‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 64 sur 178 · TRAITÉ DE TILSITT · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE TILSITT

vrait son ancienne indépendance, avec un territoire qui devait s'étendre sur un rayon de deux lieues de France, et elle devait se gouverner par ses propres lois^ sous la protection de la Prusse et de la Saxe. Pour établir une communication libre et perpétuelle entre la Saxe et Varsovie^ la Prusse accordait, au travers de ses États, rmsage illimité d'une route militaire. La navigation sur la Netze et le canal de Bromberg^ depuis Orisen jus* qu'à la Yistule, était exempte de tout péage^ de môme que la navigation sur la Vistule, que ni la Prusse ni la Saxe , ni Dantzick ne devaient entraver en aucune manière. Le roi de Prusse s'engageait encore à reconnaître comme roi de Hollande Louis Bonaparte ; tous les membres actuels ou futurs de la confédération du Rhin, leurs possessions, ainsi\que les titres qui leur avaient été conférés ou qui pouvaient leur être conférés par la suite, étaient également reconnus par lui. Aucun de ceux qui avaient pris part à la guerre ne devait être inquiété ni dans sa personne ni dans ses biens, et cette condition s'appliquait à tous les pays prussiens^ cédés ou rendus. La Prusse s'engageait de plus à fermer ses ports aux vaisseaux de TÂngleterre, et à n'avoir avec cet État aucun rapport commercial, jusqu'à ce que la paix ait été conclue entre la France et lui.

Quand ces conditions furent connues, elles jetèrent partout la consternation. La Prusse était réduite de près de moitié. Des dix millions d'habitants qu'elle avait avant la guerre, il lui restait à peine six millions. On se disait que les territoires conservés surpassaient de bien peu les acquisitions faites par Frédéric II; que vis-à-vis de la France, de la Russie et de l'Autriche,

iU FREDERIC-GUILLAUME III.

la Prusse ne serait plus qu'une puissance insignifiante^ hors d'état de lutter môme avec les États de second ordre de TÂllemagne, et particulièrement avec la Saxe, si fort agrandie par ce traité. On ne pouvait se consoler de voir entamé le berceau de la monarchie prussienne par la cession de Tancienne Marche. En perdant la forteresse de Magdebourg, la capitale avait perdu son boulevard; la destruction des remparts de Breslau, de Brieg et de Schweidnitz, découvrait toute la Silésie. De la frontière on pouvait arriver à Berlin en vingt-quatre heures^ et la capitale se trouvait sans défense du côté de TElbe^ comme la Silésie du côté de la Yistule. Désormais le roi cessait d'être maître de son propre pays, puisque des troupes étrangères auraient le droit de traverser à leur gré ses États. De plus, si la cession de Bialystock et des districts voisins ne pouvait à la rigueur être considérée comme une perte réelle, il était cependant pénible de voir des possessions prussiennes employées à satisfaire Tami et Pallié du roi. Un des articles du traité , qui paraissait le plus humiliant , était celui où il était dit, en propres termes, que ce n'était qu'à la considération d'Alexandre et pour lui donner une preuve non équivoque de son amitié, que Napoléon consentait à rendre une partie de la Prusse conquise à son ancien souverain.

Bientôt après, Frédéric-Guillaume adressa une lettre de congé à tous ses anciens sujets : a Forcé, disait-il, de se soumettre à une cruelle nécessité, il )es dégageait de leurs devoirs envers sa maison et ée séparait d'eux, comme un père de ses enfants. » Il reçut de tous des lettres affectueuses. Quant aux provinces polonaises»

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