impatiences du peuple, entre la souveraineté nationale, et la souveraineté du droit divin, et bientôt le temps allait lui manquer pour achever son œuvre. Mais n'anticipons pas.

Il faut maintenant que nous nous reportions à Francfort, où s'assemblait le parlement national allemand, le 18 mai 18^8.

Le parlement se trouva dès Tabord fractionné en partis plus ou moins hostiles ; la droite composée des ennemis de la révolution, le centre gauche, des réformateurs timides ; la gauche, plus résolue, partait nettement du principe de la souveraineté nationale, et considérait les rois comme les délégués des nations, chargés par elles de l'administration. Un certain nombre des membres

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de la gauche étaient républicains^ mais cependant ils n'avaient pas la prétention d'imposer aux peuples une forme de gouvernement qu'ils ne demandaient pas, et ils étaient résolus à tenir compte de toutes les tradi^ lions historiques qui ont presque toujours^ sur les multitudes, plus d'influence que les idées. Quanta l'extrême gauche^ composée d'hommes ardents^ croyant à la toute-puissance des idées et de la logique^ ils demandaient hautement la république et voulaient modeler l'Allemagne sur l'organisation des États-Unis. 11 est bien probable qu'un jour ou l'autre l'avenir leur donnera raison^ mais leur tort était de confondre cet ave* nir avec le présent^ de ne pas tenir un compte suffisant des habitudes des populations allemandes^ et de se figu* rer que les raisonnements et leif démonstrations peuvent prévaloir en un jour sur les sentiments et les préjugés. C'est cette erreur qui^ là comme dans tout le reste de l'Europe, a préparé et amené ces réactions violentes qui ont semblé, pendant un temps, effacer l'œuvre de 18^8. L'extrême gauche était appuyée par un certain nombre de journaux et par une grande quantité de clubs populaires^ qui par leur tumulte se faisaient illusion sur la force réelle du parti qu'ils représentaient, et dont les prédications, souvent violentes, n'avaient d'autre effet que d'inquiéter la bourgeoisie et de la détacher peu à peu, en l'effrayant, de la Révolution. A ce parti se joignaient les réformateurs socialistes, animés de passions généreuses, émus d'une pitié profonde pour les misères d'une grande partie de la population, véritables représentants de l'avenir, mais tous plus ou moins imbus de cette idée^que les conditions de$ sociétés peu-

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