‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 24 sur 178 · DISPOSITIONS PACIFIQUES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS PACIFIQUES

moment de faire des ouvertures de paix. Ce moment tarda d'autant moins que les Prussiens de leur côté ne dissimulaient pas leurs sympathies pour la France. La musique de leurs régiments jouait Tair de la Carma-* gnoUy pendant que les Pays-Bas, au grand scandale du prince de Metternich^ accueillaient l'armée française en chantant le fameux Ça ira.

Pour toutes ces raisons^ et. pour d'autres encore non moins considérables que nous exposerons en racontant le second partage de la Pologne^ lé cabinet de Prusse était disposé à faire la paix. Cependant^ ne voulant pas agir trop directement et se mettre en avant^ pour ne pas confirmer les reproches de trahison que ne lui ménageaient pas lespuissances alliées et surt oui TAngleterre qui Taccusait, en plein parlement, d'avoir employé ses subsides à préparer le succès de ses desseins sur la Pologne, il envoya des agents de différents côtés, dans les premiers jours d'octobre 179^, pour décider le corps germanique à exprimer des vœux pacifiques.

A l'instigation de Hardenberg, l'électeur palatin, le premier, parla en pleine diète en faveur de la paix; l'électeur de Mayence, archichancelier de TEmpire, présenta une proposition formelle dans le même sens ; rélecteur palatin, celui de Saxe, et le duc de. Wurtemberg y adhérèrent. Le margrave de Bade seul, demanda qu'on attendît l'avis de l'Autriche. Celle-ci , pour gagner du temps et pour masquer ses projets, proposa de voter d'abord sur la seule question de savoir si l'on devait faire la paix, en réservant pour une autre délil)ération la question des voies et moyens, et elle de* manda qu'on lui accordât un délai de six semaines^

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avant de rien décider. Elle espérait pendant ce temps obtenir des subsides de TAngleterre. Pitt, en effets lui promit quatre millions de livres (100 millions de francs}. Cependant le 5 décembre 1794, les trois collèges de l'empire entrèrent en délibération. Trente-sept voix se prononcèrent pour la paix^ et trente -six demandèrent qu^elle se fit par la médiation de la Prusse. Ce vote était une humiliation pour rAutriche ; cependant elle dissimula son dépit, et le 19 décembre 1794, elle déclara par son vote qu'elle ne repoussait pas la paix en principe, mais à condition que Ton prît pour point de départ le rétablissement des possessions respectives sur le pied de la paix de Weslphalie. Au fond^ c'était voler la continuation de la guerre, puisqu'elle savait que la France prétendait garder la rive gauche du Rhin.

Mais la Prusse^ fière de la suprématie que lui donnait le vote des électeurs^ n'entendait pas en perdre le bénéfice. Elle était d'avance résignée à la cession des provinces rhénanes, pour lesquelles on lui avait fait entendre qu'on lui trouverait une compensation et^ contrairement à la loi constitutive de TEmpire, elle se résolut à faire la paix séparément, si rAutriche se refusait à agir de concert avec elle, ou plutôt sous sa direction.

Le 28 décembre 1794, le comte de Golz se rendit à Bàle, où le rejoignit le plénipotentiaire français, Barthélémy, avec des instructions rédigées par Haugwitz, et qui portaient en toutes lettres que a Sa Majesté prussienne, charmée du changement survenu dans les principes et dans la marche du gouvernement français, désirait surtout pour cela la paix; que^ du reste, la

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