‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 15 sur 178 · DIPLOMATIE AUTRICHIENNE · texte numérisé non relu

DIPLOMATIE AUTRICHIENNE

congrès, obtinrent que le ztatu qtto serait rigoureusement maintenu. Le plan de Hertzberg se trouvait donc complètement bouleversé. Il fut dès lors facile de prévoir que l'influence du ministre prussien ne tarderait pas à disparaître.

En effets on travaillait déjà depuis longtemps et de différents côtés à le ruiner dans Tesprit du roi. L'attaché d'ambassade Luchesini, que Frédéric-Guillaume avait appelé de Varsovie, lui avait fait comprendre toutes les difficultés que présentait l'exécution du plan poursuivi par le cabinet prussien. D'ailleurs son imagination mobile et impatiente le rendait peu propre à s'accommoder des lenteurs nécessaires de la politique adoptée jusqu'alors. Il voulait en finir avec toutes ces complications, et l'Auiriche vit avec autant de surprise que de plaisir que, pour arriver à une solution, il étai disposé à ne rien demander pour lui-même. Mais il en résulta une conséquence que sa naïveté n'avait pas prévue, c'est que plus il semblait pressé de conclure la paix, plus FAutriche, qui avait d'abord paru accéder aux préliminaires de Reichenbach, élevait ses prétentions;, si bien que sa bonne volonté ne fit qu'embarrasser les affaires, éloigner l'espérance d'une paix définitive, et que les rapports entre les cabinets de Vienne et de Berlin semblèrent s'aigrir tous les jours. Il ne paraissait même pas impossible que la guerre éclatât tout à coup entre les deux puissances. Mais il est bien certain que l'Autriche ne faisait que jouer son jeu habituel, qui est de profiter de toutes les circonstances pour s'agrandir aux dépens de ses amis et de ses ennemis. Elle n'ignorait pas quel était le caractère du roi.

elle savait qu'il était fatigué de ces longues négociations^ et que plutôt que de les continuer^ il ferait de grands sacrifices. Toute la question était de savoir jusqu'où on pourrait le pousser, et Kaunitz n'était pas d'humeur à le prendre au mot, avant de savoir s'il ne pourrait pas lui arracher quelque chose de plus. Cette guerre, qui semblait menaçante, n'inspirait donc pas grande crainte au minisire autrichien, d*au(ant plus qu'il était parfaitement instruit qu'une nouvelle préoccupation s'était emparée de l'esprit de Frédéric-Guillaume.

En effet, celui-ci ne songeait plus qu'à la Révolution française, et il ne voulait pas, pour quelques chicanes diplomatiques, s'exposer à manquer la gloire d'unir contre elle toutes les puissances absolutistes, et de se poser devant la postérité comme TAgamemnon de l'Europe monarchique. Les affaires d'Orient n'étaient donc plus pour lui qu'une gène et un tourment, dont il aspirait à se débarrasser au plus vite, et il en voulait à son ministre Hertzberg de l'entêtement qu'il mettait à laisser peser ce fardeau sur ses épaules. Le rayonnement de sa gloire future le fascinait, et ne lui permettait plus de rien voir autre chose.

Il avait eu l'imprudence ou plutôt Tétourderie d'instruire lui-même le cabinet de Vienne des préoccupations qui l'assiégeaient. A Tinsu de son ministre, il avait envoyé à la cour d'Autriche son favori Bischofswerder, avec commission de la sonder sur ses intentions à l'égard de la Révolution française, et de lui faire comprendre qu'il était de l'intérêt, et du devoir de tous les rois, et en particulier de Léopold, frère de

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