‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 32 sur 178 · SECONDE COALITION · texte numérisé non relu

SECONDE COALITION

répondit le représentant du Directoire. « Eh! le peutelle? s'écria alors le comte d'Haugwitz. Je suis fâché de vous le dire, mais vous n'avez plus de ressources; vous n'avez ni troupes, ni argent, ni esprit public. Croyez-moi, la Hollande ne tiendra pas un mois; la Belgique sera bientôt envahie, et le roi doit à ses anciens sujets de les mettre à i'abri d^une invasion. » Les victoires de Masséna en Suisse et celles de Brune en Hollande donnèrent un éclatant démenti au ministre prussien. Il était temps, car le roi ébranlé se serait peut-être décidé à sortir de sa neutralité, et la France en ce moment n'était guère en état de lutter contre un nouvel ennemi. Les victoires delà République ramenèrent le roi de Prusse à la conviction qu'il n'avait rien de mieux à faire que de rester tranquille.

Pendant ce temps, le général Bonaparte revint d'Egypte à Timproviste, laissant son armée sous les ordres de Kléber. Le coup d'État du 18 brumaire et la dispersion violente du conseil des Cinq-Cents mit entre ses mains un pouvoir qui ne tarda pas à devenir absolu. Les défaites de Marengo et de Hohenlinden forcèrent bientôt l'Autriche à subir le traité de Lunéville, et Paul I", alors fort irrité contre l'Angleterre, se retira de la coalition. La France échappait encore une fois à ses ennemis, et le roi de Prusse se réjouissait d'avoir résisté aux conseils de ses ministres.

D'ailleurs, après s'être emparé du pouvoir, un des premiers soins de Bonaparte avait été d'envoyer à Berlin son ami, le colonel Duroc, avec mission d'amener le gouvernement prussien à s'unir étroitement avec celui de la France. Le roi fit l'accueil le plus cordial à

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