AFFAIRE DE U HESSE ÉLECTORALE
tenu la Prusse Veut abandonnée, malgvé ses préparatifs militaires^ malgré la mobilisation de la landwehr^ il ne put réussir ni h ramener les peuples, ni à intimider les gouvernements. L'Autriche, relevée en apparence et pour un moment par la main violente du prince de Schwartzenberg^ opposa à toutes ses menaces la coalition des gouvernements; la Prusse, qui n'aurait pu lutter avec avantage qu'à la condition d'avoir pour elle la coalition des peuples^ fut obligée de reculer sur tous les points^ même là où elle avait pour elle l'évidence du droit et de la justice, comme par exemple dans l'aifaire de l'électeur de Hesse. Cet électeur, dont les finances étaient fort mal réglées^ tenait essentiellement à ce que ses dépenses échappassent au contrôle des chambres. Il exigea donc un vote de confiance^ qui lui fut refusé. La chambre fut dissoute. Les élections lui en envoyèrent une autre^ qui se montra au moins aussi indocile que la première. Elle fut encore dissoute et le pays fut mis en état de siège. Mais toute la population y l'administration, Tarmée ellemême, étaient dans l'opposition. L'électeur^ forcé de s'enfuir, invoqua le secours de l'Autriche. Frédéric- Ouillaume se h&ta de faire entrer ses troupes sur le territoire de la He&se, pour fermer le passage aux Autrichiens. Dans cette circonstance^ il se trouvait donc par hasard amené à reprendre le rôle qui semblait assigné naturellement à la Prusse, celui de défendre l'indépendance des petits États contre les ingérences de l'Autriche. Mais Schwartzenberg était bien décité à profiter de l'impopularité de la Prusse pour rétablir l'Autriche dans la suprématie que la révolution de 1848 lui avait arra-
chée.Âu fantôme de parlement allemand installé à Erfurth;, il opposa la reconstitution de la Diète germanique, sous la présidence de TAutriche ; aux tentatives de Vunion restreinte, il opposa le concert des royaumes allemands, groupés autour de TAutriche ; au Zollverein prussien il opposa un projet d'union douanière entre les Etats du Sud, et il sut si bien convaincre Frédéric- Guillaume qu*il était hors d'état de lutter contre lui, qu'au moment où tout semblait préparé pour une guerre décisive entre les deux grands États rivaux, l'Allemagne et TEurope apprirent avec stupéfaction qu'une convention signée à Olmiitz, le 29 novembre 1850, par M. de Manteuffèl et le prince de Schwartzenberg, consacrait définitivement le triomphe de la politique autrichienne. Voici le texte même de celte convention, qui, par Tirritation qu'elle jeta dans le cœur de tous les patriotes prussiens, n'a pas peu contribué à préparer les événements qui ont éclaté seize ans plus tard :
« Les gouvernements d'Autriche et de Prusse déclarent qu'ils ont l'intention de régler définitivement l'affaire de la Hesse électorale et du Holstein par la décision commune de tous les gouvernements allemands.
» Pour rendre possible la coopération des gouvernements représentés à Francfort, comme de ceux qiii ne le sont pas, les membres de la Confédération représentés h Francfort, ainsi que la Prusse, et ses alliés, nommeront chacun un commissaire pour s'entendre sur les mesures à prendre en commun.
» Mais comme il est de l'intérêt général que dans la Hesse électorale, aussi bien que dans le Holstein, on