MANIFESTE DE BRUNSWICK
gloito prochaine de relever le trône et Pautel. C'est dans ces dispositions qu'il ouvrit la campagne de 1792.
Mallet du Pan, émissaire secret de Louis XVI^ avait remis aux confédérés un billet autographe du roi ainsi conçu : « La personne qui présentera ce billet connaît mes intentions ; on peut prendre confiance à ce qu'elle dira. » Il voulait qu'avant de commencer les hostilités, on lançât un manifeste menaçant contre les fac-* tieux, mais plein de ménagements pour la nation. Les ministres d'Autriche^ Cobentzel et le comte de Haugwitz^ ministre de Prusse^ adhéraient au projet proposé. Mais l'empereur avait déjà entre les mains un autre manifeste qu'il avait approuvé^ et pour lequel il n'eut pas de peine à obtenir l'adhésion du roi de Prusse. Ce manifeste insensé avait été rédigé sous l'inspiration de de Galonné, par le marquis de Linion^ autrefois ar^^ dent révolutionnaire^ maintenant émigré et royaliste exalté.
11 y était dit que les armées de Prusse et d'Autriche avaient pour mission de détruire Tanarchie, de sauver le trône, de défendre l'Eglise, de rendre au roi la liberté et le pouvoir; les gardes nationaux et les auto-« rites françaises étalent déclarées responsables sur leur tète et sur leurs biens de tous les délits^ incendies j assassinats, pillages ou voies de fait qu'elle^ auraient laissé commettre, ou qu'elles ne se seraient pas notoi* lemeat efforcées d'empêcher sur leiyr territoire; ordre leur ét&it donné de continuer leurs fonctions jusqu'à ce que Louis XVI, remis en pleine liberté^ y eût pourvu ultérieurement; les officiers et leff joldats étaient sommés de rentrer dans l'obéissance qu'ils de-^
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vaientauroi; si Ton ne remettait immédiatement la famille royale en liberté^ les confédérés avertissaient les membres de TAssemblée nationale, des conseils de départements^ de districts, des municipalités et les gardes nationales, qu^ils seraient jugés militairement et sans espoir de pardon; quiconque oserait se dé fendt'e contre les troupes prussiennes et autrichiennes, devait être châtié sur-le-champ comme rebelle et perturi>ateur du repos public, et leurs maisons brûlées et démolies. Enfin il se terminait par ces mots : «Si l'on ne rend au roi tous ses droits^ s^il est fait la moindre violence^ le moindre outrage à Leurs Majestés le roi» la reine et à la famille royale, s^il n'est pas pourvu immédiatement à leur sûreté^ à leur conservation et à leur liberté^ les alliés en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale, et les révoltés^ coupables d'attentats, aux supplices qu'ils auront mérités.» Ceux-là seuls qui se soumettraient sans délai pouvaient espérer leur pardon.
On dit que le duc de Brunswick fut consterné quand on lui présenta à signer ce manifeste, et qu'il fut tenté de refuser sa signature « à ce déplorable acte de dé-< mence o^ comme il l'appelait. Par point d'honneur mi^ litaire, il voulait bien diriger les opérations contre la France qu'il aimait^ mais il ne pouvait souffrir la pensée de lui devenir odieux et ridicule. Quand plus tard Ber-^ trand de MoUeville prétendit qu'il avait pris part à la rédaction de ce factum, il lui donna le démenti le plus formel, en ajoutant : « Il est bien permis de chercher à éviter de passer dans les siècles à venir pour un étourdi