‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 155 sur 178 · AFFAIRE DE NEUFCHATEL · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE NEUFCHATEL

sion, qui se prolongea jusqu'à la fin de la guerre^ rendit le gouvernement prussien également odieux et mé* prisable aux deux partis, et quand^ après la prise de :< ': Sébastopol, il s'agit de régler définitivement les ques-> tions européennes qu'avait soulevées ce conflit^ la Prusse eut peine à faire admettre un représentant parmi les plénipotentiaires réunis pour discuter et signer le traité de Paris.

C'est de cette époque que date la popularité du prince royal de Prusse, qui devait succéder à Frédéric-Guillaume. Ce prince, contre lequel les défiances s'étaient prononcées d'une manière si violente en 1848, sut effacer ces tristes souvenirs par Tardeur qu'il montra en 1854 contre les prétentions féodales du parti de la Croix, et il lui suffit de se déclarer contre l'alliance russe pour ramener à lui l'opinion. Ce revirement aurait dû éclairer le gouvernement prussien, mais Frédéric-Guillaume en était encore au point où toutes les leçons sont inutiles. Son cœur était profondément ulcéré par les souvenirs de 1848. Il ne pouvait plus se détacher de la camarilla qui flattait ses passions rétrogrades, ni comprendre quel était alors le véritable intérêt de la monarchie prussienne.

La triste affaire de Neufchâtel vint mettre le comble au discrédit de la Prusse. Une échauffourée royaliste avait tenté d'arracher ce canton à la Confédération helvétique, dont il faisait partie depuis 1848. Cette émeute avait été vaincue, et les insurgés avaient été incarcérés. Le. roi eut un moment la pensée de faire la guerre à la Suisse, pour rentrer en possession de ce territoire; mais l'intervention de la France le décida à renoncer à cette

entreprise, et le 26 mai 1857, un traité fut conclu sous la médiation des grandes puissances, par lequel le roi renonça à ses droits de souveraineté et ne garda que le titre de prince de Neufchâtel.

Il serait trop long et fastidieux d'entrer dans le détail des misères intérieures qui signalèrent la fin de ce règne déplorable, qui, après de si brillantes promesses, n'aboutit qu'à enlever à la Prusse toute influence. Au dehors, la Prusse s'efface complètement devant l'Autriche ; à rintérieur, la réaction triomphe sans obstacle, et le parti de la Croix domine l'esprit défaillant du roi; sans pouvoir même lui inspirer aucune résolution énergique. Partout règne l'indécision. Le parti libéral disparaît de la scène, comprenant qu'il n'y a plus rien à espérer d'un pareil gouvernement, et remet à un autre temps ses espérances et ses efforts.

Du reste cette situation ne devait pas durer. Le roi, dont l'intelligence se trouvait de plus en plus affaiblie, fut bientôt forcé de renoncer à toute occupation, et le 23 octobre 1857 une lettre royale chargea le prince royal de Tadminislration provisoire du royaume.

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