‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 50 sur 178 · OCCUPATION DU HANOVRE · texte numérisé non relu

OCCUPATION DU HANOVRE

résistance. Immédiatement après cette déclaration, le comte de Schulenbourg-Kehnert entra dans le Hanovre k la tête de 23 bataillons d'infanterie, de 25 escadrons de cavalerie et de plusieurs compagnies d'artilleurs. Le comte de Munster^ qui gouvernait le Hanovre au nom de TAngleterre, fit une protestation solennelle. Il fit ressortir la scandaleuse contradiction qui existait entre la conduite présente delà Prusse et les engagements que, le 12 décembre précédent, le baron de Hardenberg avait pris au nom de son gouvernement avec lord Harrowby, ambassadeur d'Angleterre ; il déclara en même temps que l'obéissance que l'on exigeait de la population à regard des autorités prussiennes ne pouvait s'accorder avec le devoir des sujets d'obéir à leur souverain légitime. Tous ses efforts furent inutiles. On n'en continua pas moins à occuper le pays et à s'y installer, et le comte dut partir pour Londres au commencement de février, après avoir engagé les Hanovriens à ne pas tenter une résistance inutile.

On conçoit quelle fut la colère du gouvernement anglais contre le cabinet de Berlin. Il était évident que l'Angleterre avait été jouée, et que la prétendue occupation provisoire n'avait été qu'un stratagème pour décider les troupes anglaises à se retirer. C'était une nouvelle faute à ajouter à toutes celles qu'avaient fait commettre au roi son indécision et sa faiblesse. Par ses demi-mesures et ses demi-moyens, par ses détours et ses équivoques de conduite et de parole, il s'était aliéné l'Angleterre, sans avoir satisfait la France. Suspect a ses alliés et méprisé de ses ennemis, il allait bientôt apprendre à ses dépens que dans la situation

qui lui avait été faite^ en grande partie par sa faute, il n'y avait que deux moyens de sortir d'embarras : ou de s'attacher franchement à l'alliance de la France et d'accepter le traité tel que lui avait envoyé Napoléon, ou de se déclarer nettement son ennemi en se joignant aux puissances coalisées. Ces deux partis avaient leurs dangers, mais aussi leurs avantages. Mais prétendre à l'alliance de TAngleterre en lui prenant ses possessions allemandes, et en même temps à celle de Napoléon en rejetant ses propositions, c'était une de ces folies qui ne peuvent germer que dans des têtes comme celle de Frédéric-Guillaume, et qui ne se comprennent que par le vertige dont se trouvent saisies lésâmes pusillanimes, lorsque, acculées à la nécessité de prendre un parti et d'agir, elles ne peuvent s'y résoudre, et se jettent dans les biais et les combinaisons les plus impossibles, pour échapper à leurs propres terreurs. Alors, elles ne trouvent de refuge que dans l'absurde, comme ces malheureux que la peur précipite dans les abîmes.

Une fois que Napoléon vit la Prusse brouillée avec l'Angleterre et compromise auprès de toutes les puissances, il se décida à conclure avec le comte de Haugwitz un nouveau traité pour remplacer celui du 15 décembre 1805. Mais, comme on devait s'y attendre, cette nouvelle convention, signée le 15 février 1806, fut beaucoup plus onéreuse pour laPrusse que lapremière. La clause de l'acte du 15 novembre, par laquelle la Bavière devait céder à la Prusse un territoire de 20 000 âmes, fut supprimée, et la Prusse dut s'engager à fermer au pavillon britannique les embouchures de l'Elbe et du Weser. Voilà ce que Frédéric-Guillaume

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