CONVENTION D'OLMUTZ
rétablisse un ordre de choses légal répondant aux lois fondamentales de la Confédération et rendant possible Taccomplissement des devoirs fédéraux; comme en outre TAutriche, tant en son nom qu'en celui des États ses alliés, a accordé les garanties que la Prusse avait sollicitées pour ses intérêts concernant Toccupalion de la Hesse électorale, les deux gouvernements conviennent de ce qui suit pour la discussion prochaine de la question et sans établir un préjugé pour la décision future :
» 1° Dans la Hesse électorale, la Prusse n'opposera aucun obstacle à Faction des troupes appelées par rélecteur, et transmettra à cet effet les ordres nécessaires aux généraux commandants, afin qu'ils accordent le passage par les routes d'étapes occupées par la Prusse, Les deux gouvernements d'Autriche et de Prusse inviteront, d'accord avec leurs alliés, Son Altesse Royale à consentir à ce qu'un bataillon des troupes requises par son gouvernement et un bataillon prussien restent à Cassel pour y maintenir l'ordre et la tranquillité.
» 2** L'Autriche et la Prusse, après s'être entendues avec leurs alliés, enverront dans le Hoistein, aussi promptement qu'il sera possible, des commissaires qui exigeront de la lieutenance, au nom de la Confédération, la suspension des hostilités, la retraite des troupes derrière l'Eider el la réduction de l'armée au tiers de Te ffectif actuel, en les menaçant d'une exécution commune en cas de refus. D'un autre côté, le cabinet danois sera invité par les deux gouvernements à n'entretenir dans le duché de Schleswig que le nombre de troupes nécessaires au maintien de la tranquillité. »
Ainsi donc la Prusse qui^ dès le commencement de novembre, s'était engagée à renoncer définitivement à son système d'union restreinte et à considérer comme nulle et non avenue la Constitution fédérale du 18 mai 18^9, cédait encore sur les deux questions des duchés et de 4a Hesse électorale^ ne se réservant que le honteux avantage de coopérer avec le cabinet de Vienne à étouffer les causes qu'elle avait embrassées avec tant d*ardeur, et dont le succès lui était si important^ au point de vue de sa suprématie en Allemagne .
Son attitude pendant la guerre de Crimée, en i85/i, ne contribua pas peu à affaiblir Tinfluence de la Prusse en Europe. Le parti libéral, conduit par M. de Vincke, voulait profiter de cette occasion pour délivrer TAllemagne de la pression que la Russie exerc&it sur elle depuis 1815. Il comprenait très-bien que cette subordination de la politique allemande h. la politique russe était une des causes principales qui s'opposaient au développement des principes libéraux en Prusse. Mais c'était précisément une raison pour que le gouvernement refusât de se laisser entraîner dans cette voie. Sa haine contre le libéralisme était plus forte même que son ambition de se mettre à la tête de l'Allemagne. Mais d'un autre côté il craignait, en se déclarant pour la Russie, de heurter trop directement l'opinion publique. Il en résulta qu'il n'osa ni se ranger du côté des puissances occidentales, comme le demandait la partie éclairée de la population, ni embrasser ouvertement la cause de la Russie, malgré les incitations du parti féodal, qui voyait dans cette alliance le seul moyen d'assurer le triomphe définitif de la réaction. Cette indéci-