‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 18 sur 178 · PLAN DE MONTMORIN · texte numérisé non relu

PLAN DE MONTMORIN

. Cependant Léopold ne pouvait se décider à agir^ et le roi de Prusse finit, par croire qu'il était joué. ïi essaya alors d'un autre système politique. Il consistait à. laisser là rAutriche, à envoyer au roi de France un secours de SO 000 hommes qui devait amplement suffire pour mettra à la raison. les factieux; ensuite on conclurait une alliance intime avec la cour de France, sans rien de-r voir à Léopold.

. Le malheur,x'est que Montmorin avait aussi son-pten^ qui ne valait guère mieux^ mais qui ne: pouvait s'accorder avec celui de Frédéricr-Guillaumè. Il voulait quQ TEurope se coalisât et déclarât la guerre à la France» mais sans donner à cette déclaration d'autre suite im-r médiate que la publication d'un manifeste. Puis on devait s'acheminer lentement vers les frontières fran-r çais^» pendant que Louis XVI prendrait ses mesures à l'intérieur^ achèterait des adhérents parmi tous les pouvoirs et dans l'assemblée, et enverrait ostensibler ment à tous les émigrés l'ordre de revenir, poiir défendre là patrie. On publierait en même temps, des lettres que Marie-Antoinette écrirait à Léopold et à la reine de NapJés pour les détacher de la coalition. Puis> quand l'opinion serait ainsi ramenée, le roi se rendrait au milieu de l'armée; il entamerait avec les puissances coalisées des négociations, obtiendrait un armistice et des conditions préliminaires de paix, pour lesquelles il voudrait avoir l'adhésion des représentants de la nation. Ces représentants, élus cette fois par baillage, seraient convoqués à Metz, pour être dans le voisinage de Vàtr mée; on leur ferait voter une constitution nouvelle,^ et le roi rentrerait à Paris, avec la gloire d'avoir délivré le

hH KUÉDERIC-GUILLAUME II.

pays à là fois des menaces de l'invasion étrangère et des dangers des factions intérieures.

Cette combinaison^ toute chimérique qu'elle était, prouvait du moins qu*on ne se faisait pas à la cour de France les mêmes illusions qu'en Prusse sur la puissance réelle du mouvement révolutionnaire. Frédéric- Guillaume croyait n'avoir affaire qu'à une poignée de factieux, dont la mitraille aurait bientôt raison. Montmorin sentait que c'était sur Popinion qu'il fallait agir.

Léopold^ voyant que le roi de Prusse songeait à se passer de lui^ se décida enfin à faire un pas en avant. Après le malheureux voyage de Louis XVI à Yarennes, il écrivit confidentiellement à tous les souverains, pour savoir, avant de s'engager définitivement^ si tout le monde marcherait avec lui, Frédéric-Guillaume s'empressa de répondre à cet appel. Le 25 juillet 1791 les deux souverains signèrent un traité préliminaire d'alliance^ par lequel ils s'engagèrent à se garantir mutuellement leurs possessions, à ne conclure aucun arrangement avec une tierce puissance sans s'en informer réciproquement, et à ne rien entreprendre contre l'intégrité et la constitution de la Pologne. L'Autriche, de plus^ assurait à la Prusse sa coopération auprès des autres cours de l'Europe pour les amener à une action commune à Tégard de la France, en vue d'y rétablir l'ordre. Le traité d'alliance devait être définitivement signé^ dès que la Russie se serait décidée à mettre fin à la guerre d'extermination qu'elle faisait à la Turquie.

Frédéric-Guillaume pouvait donc se croire bien près d'atteindre son but. Il déployait de tous côtés une ac-

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