‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 23 sur 178 · CC. VÉRON · texte numérisé non relu

CC. VÉRON

6^ FRÉDÉftlC-GUlLLAUMË lî.

sympathie des deux nations éclatait surtout dans la inanière dont elles traitaient leurs prisonniers; On raconte aussi que^ quelques députés de Bade ayant demandé au général prussien Muhlendorf un sauf-conduit pour traverser les lignes autrichiennes : « A quoi bon? leur dit-il^ les Autrichiens n'en tiendraient pas compte. y> Le ministre des affaires étrangères de Prusse, Haugwitz, auquef .Lavater^ le prophète, trouva une tête de Christ avant de s^apercevoir que c'était celle d'un débauché, était bien moins hostile à la France qu'à TAutriche. Il ne pouvait pas se résigner à la pensée que le corps germanique dût rester un monstre à deux têtes, et cette continuelle révolte contre la constitution de TEmpire s'enveloppait dans sa pensée d'une sorte de mysticisme révolutionnaire^ qui expliquait et jtistifiait à ses yeux son penchant pour la France.

Le 14 octobfe 1794, quand le dernier terme des subsides mensuels eut été payé par TAngleterre, le général en chef de Tarmée prussienne fit publier à Tordre, d'après les instructions envoyées de Berlin, que « le traité de subsides avec l'Angleterre ayant cessé, tout ce qui se ferait désormais ne serait plus que pour soutenir l'honneur des armes prussiennes et leur ancienne gloire ». C'était assez dire qu'on ne ferait plus rien, puisque le gouvernement français^ fidèle à sa politique^ ne cachait pas que son intention n'était nullement de pousser à bout Thonneur militaire de la Prusse. Aussi le Comité de salut public, connaissant les dispositions favorables du cabinet prussien, envoya-t-il Merlin de Thionville, en apparence pour présider à une sorte de blocus de Mayence, en réalité pour épier lé

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