VIOLATION DU TERRITOIRE PRUSSIEN
besoin ) pour atteindre son but^ de passer sur le territoire prussien. Il continuait donc à s^occuper de son projet de descente dans la Poméranie suédoise, repoussant toutes, les représentations qui lui venaient de Berlin, tandis que Napoléon, en rappelant pour remployer ailleurs la plus grande partie du corps d'occupation, panissait par cela même Tavoir placé sous la sauve* garde de la Prusse.
Cette affaire n'était pas encore arrangée qu'une nouvelle difficulté plus grave se présenta. Le 19 septembre, le général russe Buxhœvdent vint à Berlin demander pour les troupes d'Alexandre, qui se hâtaient de marcher au secours de l'Autriche, la permission de traverser le territoire prussien. Cette demande parut plus que surprenante ; on la considéra comme une offense, et c'en était une en effet, quelque biais qu'on prît pour l'atténuer. Elle ne pouvait s'expliquer que par une sorte de mépris pour l'armée prussienne, ou par la supposition que le roi n'oserait pas refuser, à moins qu'on n'aimât mieux y voir la persuasion que Frédéric- Guillaume, malgré ses protestations, était en secret l'ennemi de la France et qu'il suffirait d'une pression un peu énergique pour le forcer à se déclarer ouvertement. Comme tous les caractères faibles, le roi craignait par-dessus tout qu'on pût douter de son énergie. Aussi déploya-t-il dans cette occasion une vigueur qu'on n'eût pas attendue de lui. Toutes les armées prussiennes furent dirigées aussitôt sur la Vistule.
Il semblait que cette circonstance eût dû resserrer les liens qui unissaient la Prusse à la France, et en effet il eût été assez naturel que Napoléon eût témoigné
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quelque reconnaissance d'un effort qui avait dû coûter au roi de Prusse, et qui en tout cas témoignait hautement que, s'il avait refusé de s'attacher à sa fortune, il était du moins bien éloigné de favoriser, les projets de ses ennemis. Mais cela ne l'empêcha pas de donner à Bernadotte, qui était dans le Hanovre, l'ordre de se rendre par la voie la plus courte à Nordlingen. Celq|rci eut beau faire observer qu'il lui faudrait dans ce cas traverser le territoire prussien, le même ordre lui fut réitéré impérativement. Il pénétra donc dans le Wurzbourg et s'avança dans les premiers jours d'octobre sur la route d'Ussenheim par Anspach, Gunzenhausen et Weissenbourg. Marmont, qui avait quitté Mayence pour se porter à sa rencontre, entra aussi par le Wurzbourg dans la principauté d'Anspach. Wrede, général de l'armée bavaroise, après avoir échappé aux Autrichiens, en traversant le Danube, avait pénétré de son côté sur le môme territoire par la route de Schwabach et d'Arenberg, pendant que Davoust, campé à Crailsheim et à Dinkelsbuhl, s'étendait dans la partie méridionale.
On conçoit la colère du roi à ces nouvelles. En six jours plus de 100 000 hommes avaient traversé le pays d'Anspach.
Des explications furent demandées à Duroc et à l'ambassadeur français Laforest. Mais elles ne satisfirept pas le roi, si l'on en juge par la réponse qu'il y fit faire par le baron de Hardenberg :
(( Sa Majesté ne sait pas de quoi elle doit s'étonner le plus, ou des violences que les armées françaises se sont permises dans ses provinces, ou des arguments incom-